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Syndrome métabolique et dépression résistante aux traitements une étude tente à démontrer des liens étroits

un homme souffrant de dépression les mains devant le visage a408fDans le cadre de la Journée européenne de la dépression qui a lieu le 27 octobre prochain, la Fondation FondaMental dévoile les résultats d'une étude (en anglais) des Centres Experts FondaMental tente à démontrer des liens étroits entre le syndrome métabolique et la dépression résistante aux traitements. Entre 2012 et 2018, 205 individus atteints de troubles dépressifs majeurs et résistants aux traitements ont été recrutés parmi les 13 Centres Experts Fondamental dépression résistante. Entre augmentation du risque de syndrome métabolique et diminution de l’efficacité des antidépresseurs, ces résultats plaident pour un diagnostic systématique des patients afin de prévenir l'apparition de maladies cardiovasculaires et améliorer leur prise en charge psychiatrique.

Qu’est-ce que la dépression résistante ?

Malgré les progrès de la pharmacothérapie, environ 30% des individus atteints de trouble dépressif majeur ne s’améliorent pas, et près de la moitié ne répondent que partiellement au traitement. La dépression résistante au traitement est actuellement définie par l'échec d'au moins deux séquences de traitements antidépresseurs bien conduits. La dépression qui affecte 2,5 millions de Français chaque année. On considère ainsi qu’environ 16-17% des individus présenteront au moins un épisode dépressif au cours de leur existence. La dépression qui constitue aussi la principale cause d'invalidité dans le monde. Jusqu'à 50% des congés de maladie de longue durée sont imputable à la dépression et à l’anxiété. Il est à noter qu'environ 50% des dépressions majeures ne sont pas traités. Enfin 10 % des personnes dépressives font une tentative de suicide, 50 % disent avoir des pensées suicidaires. En 2014, la France déplorait plus de 6 000 suicides imputables à la dépression et près de 80 000 tentatives de suicides.

38% : Un risque élevé du syndrome métabolique…

Après des travaux ayant étudié la prévalence du syndrome métabolique parmi les personnes présentant un trouble bipolaire ou une schizophrénie, la Fondation FondaMental a conduit la première étude française sur les personnes atteintes de dépression résistante. Une étude réalisée sur 205 individus été recrutés suite à leurs consultations dans les 13 Centres Experts FondaMental dépression résistante.

Au sein de cet échantillon, la fréquence du syndrome métabolique à fait apparaitre une présence significativement plus élevée chez les hommes que chez les femmes, et qui augmentait progressivement avec l’âge, surtout après 40 ans (46,3% contre 35,2%). En moyenne, 38% des patients dépressifs étaient atteints de syndrome métabolique, soit près de 4 fois plus que la prévalence observée en population générale (10%).

Pour rappel ont entend par syndrome métabolique, la présence de 3 facteurs de risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires sur les 5 suivants : hypertension, glycémie élevée (glucose sanguin), embonpoint abdominal, faible taux de bon cholestérol, taux élevé de triglycérides (type de gras) sanguin. L'ensemble de ces désordres métaboliques augmente considérablement le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques et d'accident vasculaire cérébral (AVC).

Pour Ophélia GODIN, épidémiologiste au sein de la Fondation FondaMental, « ces résultats sont intéressants et dénotent d’une différence marquée entre les pathologies. Nos résultats dans les troubles bipolaires et la schizophrénie montraient une prévalence du syndrome métabolique chez les patients respectivement de 20% et de 24%. Dans le cas de la dépression résistante, nous sommes bien au-dessus, même dans la classe d'âge des moins de 40 ans où la prévalence était de 30% ».

On sait qu'un mode de vie délétère (mauvaise alimentation, sédentarité, tabagisme, addiction aux drogues et à l'alcool), les effets secondaires de certains médicaments psychotropes peuvent expliquer la prévalence plus élevée d'anomalies métaboliques chez les patients déprimés. Par ailleurs, des travaux ont suggéré que la dépression et les maladies cardio métaboliques partageraient un certain nombre de mécanismes biologiques et génétiques communs dont la perturbation de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, un dysfonctionnement du système nerveux autonome et des anomalies immuno-inflammatoires (en particulier l’augmentation de la CRP, un marqueur de l’inflammation), vasculaires, intestinales (au niveau des bactéries de l’intestin).

Une situation dont le Pr Bruno AOUIZERATE, Université de Bordeaux, et le Dr Djamila BENNABI, CHU de Besançon, co-coordinateurs des Centres Experts FondaMental dépression résistante, estiment que « ces résultats sont riches d’enseignement et ouvrent des perspectives d’exploration pour mieux comprendre les mécanismes de la résistance au traitement dans la dépression ».

Un déficit de prise en charge des problèmes métaboliques…

Pour la première fois, cette étude a également mis en lumière l’insuffisance de traitement des facteurs de risque cardiovasculaires chez ces individus. Seulement 29% des individus hypertendus et 15% des individus souffrant de dyslipidémies étaient traités. Seule la prise en charge des individus diabétiques était relativement bonne (89%). L’évaluation, le diagnostic et le traitement systématiquement du SM sont encore trop sous-estimés au cours de la prise en charge des patients souffrant de DRT.

Étant donné les risques élevés de mortalité et de morbidité liés aux maladies cardio-vasculaires dans cette population, une surveillance étroite et systématique du SM, et d'une manière globale de l'ensemble des facteurs de risque cardio-vasculaires (antécédents familiaux, tabac, addiction...) est nécessaire pour améliorer la prise en charge globale de ces patients. Des soins intégrés associant notamment les psychiatres, les médecins généralistes et les spécialistes sont nécessaires pour prévenir l’aggravation de la dépression et du risque cardiovasculaire.

Faire évoluer le regard sur la dépression

La Fondation FondaMental a lancé, en partenariat avec la FNAPSY, lance a l’occasion de cette journée européenne et de la présentation de cette étude une campagne afin de faire évoluer le regard sur la dépression intitulé "Le petit passage à vide". Avec comme objectif de rappeler que la dépression est une maladie et que, son absence de prise au sérieux, peut avoir des conséquences fatales. Avec ce film, la Fondation a souhaité provoquer une prise de conscience en traitant des situations médicales manifestes, dont la gravité n’est pas contestée, avec la même légèreté que celle parfois utilisée pour la dépression. Une campagne que vous pouvez retrouver également sur les réseaux sociaux #LaDépressionCestDuSérieux

La Rédaction

Sources : Fondation FondaMental

Catégorie : ÉTUDE & RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Publication : 22/10/2019

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