Prestations sociales : Une croissance historiquement basse, mais des dépenses sur le handicap jugé dynamiques
La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier dans la collection « Panoramas », son rapport annuel sur Une tendance qui semble s’inscrire au niveau européen. Autre constat inédit celui des dépenses pour les personnes handicapées dont le rapport cite une « évolution dynamique ». Une évolution des prestations sociales qui auront progressé de 2.2 % en 2014 soit 690 Mds€, d’après la DREES contre 4,4% par an entre 2000 et 2010.
Des prestations maîtriser
Sur les trois dernières décennies, la hausse des dépenses sociales n'a jamais été aussi maîtrisée qu'en 2014. Ainsi depuis la crise économique de 2008, celle-ci « progresse globalement moins vite que par le passé, mais à un rythme toujours plus rapide que le PIB (+1,2 point en 2014) ». La DRES qui dans son rapport avance trois facteurs. Le premier celle des dépenses de santé qui n’ont augmenté, de l’autre, la réforme des retraites de 2010 qui à « freiné la croissance des pensions » causée notamment par le report de l'âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Enfin les revalorisations des prestations indexées sur les prix sont modérées en raison de la faible inflation.
Un déficit de la protection sociale en baisse en France
A l’exception de diverses prestations sous condition de ressources ont fait l'objet de revalorisations exceptionnelles », note la Drees qui cite notamment l'allocation adulte handicapée et celle du minimum vieillesse, ont été décidées
avant crise. Seules les « prestations du risque pauvreté, portée par le revenu de solidarité active (RSA), font exception » décidée après la crise avec le plan de lutte contre la pauvreté, lancé par l'ancien premier ministre Jean-Marc AYRAULT. « Cette croissance est plus faible que celles constatées en 2013 (+2,9 %) et en 2012 (+3,8 %). La dynamique des impôts et taxes affectés ralentit, après plusieurs années de hausse soutenue à la suite de mesures fiscales prises pour réduire le déficit » indique la DREES.
Financer la dépendance et l’autonomie
Au-delà de l’analyse des dépenses de protection sociale, ce « Panorama » fournit une actualisation du compte de la dépendance. Celui-ci évalue le coût annuel de la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées pour les ménages, les pouvoirs publics et les organismes complémentaires dans l’ensemble de ses dimensions sociale et fiscale : santé, aide à la prise en charge spécifique de la perte d’autonomie et hébergement. Un coût qui en 2014, estimé à 34,2 Mds€, soit 1,6 % du produit intérieur brut (PIB). Depuis 2010, il a augmenté de 0,1 point de PIB.
Les dépenses pour les personnes handicapées « toujours dynamiques »
Autre analyse inédite présentée dans cette édition, celle des dépenses de soins en établissements et services médico-sociaux (ESMS) en faveur des personnes handicapées. Le rapport précisant que « les dépenses de l’assurance maladie et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui représentent plus de 9,2 Mds€ en 2014, augmentent significativement chaque année ». Un rythme qui reste moindre depuis 2010, note la DREES dont « leur croissance annuelle moyenne est, en effet, de 3,0 % entre 2010 et 2014, tandis qu’elle s’élevait à 4,6 % entre 2006 et 2010 ».
Des prestations sociales baissant en Europe...
Si la baisse des prestations sociales, c’est semble-t-il moins amplifié en France, cette situation semble se retrouvé au sein de l’Europe des quinze avec une baisse entre 2010 et 2013 sur les prestations de pauvreté et d’exclusion sociale de 1,2 %. Mais des pays plus sévèrement touchés par la crise de 2008, comme l’Espagne et l’Italie, note la DREES, ont réduit ses dépenses sociales de 2,3 %, et de 1,1 %. « Conséquence des mesures de consolidation budgétaire et de la persistance de la crise, le nombre de personnes en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a sensiblement augmenté dans ces deux pays ».
