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Société inclusive : un "projet" politique universel

Des citoyens en papier de toute les couleurs se tenant la main et formant un cercle ensemble sans distinstinction c'est cela inclusion

Depuis quelques temps, quand il s'agit d'aborder la place des personnes handicapées dans la société, c'est la notion d'inclusion qui domine les débats. Une société dite "inclusive" s'adapte aux différences de la personne, va au devant de ses besoins afin de lui donner toutes les chances de réussite dans la vie. L'inclusion exige donc, pour s'appliquer entièrement, la mobilisation et la volonté collectives des corps social, politique et économique afin de repenser leurs modes de réflexion et d'organisation pour l'intégration des personnes les plus fragiles.

Une "société inclusive" n'est pas une utopie

Dans le champ du handicap, développer une politique d'inclusion exige avant tout d'apporter, face au diagnostic des besoins et capacités de la personne et à son projet de vie, une diversité de solutions. Ces solutions doivent se développer au sein de la cité (services publics, loisirs, culture, sport, ...), au sein du milieu éducatif et professionnel ordinaire (école, universités, entreprises, ...) et, bien sur, au sein des établissements et services spécialisés du secteur médico-social.

Pour être acteurs de l'inclusion, ces derniers doivent se positionner comme des lieux ouverts, créant des passerelles avec le milieu ordinaire. Sur les territoires, nombre d'établissements ont déjà mis en place ces passerelles, notamment avec l'Education nationale.

Elles permettent de personnaliser les modes de scolarisation en fonction des besoins spécifiques de chaque enfant : temps partagé entre l'école ordinaire et les services d'éducation spécialisée, variation des temps de scolarisation en fonction de l'état physique et psychologique de l'enfant, accompagnement médico-social au sein des classes ordinaires,...

La coopération entre le milieu ordinaire et le secteur médico-social constitue ainsi, l'un des pivots essentiels d'une politique d'inclusion. Pour donner les meilleures chances aux personnes handicapées de développer leur autonomie, les solutions qu'on leur propose doivent être élaborées et mise en œuvre de façon partagée. Les services d'éducation spécialisés ainsi que les différents services d'accompagnement doivent être par exemple davantage développés.

Véritables plateformes pluridisciplinaires alliant soins, conseils aux familles, éducation, intégration scolaire puis intégration professionnelle, ces structures permettent decoordonner au quotidien l'ensemble des réponses aux besoins de la personne grâce à l'étroite collaboration de tous les acteurs concernés.

Enfin, l'inclusion des personnes handicapées en milieu ordinaire ne peut s'envisager sans l'appui et le savoir-faire du secteur médico-social. Nombre d'associations, dont les établissements et services accompagnent au quotidien le handicap dans toute sa diversité, bénéficient aujourd'hui d'une expérience de plus de soixante ans sur laquelle la société doit s'appuyer. Au risque sinon de générer des situations plus graves encore. Par exemple, l'inclusion d'une personne handicapée en "entreprise ordinaire", pour être réussie, nécessite l'information, la formation et l'accompagnement de la personne elle-même, mais également de son entourage professionnel.

Mais elle nécessite une politique du handicap ambitieuse

L'inclusion est donc possible puisqu'elle se développe déjà sur le terrain. Mais elle requiert un minimum d'investissement et d'effort financier de l'Etat pour garantir la qualité des accompagnements et des services proposés aux personnes handicapées.

Aujourd'hui, le corps politique s'est emparé de la notion d'inclusion. Dans les discours, on s'est approprié les termes "école inclusive", "société inclusive", on en use et en abuse mais il serait regrettable que les pouvoirs publics ne s'en tiennent qu'aux effets d'annonce. Comment être convaincu de l'engagement des pouvoirs publics en matière d'inclusion lorsque 16 000 suppressions de postes dans l'éducation nationale ont été annoncées ? Quand pour la première fois les moyens alloués aux établissements et services pour personnes handicapées sont en baisse, en euros constants ?

Comment interpréter ce décalage entre les actes et les paroles ? La politique du handicap, pour être " inclusive " ne peut se contenterde simples effets d'annonce. Les principaux acteurs du champ du handicap et notamment la Conférence des gestionnaires regroupant 14 organisations, n'ont cessé de dénoncer depuis 2010 le manque d'ambition de cette politique et l'absence de collaboration avec le secteur médico-social.

L'inclusion est un investissement

L'inclusion doit être appréhendée, en dehors de tout logique budgétaire à court terme, comme un investissement durable, source d'humanité mais aussi de richesses pour la société toute entière.

Quand un enfant handicapé est scolarisé dans les meilleures conditions, c'est un futur citoyen qui s'épanouit. Et quand cet enfant accède à une formation puis à un emploi, c'est un chômeur de moins et un acteur économique de plus. De nombreuses études, venues des pays anglo-saxons, permettent aujourd'hui de mesurer l'impact économique et social de nos politiques sociales. Il est de la responsabilité collective de développer cette culture de l'évaluation, comme il est de la responsabilité collective de lui donner un sens, en investissant réellement dans les politiques de handicap.

Et c'est aux acteurs du champ du handicap, aux usagers, à leur entourage et aux pouvoirs publics de co-construire et développer de telles politiques. Avec eux, les citoyens, ayant le désir d'une société plus juste donnant sa chance à tout à chacun, doivent faire bougerles lignes, influencer les choix politiques. Car la société inclusive est bien l'affaire de tous. Elle devra donc être au cœur des débats des prochaines échéances électorales.

Guy HAGEGE, Président de la FEGAPEI
Fédération nationale des associations gestionnaires au service des personnes handicapées

Catégorie : PÉTITION & TRIBUNE LIBRE
Publication : 10/10/2012

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