Les étudiants inquiets du manque de transparence des essais cliniques au seins des des universités européennes
Selon une étude publiée jeudi dans le British Medical Journal, la moitié des essais cliniques réalisés dans l’UE n’ont pas satisfait à l’obligation de rapporter leurs résultats. Les universités sont particulièrement peu performantes, avec seulement 11% des essais cliniques déclarés en moyenne. Une nouvelle inquiétante alors que la rentrée universitaire aura le 00 septembre prochain, mais aussi pour la recherche scientifique.
Près de la moitié des essais jamais publié…
La plupart des universités européennes aspirent à mener des recherches scientifiques conformément aux meilleures pratiques internationales. Toutefois, elles sont loin de ce standard en matière de transparence des essais cliniques. Une nouvelle étude de Ben Goldacre de l'Université d'Oxford révèle que les résultats de près de la moitié des essais cliniques menés dans l'UE ne sont jamais publiés. Les universités affichent des résultats particulièrement médiocres, 11% seulement des résultats de leurs essais cliniques figurant dans le Registre européen des essais cliniques.
« En tant qu'étudiants dans ces universités, nous sommes profondément déçus des résultats de cette étude. On nous enseigne l'importance de la médecine factuelle et des bonnes pratiques scientifiques, alors que nos universités elles-mêmes ne respectent manifestement pas ces principes lorsqu'il s'agit de publier leurs résultats d'essais cliniques. Nous sommes préoccupés par le fait que, dans l'environnement actuel, non transparent, les médecins ne peuvent pas être certains de fournir les meilleurs soins possibles à leurs patients », a déclaré Sabrina WIMMER, étudiante en médecine à l'Université de Groningen aux Pays-Bas.
Rachel Cooper, directrice des programmes pharmaceutiques et de soins de santé chez Transparency International UK, a elle insisté sur le fait qu’ « Il n’existe aucune excuse ou alternative pour les universités qui ne publient pas de résultats sur le registre européen. La publication sur le registre européen est le seul mécanisme permettant de garantir un compte rendu rapide, complet et précis des informations médicales. La non-publication a un impact direct sur les vies réelles. »
Un doute d’efficacité pour le patient…
L'absence de publication des résultats nuit directement aux patients. En effet, s’il manque la moitié des données, les médecins ne peuvent pas avoir la certitude que le traitement qu'ils prescrivent est vraiment efficace. En outre, les médicaments peuvent sembler plus efficaces qu'ils ne le sont réellement. Cela conduit à ce que les systèmes de santé paient davantage pour des médicaments plus récents et plus coûteux, qui n’ont que peu ou pas d’avantages par rapport à des médicaments beaucoup moins chers, créant ainsi des charges financières et limitant l’accès à des médicaments réellement efficaces.
Au-delà de violer les régulations de l’UE, et bien que les universités soutiennent qu'elles publient des résultats dans des revues académiques, les chercheurs ont constaté que les données publiées sur les registres sont plus fiables et contiennent des détails importants sur la sécurité, qui ne figurent pas dans les articles de revues.
Une obligation de transparence…
L’Universités alliées pour les médicaments essentiels (UAEM) qui appel toutes les universités européennes à l’exigence de la publication de tous les résultats d’essais manquants sur le registre des essais cliniques de l'UE. Mais aussi celle de signer la déclaration conjointe sur la transparence des essais cliniques de l’Organisation Mondiale de la Santé, pour montrer publiquement leur engagement en faveur d'une transparence adéquate des essais cliniques. Enfin de créer un groupe de travail universitaire chargé de veiller à ce que les principaux chercheurs des futurs essais cliniques publient leurs résultats dans les 12 mois suivant la fin de l’essai.
La Rédaction
Sources : UAEM 2018
Publication : 14/09/2018
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