Rechercher :
Don d'organes : pour sauver des vies il faut l'avoir dit.

SANTÉ PUBLIQUE

Premier résultats de l'enquête Handicap-Santé : une étude qui démontre l'importance du 5ème risque

20080730.personnes-âgées

il sont plus de 1,5 millions de personnes âgées de 80 ans et plus a être autonomes - archives - ©cg.ardennes

2010.02.25 — Selon les premiers résultats réalisés par la DREES, parus le 19 février avec pour objectif d’évaluer le degré d’autonomie des adultes et des personnes âgées vivant à domicile, réalisée auprès de 28500 personnes âgées de 20 à 80 ans. Des résultats qui démontre aussi l’importance du sujet de la dépendance et de la perte d’autonomie, dont Nicolas Sarkozy, le 15 janvier dernier, avait annoncé 2010 comme principal objectif du gouvernement. Selon l’Insee, d’ici à 2050, le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans aura augmenté d’environ 75 %.

Cette enquête Handicap-Santé en ménages ordinaires (HSM), réalisée par la DREES et l’INSEE en 2008, doit permettre selon ces auteurs, en outre d’actualiser les résultats de l’enquête Handicaps- Incapacités Dépendance (HID), menée en 1999 dans les ménages ordinaires. Au-delà du seul « handicap », celle-ci prend en compte les incapacités rencontrées au quotidien ainsi que l’environnement social et physique dans lequel vivent ces personnes, Fin 2009, les personnes hébergées en structure spécialisée dans l’accueil de personnes âgées, handicapées ou en grandes difficultés sociales ont également été interrogées, afin de couvrir l’ensemble de la population résidant en France. Une qui fera l’objet d’un prochain article.

En effet si la dépendance peut paraitre plus évidente et parfois en augmentation constante chez les plus 60 ans, l’étude permet de faire une distinction de quatre groupes d’âge et met en évidence des types de limitations spécifiques aux plus jeunes (les 20-39 ans) et aux plus âgés (les 80 ans ou plus). Les premiers sont, pour la quasi-totalité, autonomes, mais une petite proportion se trouve dans une situation de forte dépendance. Aux âges élevés, les situations de forte dépendance conjuguent limitations physiques absolues et troubles cognitifs graves alors qu’avant 60 ans, seule la moitié des personnes fortement dépendantes présentent des troubles cognitifs graves.

Quelques points de repère !

En 2008, 67 % des femmes et 73 % des hommes âgés de 18 ans ou plus et vivant en France à leur domicile se considèrent en bonne ou très 20090903.chien-guide-daveuglebonne santé, d’après l’enquête Handicap-Santé 2008. Une perception positive qui diminue logiquement avec l’âge : à 75 ans 25 % seulement des personnes interrogées se déclarent en bonne santé et autant se disent fortement limités dans leurs activités quotidiennes. Malgré tous, près de six personnes âgées sur dix de 80 ans et plus vivant à domicile se déclarent autonomes dans leur vie quotidienne.

À partir de 55 ans, la santé perçue des hommes se dégrade plus vite que pour les femmes. Et cela s’accentue après 75 ans. Chez les hommes de 75 à 84 ans sont trois fois moins nombreuses à s’estimer en bonne santé que les hommes de 18 à 24 ans. Chez les femmes l’écart n’est que d’un facteur deux. L’écart entre les hommes et les femmes trouvant sont origine à meilleure hygiène de vie chez ses dernières, elles sont plus nombreuses à avoir fait doser leur cholestérol, plus attentives à leur alimentation et bénéficient en outre de dépistages spécifiques (mammographies, frottis…).

Une enquête qui met aussi en avant la relation travail santé et la situation sociale 9 femmes cadres sur 10 estiment leur santé bonne ou très bonne quant 7 ouvrières sur 10 seulement s’estiment en bonne santé. Écart que l’on retrouve également chez les chômeurs et par les personnes en activité.

Perte d’autonomie ?

Dans ce domaine les premiers résultats de cette enquête démontrent deux évidences connues depuis longtemps et pour lequel malgré les promesses du chef de l’État lors de la campagne de 2007, rien n’a toujours été mise en place pour le 5e risque. Le premier constat et celui du vieillissement certain de la population française, le seconde celui de l’accroissement régulier de la perte de l’autonomie a des degrés divers.

Les 20-39 ans : 0,5 % sont très dépendants la quasi-totalité des personnes âgées de 20 à 39 ans sont autonomes dans la vie quotidienne. Les quelques limitations fonctionnelles (notamment cognitives) déclarées demeurent alors isolées et sans incidence sur leur autonomie. Seul 0,5 % des personnes âgées de 20 à 39 ans sont dépendantes, soit environ 82 100 individus. Ce sont majoritairement des hommes (60 %). Huit personnes sur dix présentent au moins une limitation absolue des fonctions physiques : le plus souvent, il s’agit de difficultés motrices

Les 40-59 ans : 6,8 % se déclarent en perte d’autonomie, mais peu souffrent de restrictions absolues d’activité Plus de neuf personnes sur dix 20061001.une-personne-agee-handicapeeâgées de 40 à 59 ans (93,2 %), ce qui représente près de 15,9 millions d’individus, sont autonomes, malgré quelques limitations fonctionnelles isolées. La perte d’autonomie modérée concerne 5,8 % des personnes âgées de 40 à 59 ans. Par ailleurs, 0,9 % des individus de 40 à 59 ans sont dépendants (soit 156 000 personnes). Les trois quarts présentent au moins une limitation motrice absolue et plus de huit sur dix des restrictions absolues dans au moins une activité instrumentale. En revanche, moins d’un quart souffrent d’une restriction absolue dans les activités essentielles. Enfin, 0,1 % des personnes de 40-59 ans, soit près de 24 000 personnes, sont fortement dépendantes. Les trois quarts connaissent une paralysie totale ou partielle et plus de la moitié sont confinées au lit ou au fauteuil.

