Handicap psychique : La franchise sociale, un concept vertueux au service du rétablissement par le travail
L’intégration sociale des personnes handicapées psychiques par le travail a fait la preuve de son efficacité. Aujourd’hui, il est temps de changer d’échelle et de multiplier ce modèle vertueux en favorisant la création d’ESAT de transition, selon Thierry BRUN, directeur général de Messidor, association favorisant la transition des personnes handicapées psychiques par le travail qui s'exprime dans cette tribune sur le dispositif d’ESAT de transition, qu'il estime aujourd’hui comme reconnu au niveau national par le ministère des Solidarités et de la Santé comme étant une voie de rétablissement pour les personnes atteintes de troubles psychiques. Des associations gestionnaires pourtant qui malgrès demeure de plus en plus contesté pour leur représentativé selon notre rédaction.
Le contexte est ainsi favorable, à plusieurs titres. Notre gouvernement, dans le mouvement de l’Europe et des Nations Unies, a pris des mesures en faveur de leur inclusion à l’école, par le logement et le travail pour rattraper le retard pris par la France en matière d’insertion des personnes handicapées. Or des enfants qui auront été scolarisés avec les autres ne voudront pas, dans leur grande majorité, aller travailler dans le milieu protégé.
Dans le même temps, les associations gestionnaires d’ESAT, créées dans les années 75-80 pour accueillir des personnes handicapées mentales, vont avoir de plus en plus de places qui se libèrent car leur public, en âge de partir à la retraite, n’est pas remplacé, le nombre de personnes handicapés mentaux ayant fortement diminué en France en raison d’une meilleure prévention prénatale.
Ces établissements sont donc amenés à s’ouvrir à d’autres handicaps pluriels tels que l’autisme, les troubles « dys » et psychiques, et à revoir leurs accompagnements et leurs projets. Actuellement, plus de 50 % des nouvelles demandes de reconnaissance de handicap auprès des MDPH(1) et CDAPH(2) concernent les troubles psychiques. La demande est donc forte. Reste à convaincre, sur le terrain, les Agences régionales de la santé (ARS). Car in fine ce sont elles qui ont la responsabilité d’accorder les autorisations aux associations de redéployer ou non des places pour ce public dans les ESAT et ainsi permettre, à ceux qui le souhaitent, d’accéder à un parcours vers un vrai travail ordinaire.
Face à ce constat, l’ambition de Messidor est de créer un ESAT de transition par département. C’est pourquoi nous avons développé un concept unique de franchise sociale.
L’emploi du terme de « franchise », que l’on associe communément à des réseaux d’enseignes commerciales, peut surprendre, voire choquer dans le secteur médico-social. Toutefois, il convient parfaitement avec le modèle que nous défendons car il fonctionne selon les mêmes modalités : trouver un porteur de projet sur un territoire et l’accompagner dans le redéploiement des moyens dont il dispose dans son établissement médico-social au profit de places d’ESAT de Transition pour les personnes handicapées psychiques pendant une durée de 7 ans, dans le cadre d’un contrat de réussite.
Précurseur en matière de franchise sociale, Messidor compte faire de tous les franchisés, réunis au sein du Réseau transition, de véritables acteurs de cette dynamique. Grâce à leurs échanges de bonnes pratiques, ils contribueront à améliorer la méthode et à promouvoir ce modèle partout en France.
Par Thierry BRUN
Directeur général de Messidor
(1) Maisons départementales des personnes handicapées
(2) Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées
Publication : 21/01/2019
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