Accéder au contenu principal

Emploi des travailleurs handicap : « Nous sommes tous concernés ! Nous devons aller plus vite et plus loin ! »

Lancement de la reforme sur l'emploi des personnes handicapées

Alors que le gouvernement termine actuellement la première phase des concertations sur la redéfinition et la simplification de l’obligation d’emploi dans le secteur public et privé en vue de réformer la politique de l’emploi des personnes handicapées lancer le 15 février dernier. La seconde qui vient de débuter et se terminera fin a elle pour sujet l’offre de service à destination des personnes handicapées et des employeurs, avant le vote de deux lois d’ici à l’été. Un collectif de grands patrons(1) vient de publier une serine de proposition. Des préjugés encore nombreux…


Pourtant les chefs d’entreprises sont près de 68 % encore à être pleins de préjugés face aux travailleurs handicapés, estiment par exemple que seules certaines fonctions sont accessibles aux travailleurs handicapés. Une analyse mise a jour dans un document de 40 pages en février 2017 de la Fondation Malakoff Médéric Handicap démontre que les stéréotypes persistent et les points de blocage évidents, avec cependant peut être une volonté changement ou l’intention d’un recrutement… Une nécessité face à chômage qui continue a progressé de + 3 % par ans et qui atteint plus de 21 %, soit deux fois supérieures à la moyenne nationale. Auquel il faut ajouter la proportion de personnes exclues du marché du travail sachant que le taux d'activité des personnes handicapées étant seulement de 43 %.

« Le Handicap est une question essentielle »…

Quarante-cinq grand patron et personnalités dont la majorité est à la tête d’une entreprise inscrite à Cac 40 ont réalisé une série de propositions concrétée pour selon eux accélérer l'emploi des personnes en situation de handicap. Des signataires affirmant que le Handicap est une question essentielle pour la société et donc pour tous les dirigeants d'entreprises. Nous faisons beaucoup, mais nous pouvons et voulons faire mieux. Pas seulement parce que, en tant que responsables de grandes organisations, nous avons notre rôle à jouer, mais aussi et surtout parce que, d'expériences, nous avons constaté ce qu'apporte des talents différents, des personnes « Autrement capables » à l'efficacité de nos entreprises et à la fierté de nos collaborateurs.

Aujourd'hui, seulement une personne handicapée sur trois bénéficie d'un emploi contre 2 personnes valides sur 3. Un tiers des entreprises atteint le seuil légal des 6 % et près d'un quart n'emploie aucune personne handicapée alors que la loi a été votée il y a 30 ans ! Il est temps d'agir. Pour paraphraser la célèbre devise des Jeux olympiques, nous appelons de nos vœux une politique de l'emploi des personnes en situation de handicap qui reprenne ces critères : plus vite, plus simple, plus efficace.

Il faut juste nous aider, et en ligne avec les intentions affichées par la ministre, nous souhaitons des mesures de simplification et d'amélioration des conditions d'accès des travailleurs handicapés au marché du travail, à nos entreprises, à toutes les entreprises, sans oublier l'administration, insistent ces signataires..

Une affirmation qui peut surprenante alors que comme dans l’accessibilité, celle-ci aurait pu atteindre ce taux de 6 % depuis longtemps. À titre d’exemple celui de la presse Martin BOUYGUES, l’un des signataires de cette tribune et propriétaire médias et journaux de chaine de télévision, n’emploie aucun salarié handicapé dans ces entreprises comme journaliste, présentateur, animateur…, ou est l’exemple !!!

Une formule plus libérale…

Alors que le gouvernement souhaite par cette réforme réduire selon lui les possibilités de contourner à la règle des 6 % que nombreux employeurs n’hésite a pratiqué en faisant par exemple appel à des sous-traitants ou des stagiaires. Le Gouvernement souhaite recentrer l’obligation d’emploi des personnes handicapées sur l’emploi direct.
La ministre du Travail Muriel PENICAUD travail actuellement sur un texte du projet de loi "Avenir professionnel" qui lui propose de réviser "tous les cinq ans" l'obligation d'emploi de personnes handicapées, actuellement à 6 %, pour la rapprocher de la part des bénéficiaires de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés dans la population active. Sachant que ce taux serait de 6.6 % selon l’Igas en janvier 2018.

Pour ce collectif ces mesures ne vont pas dans le bon sens, parlant de « libérer les énergies », il réaffirme avant tout la primauté du système libérale et l’économie de marché. « Nous avons besoin de tous les talents. Or, depuis trop longtemps, la politique de l'emploi dans ce domaine se trompe de philosophie. Certes, imposer des quotas est un moyen efficace et nécessaire pour favoriser l'embauche des personnes handicapées. Mais donner le sentiment de contraindre de façon punitive, voire coercitive les entreprises n'est pas une bonne pédagogie ».

