Vaccination les français en manque de confiance ? Le CISS et Marisol TOURAINE rappel son importance
Faut-il faire vacciner ses enfants ? Les vaccins sont-ils tous utiles ? Les doutes, 220 ans après le tout premier vaccin, en l'occurrence contre la variole puis viendront celui de la rage, la fièvre typhoïde et la peste entre 1885 avec Pasteur et 1897. Une partie des Français restent encore septique, les politiques ont décidé d'organiser un débat public sur une réforme vaccinale et le caractère obligatoire des vaccins.
Le collectif interassociatif sur la santé qui rappelé dans un communiqué « le progrès considérable en santé publique que représente la vaccination et par conséquent à l'allongement de la durée de la vie ainsi qu'à l'amélioration de notre état de santé ». Le CISS qui se félicite néanmoins de la « concertation citoyenne » annoncée par dans le Plan de Marisol TOURAINE présenté le 12 janvier.
Vaccination confrontée à un affaiblissement et des interrogations non résolues
Une vaccination dont le taux de couverture vaccinale contre la grippe a chuté de 13 points depuis 2008, les professionnels de santé expriment leurs inquiétudes face à la baisse de la vaccination chez les nourrissons et à la résurgence régulière de cas de rougeole.
Notons que la France est en pénurie de vaccins depuis plus d'un an. En effet, la demande mondiale est très forte et les labos ont du mal à suivre à suivre (pour certains vaccins, il faut deux ans entre la production et la fabrication). D'autre part, la montée et l'influence (surtout sur Internet) des ligues antivaccins sont de plus en plus présentes en France et certaines familles doutent et s'interrogent.
Un affaiblissement dont le CISS rappel que celui-ci est souvent a dû à de nombreuses questions restées sans réponse. Le premier étant souvent les conséquences dommageables des grandes épidémies, comme la poliomyélite par exemple. Mais aussi la désaffection grandissante des professionnels de santé qui eux-mêmes ne se vaccinent plus autant. Enfin indique le CISS, en outre, les querelles sur l'innocuité des adjuvants, sur le bien-fondé de certaines vaccinations ou encore sur la présence d'aluminium dans certains vaccins n'ont pas reçu de réponse convenable pendant trop longtemps, y compris en termes de débat public.
Un rapport et des premières décisions positives
Se fondant sur les recommandations du rapport de l'ancienne députée Sandrine HUREL, le plan d'action a été immédiatement été suivi d'annonces de la ministre chargée de la Santé : meilleure lisibilité du calendrier vaccinal, accélération de la mise en oeuvre du carnet de vaccination électronique, transfert du comité technique des vaccinations à la Haute Autorité de Santé, renforcement de la coordination de la politique vaccinale, par exemple.
La concertation citoyenne bienvenue...
Principal objet du plan "renforcer la confiance", "répondre à toutes les inquiétudes, à toutes les préoccupations" a-t-elle expliqué, évoquant quelques phénomènes
"préoccupants". Toujours sur les recommandations de la députée, Marisol TOURAINE prévoit notamment une « grande concertation citoyenne » sur la vaccination menée sous la houlette du Pr Alain FISCHER, professeur d'immunologie pédiatrique.
Une concertation qui débutera en mars avec la mise en place d'une plate-forme web qui recueillera les contributions du public, des professionnels, associations et institutions. Analysées par des jurys, elles seront soumises à un comité d'orientation qui devrait formuler, dès décembre 2016, des propositions d'évolution de la politique vaccinale, notamment en ce qui concerne le maintien ou non des vaccins obligatoires.
Trois étapes qui selon le CISS un choix « de nature à garantir la sérénité des échanges et leur aboutissement ». Le Collectif précisant néanmoins que l'importance de la mobilisation des français permettra d' « aboutir au consensus nécessaire pour relancer une politique vaccinale forte dans notre pays, en permettant aussi de sensibiliser l'opinion publique sur tous les aspects individuels et collectifs de la vaccination ».
Pour sa part, le CISS annonce dans son communiqué avoir « décidé d'organiser une réflexion entre ses associations membres en vue d'établir sa position sur les solutions préconisées par Mme HUREL, les décisions annoncées par les pouvoirs publics, et sa contribution à la concertation citoyenne ».
« Empêcher les pénuries »...
Alors que la France reste en effet l'un des rares pays européens où coexistent des vaccins obligatoires (diphtérie, tétanos et poliomyélite ou DTP) à côté des vaccins recommandés alors que la plupart des pays se contentent de recommandations. "Pour l'instant, la France n'est pas dans une situation critique", a-t-elle ajouté, relevant qu'elle se situait au 1er rang des pays de l'OCDE pour les vaccins DTP et au 5 ou 6e pour les vaccins recommandés.
La ministre de la Santé précisant qu'un « carnet de vaccination électronique sera également testé à partir du mois de mars dans cinq régions, et un site internet sur la vaccination sera mis en place pour informer le public et les professionnels de santé ».
Concernant les pénuries de vaccins observées depuis plus d'un an (BCG, coqueluche), elle a invité les laboratoires qui les produisent à mettre en place des plans de gestion des pénuries, notamment en constituant des stocks réservés à la France, sous peine de sanctions financières.
« Nous sommes aujourd'hui dans une situation préoccupante s'agissant de l'approvisionnement de certains vaccins essentiels », a-t-elle dit, estimant que « cette situation n'est pas acceptable parce qu'elle suscite des inquiétudes, qu'elle entraîne des suspicions ». Les détracteurs de la vaccination, dont le cancérologue Henri JOYEUX, à l'origine d'une pétition controversée sur ses dangers, avait notamment dénoncé la pénurie de vaccins DTP l'été dernier, qui a obligé les parents à faire vacciner leurs enfants avec le seul produit disponible, contenant six vaccins au total.
La ministre qui a annoncé réunir les industriels avant la fin du mois « pour qu'ils fassent des propositions concrètes pour qu'il y ait assez de vaccins disponibles dans les pharmacies tout au long de l'année ».
Le CISS qui dit cependant regretter l'absence de prise de conscience de la ministre sur le risque de pénurie. « Sans doute, aurions-nous aimé plus de précisions sur les ruptures d'approvisionnement, car le dispositif de prévention de ces ruptures ne nous paraît pas bien assuré », précise le communiqué.
Stéphane LAGOUTIERE/ avec l'AFP
Publication : 13/01/2016
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