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Un jeune sénégalais handicapé moteur heureux malgré l'aspect artisanal de son fauteuil qui malgré représente un bien difficile a acquérir pour certaines familles © Christopher HERWIGOrganisé chaque année depuis le 16 juin 1991 en souvenir du massacre de centaines d'enfants lors d'une marche pour leurs droits à Soweto (Afrique du Sud) par le pouvoir de l'apartheid le 16 juin 1976. Une XXIIe édition placée sous les « Droits des enfants handicapés, un devoir de protéger, respecter, de promouvoir et de rédiger ». Sujet d'actualité alors que plus d'une dizaine de pays africains n'ont toujours pas signé ou ratifié la convention internationale. Un contient africain où l'ONU estime le nombre total de personnes handicapées entre 80 millions dont environ la moitié serait des enfants.

Une société africaine qui si pour certains efforts ont vu le jour. Force est de reconnaître que si le handicap entraîne une stigmatisation dans tous les milieux, il faut reconnaître que le poids des cultures, des pesanteurs socioculturelles et parfois du poids de la culture religieuse rende les situations des personnes en situation de handicap encore plus difficiles.
 
Ainsi force est de constater que dans bon de pays africains l'accès à l'école est encore difficile, de plus la plupart des obstacles auxquels font face, les personnes handicapées concernent l'accès aux infrastructures publiques, à l'éducation et à l'information. "Il est très difficile d'accéder aux transports publics, aux édifices publics et aux réunions publiques. Le rejet voire l'abandon de ces enfants notamment ceux qui sont atteints de déficients mentaux.
Les enfants victimes de handicap sont dans la majorité des cas condamnés à la mendicité, livrés aux abus sexuels des pervers qui les recruteraient facilement aux abords des chemins. Cette exploitation honteuse et abusive de leur handicap trouverait sa justification dans le fait que la naissance de tels enfants entraîne presque toujours des cataclysmes au sein des familles.
 
Les parents pointés du doigt, les mères accusées d'avoir le mauvais œil, en tout cas d'avoir pactisé avec le diable, n'ont d'autres choix que de les abandonné à leur triste sort, quand cédant aux pressions sociales, les familles ne les suppriment pas tout simplement. Le témoignage de certains parents démontre très souvent que les filles de maison, pour la plupart analphabètes, donc très sujettes aux croyances populaires refusent de les garder, par crainte d'un effet de contagion.
 
Des enfants symboles rabaissement social
 
Une famille une mère et ses deux enfants dont celui premier plan sur ces genoux est aveugle,  originaire d'un village pygmée Aka Ba où l'USAID a participé a lever des fonds utilisés pour construire une école locale, au sein de la République démocratique du Congo ©L. PETHERAMIl n'y a pas de symbole plus puissant du statut inférieur des enfants, handicapés ou non que l'acceptation juridique et sociale des châtiments corporels.
 
La violence infligée aux enfants par les parents, enseignants, tuteurs et autres personnes au nom de la "discipline". Souvent, les violences contre les enfants nommées "sévices" sont des châtiments corporels - des adultes employant des méthodes violentes et humiliantes pour contrôler les enfants. L'acceptation sociale des châtiments corporels est liée à la tolérance de la violence dans d'autres domaines, y compris la violence familiale et la violence contre les adultes handicapés.
 
On constate une accélération des progrès vers la réforme du droit en Afrique, avec cinq États africains interdisant tous les châtiments corporels, y compris dans le cadre familial, et 23 États les interdisant dans toutes les écoles. Mais le rythme de la réforme reste lent. Trop de gouvernements prétendent d'une part soutenir l'interdiction de toutes formes de violences contre les enfants handicapés ou non tout en manquant d'autre part à interdire les violences déguisées sous forme de discipline ou de châtiment. L'interdiction et l'élimination de tous les châtiments corporels constituent une question essentielle pour toutes les organisations œuvrant en faveur du droit des enfants handicapés à vivre sans violence.
 
Telle est le constate que dresse Sonia Vohito, Coordinatrice du Projet Afrique, Global Initiative to End All Corporal Punishment of Children* celle-ci appelant les ONG , les OSC et les INDH à saisir l'opportunité cette journée de l'enfant africain pour à la fois : souligner aux gouvernements africains leurs obligations relatives aux droits de l'homme d'interdire et d'éliminer tous les châtiments corporels des enfants, y compris les enfants handicapés, conformément au droit international. Mais aussi de s'assurer que cette question sera incluse dans la planification de leurs travaux actuels en matière de violence contre les enfants handicapés ou non, des droits des enfants dans les écoles, les structures d'accueil et le système pénitentiaire, dans le cadre de la violence familiale et des autres domaines de préoccupation liés.
 