Deux propositions simplification et offre de service…

Convaincus de la nécessité de replacer les employeurs comme des acteurs de cette politique et accorder une place élargie à leur engagement négocié dans le cadre du dialogue social au travers d'accords, de branche, de groupe ou d'entreprise sur l'emploi des personnes handicapées, nous nous engageons à participer à la concertation en cours pour faire plus et mieux. Pour qu'elle puisse déboucher sur des actions rapides et efficaces, nous souhaitons que cette concertation soit la plus large, la plus visible et la plus lisible possible, qu'elle s'accompagne d'un processus d'évaluation des mesures proposées, avec des études d'impact. Et dans ce processus, aux côtés des entreprises, les personnes handicapées et leurs représentants y ont la toute première place.

Deux priorités se dégagent à nos yeux. La première consiste à simplifier l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés dans les secteurs public et privé en l'intégrant dans la déclaration sociale nominative. Grâce aux progrès offerts par le numérique, quelques clics devraient pouvoir remplacer des heures consacrées à de la paperasserie, et ces heures seraient bien plus utiles à embaucher et à encadrer les salariés handicapés. Renseigner plus de 70 données administratives pour embaucher un travailleur handicapé n'est pas seulement inepte, c'est un formidable repoussoir, et cela prive de talents rares. Préférer payer plutôt que d'employer est la pire des options.

La seconde priorité est de repenser l'offre de service à destination des personnes handicapées et des employeurs. Concrètement, l'accès à la formation ne doit faire aucune discrimination entre les personnes valides et les personnes handicapées. C'est aussi à cette condition, en permettant la montée en gamme de leurs compétences, que leurs profils seront davantage retenus par les entreprises. Par ailleurs, la montée en puissance du travail à distance, en particulier dans les grands groupes, et la multiplication des outils numériques, dès lors qu'ils sont eux-mêmes accessibles, doivent permettre de faire coïncider l'offre d'emplois et la demande émise par les personnes handicapées.

Pour faciliter les recrutements ou favoriser le travail indépendant des personnes handicapées, les employeurs devraient pouvoir compter sur une plateforme simple et efficace qui, s'appuyant sur une base de données nationale à construire, repérerait les talents, feraient coïncider les besoins des personnes et ceux des entreprises.

Enfin, cette réforme ne peut faire l'impasse sur la gouvernance de la politique de l'emploi liée au Handicap, ce qui impose de repenser son financement. Dans ce but, nous proposons de séparer la collecte de la redistribution des fonds, aujourd'hui dans les seules mains de l'Agefiph et du Fonds pour l'Insertion des Personnes handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP). Nous préconisons de confier à l'ACOSS le recouvrement de la contribution, le contrôle du respect de l'obligation et le transfert de ces moyens aux opérateurs choisis pour financer l'offre de service et aides financières. Quant à la redistribution, qui comprend à la fois l'offre de service et les aides financières, confions-la soit aux fonds actuels, soit à Pôle emploi, soit aux deux en même temps sur la base des contrats d'objectif signés avec l'État.

Impulsées par les révolutions technologiques, les problématiques auxquelles nos entreprises sont aujourd'hui confrontées sont trop complexes pour que l'on continue à se passer de certains profils, de certaines compétences et expertises. Il est temps de s'en rendre compte. Enfin. Et une fois pour toutes. Tel est notre engagement.

Le Collectif(1)

(1) Philippe ARRAOU, Sébastien BAZIN, Vincent BOLLORE, Martin BOUYGUES, Philippe BRASSAC, Philippe CASTAGNAC, Henri de CASTRIES, Jean-Louis CHAUSSADE, Jean-Pierre CLAMADIEU, Jean-Michel DARROIS, Pierre-André de CHALENDAR, Dominique de la GARANDERIE, Dominique DESSEIGNE, Antoine FREROT, Bernard GAINNIER, Louis GALLOIS, Denis KESSLER, Daniel KURKDJIAN, Henri LACHMANN, Robert LEBLANC, Jean LEMIERRE, Jean-Pierre LETARTRE, Thierry MARTEL, Didier MARTIN, André MARTINEZ, Gérard MESTRALLET, Alain MINC, Jean-Charles NAOURI, François PEROL, Yves PERRIER, Patrick POUYANNE, Pierre PRINGUET, Sami RAHAL, André RENAUDIN, Stéphane RICHARD, René RICOL, Augustin de ROMANET, Philippe SALLE, Jean-Dominique SENARD, Jean-Pascal TRICOIRE, Philippe VARIN, Bernard VATIER, Philippe WAHL, Rémy WEBER, Serge WEINBERG

Catégorie : PÉTITION & TRIBUNE LIBRE
Publication : 06/04/2018
EmploiTravailleurs handicapésSophie CLUZELSyndicatsAGEFIPHFIPHFPGouvernementTribune LibreTribune Fondation d'entrepriseMEDEFMalakoff MEDERICObligation d'embauche

Articles en relation

Lettre ouverte au maire et à son adjointe chargée des affaires sociales de Tréguier dans les Côtes-d’Armor

Ecrite par Marie STEGNER, celle-ci s’adresse au maire de Tréguier Guirec ARHANT et à son adjointe chargée des affaires sociales situé dans les Côtes-d'Armor. Dénonçant l’absence de dialogue réel avec la mairie, le manque de considération pour les personnes précaires. Mais surtout la suppression de sa domiciliation au CCAS sans préavis, en dépit de ses droits et de sa situation stable à Tréguier depuis huit ans. 

