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Handicap, santé au travail toujours absente du débat des présidentielles

À J-25 du premier tour de l'élection, force est de constater que non seulement les personnes en situation de handicap n'auront pas eu le droit des cités les émissions organisé par TF1 ou France 2 ces dernières semaines, mais que les questions sont elle quasiment absente du débat politique des candidats. Un constat que dresse aussi
Une citoyen en situation de handicap moteur en passe de voté lors des élection en 2009 a ToulouseUne citoyen en situation de handicap moteur en passe de voté lors des élection en 2009 a Toulousele Secrétaire général de la FNATH Arnaud de BROCA.

Arnaud de Broca, secrétaire général l'association des victimes d'accident de la vie, regrette que les candidats à la présidentielle se focalisent sur l'emploi, mais pas sur la souffrance des salariés. Le vote ouvrier est très courtisé, mais mal courtisé. Évidemment, l'emploi constitue un sujet prioritaire. Mais, pour convaincre, les candidats devront faire plus que de courir les uns après les autres, avec des repreneurs différents, au chevet des entreprises en difficultés, choisissant celles sur lesquelles les salariés ont réussi à attirer les projecteurs médiatiques.

En revanche, de véritables prises de positions sur l'amélioration des conditions de travail, sur le « travailler mieux » en opposition au « travailler plus » d'il y a cinq ans, parleraient aux Français, qui, pour nombre d'entre eux, ont arrêté de croire que « le travail, c'est la santé!». Produire français, c'est bien, mais produire en bonne santé, c'est mieux! C'est toute l'action que mène la FNATH à interpeller les candidats sur cette thématique.

Il est ainsi étonnant de constater que la question de la santé au travail passe au travers des mailles des sujets retenus par les candidats et leurs équipes de campagne ? Sans doute, parce que nos politiques imaginent qu'en période de crise économique, ceux qui travaillent sont prêts, pour éviter le chômage et les risques d'exclusion sociale qui en découlent, à accepter, sans broncher, la pénibilité de leur travail.

La santé au travail n'est pas un sujet médiatique

Les suicides sur les lieux de travail qui occupent à espace régulier les médias ne constitueraient que des épiphénomènes, qui ne mériteraient pas des réponses politiques. Et la santé au travail n'est pas un sujet médiatique: difficile de fournir des images sur cette question ou des propositions emblématiques, à l'image de la taxation des hauts revenus. Pour toutes ces raisons, la santé au travail ne constitue pas un sujet de campagne, contrairement à d'autres, par exemple, la polémique qui dure et perdure sur la viande halal, et qui n'intéresse finalement que très peu d'électeurs.

En période de crise économique, la souffrance au travail a tendance à être minorée alors que paradoxalement, elle s'amplifie avec les tensions du marché de l'emploi: peur, de perdre son emploi, précarité, manque d'autonomie et de perspective, obsession de la rentabilité, stress et harcèlement... Le mal-être au travail se développe et les maladies professionnelles explosent. Dans le domaine de la prévention, les propositions pourraient être multiples sur le rôle des médecins du travail, le rôle des inspecteurs du travail, l'exposition des travailleurs à des produits cancérigènes, etc.

La santé au travail est un thème porteur pour convaincre des millions d'électeurs

Le travail tue, blesse, use et mutile, physiquement ou moralement. Les ouvriers le vivent, mais les candidats semblent l'ignorer. Les uns cherchent une idée par jour pour alimenter cette campagne, les autres prônent le « produire français », qui ne peut s'entendre sans une réflexion sur l'amélioration des conditions de travail, sauf à n'avoir qu'une vision partielle du sujet. Alors ne désespérons pas, peut-être que dans les semaines qui nous séparent de l'élection, les candidats se rendront compte que la santé au travail est un thème porteur pour s'adresser et convaincre des millions d'électeurs.

« Handicapés, mais électeurs! »

Quelques jours auparavant Arnaud de BROCA avait dans une contribution publiée le 26 mars dernier sur internet intitulé « Handicapé, mais électeurs! » le secrétaire générale considéré que « La campagne électorale fait jusqu'à présent l'impasse sur 10 millions de Français... Les enjeux d'une prise de parole des candidats sur le sujet ne sont pas minces, pas uniquement du fait du nombre de personnes concernées. En effet, le prochain quinquennat verra arriver à son terme une échéance particulièrement attendue par les personnes handicapées, quel que soit leur handicap.»

Une situation qui semble se confirmer où seul le combat de chefs entre François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY dirige le débat politique. Laissant de côté les réelles questions préoccupant les Français comme l'emploi, le chômage, le pouvoir d'achat, mais aussi la santé ou la politique sociale ou la dépendance sont-elles écartées au profit de question sécuritaire, d'économie, ou de futilité comme la polémique autour de la viande.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Catégorie : ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE/LÉGISLATIVE
Publication : 30/03/2012

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