Accéder au contenu principal

Candidats à l'élection présidentielle, engagez-vous pour l’intégration des personnes handicapées par le sport !

Emmanuelle Assmann au Meeting d'Athletisme Paralympique de Paris en 2014

La présidente du comité paralympique et sportif français, Emmanuelle ASSMANN, interpelle les prétendants à l'Élysée dans cette tribune libre, afin qu'ils portent des mesures concrètes en faveur de la pratique d'activités sportives chez les personnes handicapées, de l'école jusqu'au plus haut niveau. Un appel aux valeurs du sport et son caractère inclusif que personne ne remet aujourd’hui en cause ! Pourtant elle le dit dans cette lettre ouverte quelle adresse à tous les candidats...Mesdames, Messieurs les candidats... S’il y a bien deux sujets qui sont systématiquement absents des programmes et des débats publics, ce sont le sport et le handicap. Alors, en vous adressant cette lettre, en tant que présidente du comité paralympique et sportif français, j’ai bien conscience que je ne mets pas toutes les chances de mon côté pour obtenir une réponse...

Et pourtant. J’aimerais vous convaincre qu’il ne s’agit pas là de «petits» sujets.

Traiter de la question du handicap, c’est accepter de se confronter à l’une des questions centrales de notre époque : comment concilier l’égalité et la différence ? La République est invoquée, convoquée, si souvent dans les discours politiques, alors même que nous avons manifestement tant de mal à en assurer la réalisation concrète... Nous voulons voir l’égalité, nous voulons la toucher, pas seulement en entendre parler ! Nous voulons savoir vers quelle société vous nous proposez d’aller.

Une société qui vous met au ban dès lors que vous n’êtes pas en pleine capacité physique et intellectuelle ? Une société que l’altérité met mal à l’aise et qui préfère occulter nos différences ? Ou une société qui retrouve le sens de la fraternité, et qui se donne systématiquement les moyens d’inclure ses citoyens à l’ensemble de la vie sociale ?

Et si vous êtes prêts à vous engager dans cette voie, comment comptez-vous le faire ? J’ai pour ma part la conviction que pour réussir ce défi de l’intégration, le sport est un vecteur formidable. Il est un catalyseur de confiance en soi. Pour l’avoir vécu moi-même, le sport est un outil à nul autre pareil de réassurance après un accident. Vous reprenez possession de votre corps, de votre nouveau corps.

Vous pouvez par le sport en éprouver les limites, et surtout les repousser. Les sportifs du mouvement paralympique, qu’ils aient un handicap physique ou mental, m’ont souvent rapporté des expériences comparables. La pratique sportive permet non seulement de se sentir bien, mais aussi d’élargir le champ des possibles, et donc de prendre conscience de son potentiel.

Pour ceux qui poussent la performance jusqu’au haut niveau, le sport est une porte d’accès à la reconnaissance. Là où le handicap est habituellement perçu comme un déficit, et les personnes handicapées comme des «citoyens moins», les athlètes paralympiques participent à la fierté nationale. Ils démontrent que l’exploit se conjugue au pluriel, que la performance peut revêtir bien des formes. Ils donnent du handicap une autre image, plus familière, plus positive et contribuent ainsi à faire évoluer les mentalités.

C’est un honneur pour ces sportifs de porter les couleurs nationales et d’être soutenus par leurs compatriotes. Mais c’est aussi l’honneur de la France que d’être représentée au plus haut niveau, en l’occurrence sportif, par des personnes handicapées et de démontrer ainsi que la capacité prévaut sur le handicap, que la diversité fait la performance. Le sport véhicule des valeurs, des représentations, et quand il se déroule sous l’œil de millions de spectateurs et téléspectateurs comme c’est le cas des Jeux olympiques et paralympiques, alors nous devons collectivement nous poser la question : quelle image voulons-nous donner de nous-mêmes dans le monde ?

Mesdames, Messieurs les candidats,...Considérant ces vertus du sport pour l’intégration des personnes handicapées, seriez-vous prêts à vous engager ? Vous engager notamment pour que, dès l’école, les enfants en situation de handicap soient encouragés à pratiquer une activité sportive ? Trop d’enfants n’ont pas accès à une offre de pratique adaptée à leur capacité, et cette exclusion à des effets durables. Si l’on veut réussir l’intégration, c’est sur cet âge qu’il convient de se concentrer.

Qu’il n’y ait pas de malentendu : je ne suis pas dans une démarche de lobbyiste ; je ne suis pas en train de défendre une corporation. Ma revendication n’est pas catégorielle, elle est tout au contraire universelle. La campagne officielle débute. Au lendemain du premier débat électoral, je m’interroge sur la manière dont vous estimez que la France peut se rassembler dans le respect des différences qui la composent.

Je n’ai pas l’habitude de prendre la plume. Je le fais exceptionnellement, car je suis un peu inquiet, et qu’en même temps, j’ai encore envie de croire à une société où la diversité est considérée comme une richesse.