Stéphane LAGOUTIÉRE
Publication : 06/06/2016
Adhérez à l'association
Articles en relation
Aide sociale : Hausse continue des dépenses pour les départements destinés aux personnes âgées et handicapées
En 2023, les départements ont consacré 19,1 Mds€ à l’aide sociale destinée aux personnes âgées et handicapées, selon la DREES dans son dernier panorama quelle vient de publier réalisé en collaboration avec l'INSERM "L’aide sociale aux personnes âgées ou handicapées perte d'autonomie". Des chiffres issus des départements. Derrière cette progression se dessinent des réalités contrastées : vieillissement de la population, montée en charge de la prestation de compensation du handicap et persistance de fortes inégalités de niveau de vie. Le Handicap dont les chiffres progresse comme l’avait rappelé la DREES en 2023 dans un panorama.
1,7 Mds€ de médicament gaspillé chaque année au fond de la boite a pharmacie des Français : Un triple enjeu !
Dans un rapport «Le bon usage des produits de santé », la Cour des comptes met en lumière l’ampleur des pertes et des risques liés au mauvais usage des médicaments et dispositifs médicaux. Une perte représentant en 2023, pour une valeur estimée de 561 M€ à 1,7 Mds€. Elle appelle à des mesures fortes pour améliorer la sécurité des patients, réduire les dépenses et limiter l’impact environnemental. Chaque année en France ce sont 8 500 tonnes de médicaments qui doivent être détruits.
Plus exposés, plus fragiles, les jeunes enfants des ménages modestes plus affectés par la pollution de l'air
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) . Au-delà des différences d'exposition, qui sont en défaveur à la fois des jeunes enfants des ménages les plus aisés et des ménages les plus modestes, il existe de fortes disparités de vulnérabilité vis-à-vis de la pollution de l'air. Une situation qui représente un problème réelle de santé publique. Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 90% des enfants dans le monde respirent un air pollué qui met en danger leur développement et leur survie.
Les français vont vivre plus longtemps après 65 ans, "sans incapacité" entre 10 et 12 ans, selon une étude
Les Français vivent plus longtemps après 65 ans sans incapacités, . Après avoir augmenté de 1 an et 9 mois pour les femmes et de 1 an et 6 mois pour les hommes entre 2008 et 2022. L'indicateur avait reculé en 2020, dans le contexte de la crise sanitaire du coronavirus, puis il a augmenté fortement en 2021. Une augmentation confirmé en 2022, ainsi à une femme à 65 ans, peut espérer vivre encore 11,8 ans sans être limitée dans les activités de la vie quotidienne par un handicap ou une maladie et un homme 10,2 ans, selon une étude de la Drees.
Grandes causes de décès en France en 2021 : une année encore fortement marquée par le Covid-19
Alors que les fêtes de fin d’années approchent, le Covid-19 a confirmé sa progression à travers l'Hexagone. Dans une étude réalisé par la DREES et l’INSERM en 2021 le nombre total de décès est de 660 168, inférieur à celui de 2020 (667 497 décès), mais il demeure nettement supérieur à celui des années précédentes même en tenant compte du vieillissement de la population. Confirmant que le virus continue a rester un danger véritables pour notamment les personnes vulnérable. D’où l’importance de la vaccination et ceux notamment dans la perspective des rassemblements familiaux de fin d’année, il s’avère "primordial" que chacun "continue d’adopter les gestes barrières", prône notamment Santé Publique France.
Évaluation d’efficacité de VigilanS de 2015 à 2017, dispositif de prévention de la réitération suicidaire
A l’occasion de la journée mondiale du suicide (v. Article) qui aura lieu le 10 septembre prochain sous le thème « Le suicide peut être évité ». Un sujet demeure au lendemain de crise du Covid 19. Une cause dont les plus jeunes ne sont pas épargné, mais aussi la crise sanitaire du Covid 19 dont les impacts sont aujourd’hui démontrés sans pourtant avoir été un facteur d’augmentation. 1 de prévention du suicide, néanmoins celui ne met en avant que la période 2015 à 2017. Donc avant la crise sanitaire du covid 19.
