Notre société doit être inclusive et solidaire, pour les personnes handicapées aussi
« Du souffle. C'est ce dont a besoin notre pays pour réussir la métamorphose dans laquelle il est désormais engagé... ». Une tribune signé par plusieurs expert et intellectuel, a l'occasion des élections présidentielles de 2017, l'Unapei investit la campagne électorale pour que les candidats s'engagent à la construction de politiques en faveur d'une véritable société inclusive et solidaire. Nous souhaitons une société où accéder à l'éducation, à la santé, au logement, au travail ne soit plus un privilège réservé aux uns et interdit aux autres. Nous souhaitons une société sans privilèges et qui lutte contre toutes les formes persistantes d'exclusion. Une société inclusive et solidaire.
Du souffle. C'est ce dont a besoin notre pays pour réussir la métamorphose dans laquelle il est désormais engagé. Comment passer d'une société dont la mécanique nous montre chaque jour qu'elle est enrayée, à une société inclusive et solidaire ? Une nouvelle nuit révolutionnaire d'abolition des privilèges? Non, un lent processus de transformation où chacun de nos concitoyens joue son rôle en pleine responsabilité.
Aujourd'hui en France malgré la loi de 2005, les personnes handicapées qui représentent le cinquième de nos concitoyens sont toujours victimes de discrimination. Cette loi, à vocation universelle, a posé deux principes simples qui forment les piliers d'un nouveau contrat social: l'accessibilité généralisée pour tous les domaines de la vie sociale - éducation, emploi,.. - et la compensation des conséquences du handicap qui peuvent tous nous concerner.
Depuis 10 ans, nous avons progressé à petits pas, sans que les moyens consentis par l'État soient à la hauteur des ambitions collectives et des promesses formulées. La dernière rentrée scolaire a encore montré que l'école, premier lieu d'égalité, est capable de laisser des enfants handicapés devant sa porte. Pourquoi face à deux enfants, l'un handicapé et l'autre pas, notre société choisit-elle d'investir uniquement sur le deuxième et pas sur le premier? Est-ce vraiment une affaire de moyens?
Aux enfants handicapés, comme à tous les autres, la société devrait permettre un plein accès à l'éducation. Une éducation inclusive représenterait finalement un coût financier et humain moindre qu'une exclusion définitive décrétée dès le plus jeune âge. Pourquoi décide-t-on, a priori, que la vie d'un enfant handicapé est une vie mineure? Le handicap n'interdit pas de faire de grandes choses de sa vie, pour soi-même et pour autrui.
Pour parvenir à une société inclusive et solidaire, l'Unapei accompagne au quotidien des égéries improbables: les personnes handicapées dont les fonctions intellectuelles sont affectées et qui, pour la plupart de nos concitoyens, sont des "bizarres", des "débiles", des "légumes", des "moches".
Il ne faut pas croire qu'une société inclusive et solidaire soit une utopie. Elle s'amorce à travers des milliers d'initiatives et de projets portés par les associations et les professionnels du médico-social. Depuis près de 60 ans, des hommes et des femmes se mobilisent. Grâce à eux, les modèles éducatifs et économiques classiques ont été bouleversés pour créer ce qu'on appelle aujourd'hui: l'accompagnement.
Accompagner, c'est permettre à chaque individu d'aller au plus loin de ses capacités pour mettre en œuvre ses propres choix, et ce, tout au long de la vie. Accompagner, c'est investir tôt sur l'avenir du collectif d'hommes et de femmes d'un pays. Cet accompagnement, nous en avons tous besoin à un moment de notre vie. Certains d'entre nous en ont plus besoin que d'autres. La réalité d'une vie humaine n'est possible que dans l'interdépendance. La société doit bien accompagner les personnes vulnérables pour que ces personnes puissent vivre avec tout le monde.
Nous croyons qu'une société inclusive et solidaire est nécessaire. Comment y parvenir? Ne pensons plus catégoriel: les pauvres, les vieux, les handicapés, les femmes, les autres. Nous devons faire en sorte que la loi de 2005 soit effectivement appliquée, mais également que chaque loi à venir soit pensée et construite de façon universelle, c'est-à-dire qu'elle répond à l'ensemble des citoyens.
Et plus tôt que de se demander comment réparer les maux que notre société engendre inéluctablement au quotidien, demandons-nous plutôt comment chacun d'entre nous peut contribuer à réaliser cette société inclusive et solidaire, véritable marqueur de la fraternité républicaine ?
Faisons ensemble campagne pour une société inclusive et solidaire !
1. L'application de la loi de 2005 : Pour appliquer la loi de 2005, il faut plus d'argent. Il faut aussi montrer et parler des solutions nouvelles. Partout en France des associations et des professionnels motivés travaillent pour les personnes handicapées et leurs proches. Ces associations et ces professionnels trouvent des solutions nouvelles.
2. D'autres lois pour tous : Les lois doivent aider tous les citoyens, handicapés ou pas. Quand on fait une loi qui prend en compte tout le monde, on dit qu'on fait une loi universelle. Les nouvelles lois doivent êtes universelles.
3. Une société qui accompagne les personnes vulnérables : Pendant longtemps on a mis les personnes vulnérables dans des établissements à part. On pensait que les murs de ces établissements protégeaient les personnes vulnérables. Maintenant nous avons compris que la meilleure façon de protéger les personnes vulnérables, ce ne sont pas les murs. C'est bien accompagner les personnes vulnérables qui protègent ces personnes.
Unapei, association représentante des personnes handicapées et de leurs familles, vous y invite en partageant avec vous ces propositions. Elles sont « faciles à lire et à comprendre*». Des propositions co_signée par plusieurs personnalités experts et intellectuelsexperts et intellectuels,comme l'ancienne présidente de l'Unapei Christel PRADO ou encore Charles GARDOU, anthropologue, Professeur à l'Université Lumière Lyon 2 et auteur de plusieurs ouvrage.
Luc GATEAU
Président de l'Unapei et les Signataires
*Facile à lire et à comprendre : Langage universel simplifié qui permet la compréhension d'un texte par tous, y compris les personnes handicapées cognitives.
Publication : 22/02/2017
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