Par Emmanuelle ASSMANN
Présidente du comité paralympique et sportif français

Catégorie : PÉTITION & TRIBUNE LIBRE
Publication : 22/03/2017

Articles en relation

Lettre ouverte au maire et à son adjointe chargée des affaires sociales de Tréguier dans les Côtes-d’Armor

Ecrite par Marie STEGNER, celle-ci s’adresse au maire de Tréguier Guirec ARHANT et à son adjointe chargée des affaires sociales situé dans les Côtes-d'Armor. Dénonçant l’absence de dialogue réel avec la mairie, le manque de considération pour les personnes précaires. Mais surtout la suppression de sa domiciliation au CCAS sans préavis, en dépit de ses droits et de sa situation stable à Tréguier depuis huit ans. 

Tribune, Lettre et Pétition revendiquant « l'amélioration de l'accès aux soins de santé mentale »

Après la Tribune le Dr Bruno FALISSARD, spécialiste de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, à l’INSERM réagissant sur l’intention du Premier ministre de faire de la santé mentale la grande cause nationale de 2025. Une question abordée a nouveau par la députée Anne-Cécile VIOLLAND, députée Horizons de Haute-Savoie le 2 octobre dernier. Un sujet critique tant il vrai avec la progression des dépressions depuis 2005, quelque soient la tranche d’âge. Situation qui n’a pas était améliorer face la diminutions permanente du nombre de lit en psychiatrie et de personnel.

Cancers pédiatriques : l’Association rassemble plusieurs centaines de parlementaires et professionnels de santé

Chaque année en France, plus de 2 500 enfants sont diagnostiqués d'un cancer et 500 en décèderont, soit l'équivalent de 20 classes d'école. Face à cette réalité, Eva pour la vie et la Fédération Grandir Sans Cancer, ont publié la tribune « Mobilisons-nous jusqu’au bout pour soigner les cancers pédiatriques ! » rédigée par Eva pour la vie & la Fédération Grandir Sans Cancer. Objectif sensibilise les pouvoirs publics à la nécessiter de porter le fonds dédié à la recherche sur les cancers de l'enfant de 5 à 25 M€/an, afin d'y inclure la recherche clinique. De plus, les cosignataires demandent la création d'un fonds d’investissement visant à permettre le développement de startups du médicament pédiatrique, ou d'un établissement public du médicament, en priorisant les cancers et les pathologies de mauvais pronostic chez l'enfant.

L’appel des soignants aux députés : « Protégez les personnes les plus vulnérables et les valeurs du soin ! »

2024.05.27.une vieille femme endormi sur une chaise avec une infirmière en blouche blanche a ses côtés 2ac22Après l’étude et le vote en commission, l’Assemblée nationale étudie actuellement le projet de loi sur la fin de vie débute ce lundi. Un monde médical dont plusieurs organisations de soignants appellent les à entendre leur voix, et à ne pas adopter un texte qui, en l’état, bouleverserait en profondeur la pratique médicale. Ce projet de loi s'inscrit dans un contexte où plusieurs pays occidentaux ont déjà légiféré sur des questions similaires, reconnaissant le droit à l'euthanasie ou au suicide assisté sous certaines conditions strictes. La proposition de loi envisage notamment la création de maisons d'accompagnement pour les personnes en fin de vie et propose une aide à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie incurable avec un pronostic vital engagé, tout en encadrant strictement l'utilisation de produits létaux.

Exigeons plus de moyens pour lutter contre l'endométriose ! lance la présidente de l’association EndoAction

Maladie gynécologique, l’endométriose est une maladie inflammatoire qui affecte aujourd’hui en France environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit plus de deux millions de personnes. Depuis février 2022, la France dispose d'une stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, qui vise à améliorer le dépistage, l'orientation et le traitement des femmes concernées, à renforcer leur information et la formation des professionnels de santé, et à développer la recherche sur cette pathologie. Une stratégie qui selon la présidente de l’association EndoAction Myriam POULAIN, qui n’a pas permis d’améliorer sa prise en charge, raison de cette pétition qui atteint aujourd’hui de plus 18 000 signatures.

Sécurité Sociale : Ce que veut dire le budget de la Sécu 2020

Les mesures prises pour éteindre le mouvement des « gilets jaunes » ont précipité la Sécurité sociale dans le déficit, regrette l'économiste Frédéric BIZARD. C'est une lourde responsabilité pour l'État, qui déprécie de fait la qualité de la protection sociale des classes moyennes, comme c'est le cas pour les pensions, la santé et la politique familiale. Faire parler un budget est une mission périlleuse. En 2016 et en 2018, deux gouvernements différents annonçaient prématurément un moment historique pour l'année suivante avec une Sécu à l'équilibre. Cette communication politique d'affichage cache pourtant l'essentiel : l'évolution du modèle social et la pertinence des choix budgétaires sur la qualité de vie des citoyens.