Tribune, Lettre et Pétition revendiquant « l'amélioration de l'accès aux soins de santé mentale »

Après la Tribune le Dr Bruno FALISSARD, spécialiste de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, à l’INSERM réagissant sur l’intention du Premier ministre de faire de la santé mentale la grande cause nationale de 2025. Une question abordée a nouveau par la députée Anne-Cécile VIOLLAND, députée Horizons de Haute-Savoie le 2 octobre dernier. Un sujet critique tant il vrai avec la progression des dépressions depuis 2005, quelque soient la tranche d’âge. Situation qui n’a pas était améliorer face la diminutions permanente du nombre de lit en psychiatrie et de personnel.

Cancers pédiatriques : l’Association rassemble plusieurs centaines de parlementaires et professionnels de santé

Chaque année en France, plus de 2 500 enfants sont diagnostiqués d'un cancer et 500 en décèderont, soit l'équivalent de 20 classes d'école. Face à cette réalité, Eva pour la vie et la Fédération Grandir Sans Cancer, ont publié la tribune « Mobilisons-nous jusqu’au bout pour soigner les cancers pédiatriques ! » rédigée par Eva pour la vie & la Fédération Grandir Sans Cancer. Objectif sensibilise les pouvoirs publics à la nécessiter de porter le fonds dédié à la recherche sur les cancers de l'enfant de 5 à 25 M€/an, afin d'y inclure la recherche clinique. De plus, les cosignataires demandent la création d'un fonds d’investissement visant à permettre le développement de startups du médicament pédiatrique, ou d'un établissement public du médicament, en priorisant les cancers et les pathologies de mauvais pronostic chez l'enfant.

L’appel des soignants aux députés : « Protégez les personnes les plus vulnérables et les valeurs du soin ! »

2024.05.27.une vieille femme endormi sur une chaise avec une infirmière en blouche blanche a ses côtés 2ac22Après l’étude et le vote en commission, l’Assemblée nationale étudie actuellement le projet de loi sur la fin de vie débute ce lundi. Un monde médical dont plusieurs organisations de soignants appellent les à entendre leur voix, et à ne pas adopter un texte qui, en l’état, bouleverserait en profondeur la pratique médicale. Ce projet de loi s'inscrit dans un contexte où plusieurs pays occidentaux ont déjà légiféré sur des questions similaires, reconnaissant le droit à l'euthanasie ou au suicide assisté sous certaines conditions strictes. La proposition de loi envisage notamment la création de maisons d'accompagnement pour les personnes en fin de vie et propose une aide à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie incurable avec un pronostic vital engagé, tout en encadrant strictement l'utilisation de produits létaux.

Exigeons plus de moyens pour lutter contre l'endométriose ! lance la présidente de l’association EndoAction

Maladie gynécologique, l’endométriose est une maladie inflammatoire qui affecte aujourd’hui en France environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit plus de deux millions de personnes. Depuis février 2022, la France dispose d'une stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, qui vise à améliorer le dépistage, l'orientation et le traitement des femmes concernées, à renforcer leur information et la formation des professionnels de santé, et à développer la recherche sur cette pathologie. Une stratégie qui selon la présidente de l’association EndoAction Myriam POULAIN, qui n’a pas permis d’améliorer sa prise en charge, raison de cette pétition qui atteint aujourd’hui de plus 18 000 signatures.

Sécurité Sociale : Ce que veut dire le budget de la Sécu 2020

Les mesures prises pour éteindre le mouvement des « gilets jaunes » ont précipité la Sécurité sociale dans le déficit, regrette l'économiste Frédéric BIZARD. C'est une lourde responsabilité pour l'État, qui déprécie de fait la qualité de la protection sociale des classes moyennes, comme c'est le cas pour les pensions, la santé et la politique familiale. Faire parler un budget est une mission périlleuse. En 2016 et en 2018, deux gouvernements différents annonçaient prématurément un moment historique pour l'année suivante avec une Sécu à l'équilibre. Cette communication politique d'affichage cache pourtant l'essentiel : l'évolution du modèle social et la pertinence des choix budgétaires sur la qualité de vie des citoyens.