Le CISS regrette le manque de mobilisation des candidats pour la santé et la lutte contre les déserts médicaux
Si les Français ont un droit d’accès a la santé ce droit malheureusement devenir de plus en plus inégale sur le territoire et notamment entre les territoires ruraux et ceux urbains. Pourtant 76 % des Français seraient favorables à ce des mesures de régulation des médecins à lutter contre les déserts médicaux (1) . Le CISS qui dans un communiqué affirme regretter le manque de mobilisation et la prise de conscience des candidats, sur ces questions. Une question pourtant essentielle et qui certainement aborder demain a la Mutualité Française dans l’audition des candidats sur la Santé...
Cinq sur 16 a proposé des mesures...
Manque d’intérêt ou absence de prise de conscience ? Dans les deux cas, la situation parait difficilement compréhensible. Reste que selon le CISS, ils ne sont ainsi que cinq sur 16 proposent des mesures pour lutter efficacement contre ces déserts médicaux qui sont de plus en plus nombreux chaque jour. Une réponse obtenue soit par une intégration dans cette problématique à leurs programmes soit après sollicitation du Collectif. Alors que pour Benoît HAMON le PS et de Jacques CHEMINADE pour Solidarité et progrès il s’agit tout d’abord d’un conventionnement sélectif.
Pour Jean-Luc MELANCHON le candidat d’extrême gauche préférant une mesure plus radicale celle d’une autorisation administrative en souhaitant développer un corps de médecins généralistes fonctionnais. Pour Bastien FAUDOT ce dernier évoque l’instauration d’une « carte médicale ». Enfin Nathalie ARTHAUD, de Lutte ouvrière, si elle affirme le principe d’une régulation elle ne précise pas pour autant les modalités de sa mise en place.
Des candidats peu enclins aux seules incitations financières...
Des politiques qui se refusent pour autant a l’heure des restrictions budgétaires à défendre les seules incitations financières pour lutter contre ces déserts médicaux. Ainsi ils semblent que six d’entre eux évoquent le développement d’incitations financières ou fiscales. Comme avec François FILLON qui après la polémique sur le remboursement de soin avait revu le chapitre de son programme. Le candidat reste l’un qui met le plus en avant les aides financières (majorations des honoraires des médecins exerçant dans un désert médical, valorisation spécifique du travail en équipe dans ces territoires, rémunération des stages qui y sont réalisés, prise en charge des transports pour les médecins qui s’y rendent ou d’aides au logement pour ceux qui y résident), aides qui sont également appelées de leurs voeux par Jacques CHEMINADE et Nicolas DUPONT-AIGNAN, mais sans en développer autant la nature.
Nicolas DUPONT-AIGNAN, ce dernier, tout comme Rama YADE, précise davantage ses propositions concernant le développement des exonérations des charges sociales et/ou fiscales. Benoît HAMON évoquant les aides financières directes en indiquant que si elles peuvent avoir un impact utile, par exemple dans le cadre du financement des études ou de la primo installation, celui-ci reste limité. Tandis que Marine Le Pen, souligne quant à elle sa volonté de proposer des mesures incitatives, mais sans en préciser les modalités.
Transfert de tâches, télémédecine, nouveaux modes de rémunération...
Sur ces questions ils ne sont que trois des candidats ayant répondu entendent développer le transfert de tâches entre professionnels de santé ainsi que la télémédecine parmi la palette d’action contre les déserts médicaux. Marine Le PEN, Jacques CHEMINADE et Benoît HAMON. Pour ce dernier il évoque notamment « au-delà de la possibilité que des tâches spécifiquement remplies par des médecins puissent être déléguées à des paramédicaux notamment dans le cadre des réseaux de soins, le transfert de tâches administratives en organisant la possibilité d’un recours à un secrétariat physique pour les médecins généralistes » souligne le CISS.
Parmi les programmes santé des autres candidats, nous n’avons pas pu retrouver l’évocation spontanée de ces propositions, en dehors de François Fillon qui envisage le développement du remboursement des téléconsultations.
Consensus pour les Maisons et centres de santé...?
La proposition, que l’on retrouve dans presque tous les programmes et semblant faire consensus, consistant, précise le CISS, en fonction de leur idéologie politique et celle du caractère libéral ou salarié de l’activité médicale, et celle liée au développement de maisons ou de centres de santé.
Une tendance qui si elle n’est pas nouvelle et fait ces preuves a la condition précise le collectif que les « projets soient montés en bonne coordination entre l’ensemble des acteurs concernés (collectivités locales, professionnels de santé, financeurs, représentants des usagers...) en facilitant l’installation ou le maintien de l’activité d’une diversité de professionnels de santé. » Une démarche qui semble avoir retenu l’attention de la très grande majorité des candidats qui entendent presque tous démultiplier ces projets dans les territoires en tension.
Le CISS rappelle l’importance d'une action conjuguée des moyens...
Des actions dont le collectif rappel que la lutte contre les déserts ne pourra ne faire sans l’apport d’une politique globale incorporant la mise en œuvre de l’ensemble des moyens envisageables : incitation, régulation, transfert de tâches et télémédecine. . « Recentrer et renforcer les aides incitatives dans les zones sous denses en est une, tout comme l’est incontestablement le développement des maisons et centres de santé, du transfert de tâches et de la télémédecine », indique le communiqué.
Précisant que « son expérience » lui avait permis de constater que les « mesures d’incitation doivent maintenant être accompagnées de dispositions déterminées en matière de régulation de l’installation » afin de permettre une meilleure « synergie nécessaire entre l’ensemble des moyens mis en œuvre ».
Le collectif des usagers de la santé qui conclut que « La grande majorité de nos concitoyens ne comprendrait pas qu’un prétendant aux plus hautes responsabilités de l’État se prive d’emblée d’un levier d’action essentiel pour répondre à un enjeu aussi primordial de l’égalité d’accès aux soins ». Une situation que confirme également ce sondage BVA pour le CISS, puisque que 54 % se disent plus proches d’une régulation forte à travers une installation validée par l’État au cas par cas en fonction du nombre d’habitants sur le territoire, tandis 22 % d’une régulation consistant simplement à ne pas permettre aux médecins de s’installer là où ils sont en surnombre. Contre 24 % qui partagent au contraire l’opinion selon laquelle les médecins doivent continuer à s’installer là où ils le désirent.
Retrouvez les constats et propositions du CISS ainsi que les propositions de chacun des candidatscandidats quant aux déserts médicaux sur le site 66millionsdimpatients.
Stéphane LAGOUTIÉRE
Source : CISS 2017
(1) Sondage BVA réalisé pour le CISS du 24 au 25 février 2017
Publication : 01/03/2017
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