Un rapport publié en 2004, par la section norvégienne de Save the Children conclut que la maltraitance sexuelle des enfants handicapés est de plus en plus fréquente au Zimbabwe et que 87,4% des filles handicapées en avaient été victimes. Environ 48 % de ces filles souffraient de handicap mental, 15,7 % de déficience auditive et 25,3 % avaient des handicaps physiques visibles ; de plus, 52,4 % de ces victimes de maltraitance sexuelle se sont révélées séropositives. Plus graves, conseils psychologiques, tests et traitements sont rares. Le personnel sanitaire manifeste souvent des préjugés à l'encontre des personnes handicapées. Il n'existe pas d'information en braille sur le VIH /sida, et les soignants ne connaissent pas le langage des signes.

 Interdire tous les châtiments corporels : un impératif des droits de l'homme

Le Comité des droits de l'enfant, qui veille à la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l'enfant, a toujours déclaré clairement que la Convention exige l'interdiction de tous les châtiments corporels, dans tous les cadres Un centre de réadaptation en Afrique ©handicap international- dans la famille, à l'école, dans les systèmes pénitentiaires et dans les structures d'accueil. Dans son observation générale No. 8 (2006) le Comité souligne et confirme ces obligations, et il recommande systématiquement l'interdiction dans ses observations finales.

La Convention relative aux droits des personnes handicapées déclare que les enfants handicapés doivent jouir de tous les droits de l'homme sur la base de l'égalité avec les autres enfants (article 7) et que chacun a le droit de ne pas être soumis à la torture, l'exploitation, La violence et la maltraitance dans le cadre familial comme à l'extérieur ; la Convention confirme le droit au respect de l'intégrité physique et mentale (articles 15-17). Les organes de suivi d'autres traités internationaux recommandent aussi de plus en plus souvent l'interdiction et cette question est régulièrement soulevée dans l'examen périodique universel du respect des droits de l'homme dans les différents États.

La Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant déclare que les enfants souffrant de handicaps intellectuels ou moteurs ont le droit de bénéficier de mesures de protection spéciales conformément à leurs besoins physiques et mentaux et dans des conditions garantissant leur dignité et encourageant leur autonomie et leur participation active à la communauté (article 13.1).

La Charte exige aussi que les États fassent en sorte que la discipline imposée par les parents et les écoles respecte la dignité humaine de l'enfant (articles 11 et 20) et que les enfants soient protégés de toutes les formes de torture et de traitements inhumains ou dégradants par les parents et autres personnes s'occupant de l'enfant (article 16) et en détention (article 17). La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples déclare que chacun doit être protégé de manière égale par la loi (article 3), doit respecter l'intégrité personnelle (article 4) et la dignité humaine (article 5) et interdit la torture et les châtiments et traitements inhumains ou dégradants (article 5).

Fin des châtiments corporels sur les enfants handicapés
 
Un groupe de parents togolais de espace rencontre de l association apapeComme les autres enfants, les enfants handicapés subissent des châtiments corporels douloureux et dégradants dans le cadre familial, à l'école, dans le système pénitentiaire et dans d'autres cadres d'accueil, en Afrique comme dans toutes les régions du monde. Une importante étude menée par l'UNICEF dans plus de 30 pays à revenir faibles ou moyens à conclure qu'en moyenne 75% des enfants subissent des châtiments corporels et/ou des agressions psychologiques, 17 % en moyenne subissant des châtiments corporels graves.
 
Alors qu'une autre étude de l'UNICEF a conclu que les enfants handicapés étaient beaucoup plus susceptibles de subir des châtiments corporels graves par rapport aux autres enfants, dans sept des 15 pays étudiés, notamment le Cameroun, la République centrafricaine, le Ghana et la Sierra Leone2.
Une étude sur la violence contre les enfants handicapés au Cameroun, en Éthiopie, au Sénégal, en Ouganda et en Zambie a conclu que 52% des personnes interrogées avaient été battues pendant leur enfance, et que plus de la moitié d'entre elles avait souffert de fractures, dents cassées, saignements ou ecchymoses.
 
Les châtiments corporels sont et reste une des causes directe de handicaps moteurs de nombreux enfants, et constituent un facteur de risque pour les problèmes mentaux durant l'enfance et l'âge adulte.
 
Stéphane LAGOUTIÉRE
 
 
* Initiative mondiale pour mettre fin à tous les châtiments corporels des enfants

 

 

 

 

 

 

 

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