Les 60-79 ans : 17% sont en perte d’autonomie, dont 3 % en situation de dépendance. Les personnes âgées de 60 à 79 ans restent majoritairement autonomes : 83 %, soit 8,5 millions, peuvent être considérées comme telles (tableau 3). Si une part notable d’entre elles (20 %) déclarent quelques altérations dans la motricité des membres inférieurs, aucune restriction d’activité n’est toutefois constatée. La perte d’autonomie modérée touche elle 13,7 % des personnes de 60 à 79 ans, soit 1,4 million d’individus. Les femmes sont sur représentées dans ce groupe: elles sont 72 %, alors qu’elles représentent 57 % des 60-79 ans. Ainsi, 62 % connaissent au moins une limitation physique absolue et 41 % des restrictions pour des activités instrumentales, mais 23 % déclarent au moins une limitation cognitive grave et quasiment aucune ne rencontre de restrictions pour les activités essentielles. La dépendance chez les personnes âgées de 60 à 79 ans concerne 2,7% des personnes, soit 273 000 individus. Neuf sur dix sont limitées physiquement,ce qui les empêche de réaliser au moins une des activités instrumentales courantes (notamment courses, déplacements et démarches administratives).

Enfin, 0,6 % des personnes âgées de 60-79 ans, soit 61 000, sont fortement dépendantes. Toutes les personnes de ce profil citent des limitations motrices absolues, presque un tiers évoquent des problèmes de motricité fine et la moitié des problèmes d’incontinence difficiles à gérer sans aide. « Aux âges élevés, conclut l’étude de la Drees, les situations de forte dépendance conjuguent toujours limitations physiques absolues et troubles cognitifs graves alors qu’avant 60 ans, les situations de forte dépendance ne sont associées que dans la moitié des cas à des troubles cognitifs graves ».

L’approche du handicap et de la dépendance : évolutions depuis la fin des années 1990

20091120.allocation-personnalisee-autonomie

Allocation Pour l'Autonomie une charge importante pour les conseil généraux avec Prestation

Les débats autour de la définition du handicap et de la dépendance sont toujours d’actualité1. Depuis la fin des années 1990 (contexte de la dernière enquête sur le handicap, Handicaps- Incapacités-Dépendance – HID), de nouveaux éléments ont fait évoluer l’appréhension de situations de handicap et de dépendance. Au niveau international, la publication en 2001 de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF, OMS) a remplacé la Classification internationale des handicaps : déficiences, incapacités, désavantages (CIH, 1980). La CIF a été notamment conçue dans le but de prendre en compte l’environnement social, et pallier ainsi les limites d’une approche spécifiquement médicale, tel que la posait la CIH.

Considérant de manière complémentaire les facteurs individuels et les facteurs environnementaux, la CIF distingue ainsi trois niveaux d’observation : les déficiences, les limitations fonctionnelles (physiques, cognitives) et les restrictions d’activité dans la vie quotidienne. Cette classification suggère une approche multidimensionnelle qui décrit la situation de chaque personne en se référant à une série de domaines de la santé ou domaines connexes de la santé, et en tenant compte des environnements (physique et social).

Conformément à ces nouvelles approches, les prestations sociales visant à compenser la perte d’autonomie qui ont été créées au cours de la décennie écoulée (allocation personnalisée pour l’autonomie (APA) et prestation de compensation du handicap (PCH) sont accordées au vu d’une incapacité et non d’une déficience (les incapacités étant généralement la conséquence de déficiences non compensées). Parallèlement à cette classification, un programme de travail européen sur la définition d’indicateurs communs de santé a été élaboré, dans le but d’une harmonisation des enquêtes et d’une meilleure comparabilité des données. Les indicateurs relatifs aux limitations fonctionnelles et restrictions d’activité en font partie.

Ils s’appuient largement sur les domaines de la CIF.

Au niveau national, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées pose, pour la première fois en France, une définition du handicap, mettant notamment l’accent sur la prise en compte de l’environnement de la personne.

Le contexte actuel de la fin des années 2000 est donc sensiblement différent de celui de la fin des années 1990. En effet, l’enquête HID 1998-1999, première enquête sur le handicap menée en population générale, avait démontré concrètement le caractère pluriel des situations de handicap et avait mis en évidence plusieurs profils. Un des apports considérables de l’enquête HSM est qu’elle couvre mieux que l’enquête HID la série des questions relatives aux limitations fonctionnelles et restrictions de participation (ADL et IADL), et pose cette série de questions de manière plus systématique.

Stéphane Lagoutiére


One Response to “SANTÉ PUBLIQUE”

  1. Marie-Joséphine Says:

    Enquête qui démontre si besoin en était la prise en compte d’un véritable plan sur le 5ème risque demandé par de nombreuse associations comme des élus de l’opposition. sur cette question malgré ce qu’il affirme il ne continue toujours pas a prendre en compte le 5ème et malgré la promesse de Nicolas Sarkozy désignant se dossier comme un objectif de son gouvernement pour 2010. Il faut craindre que la crise économique le laisse partir plutôt vers les banques que vers le secteur de la solidarité ou du sociale…

Poster un commentaire