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Catherine POLLAK le Handicap et emploi des seniors en Europe

Rédigé le 19 Juin 2012
Portrait de Catherine POLLAK Chercheur a l'IRDES

Catherine POLLAK suite à la parution de son document de travail n° 45 intitulé «En emploi et heureux malgré une santé fragile ? Participation des travailleurs âgés au marché du travail et qualité du travail », celle-ci nous répond à trois questions et nous présente son analyse... Docteur en science économique, chercheur à l'IRDES et chargée de recherche et chercheur associé au centre d'économie de la Sorbonne de nationalité franco-autrichienne cette femme âgée de 29ans nous livre une vision dans lequel elle présente les différentes situations dans les pays européens notamment.

Jean-Marie Faure, président de l’AGEFIPH : 2012 sera une année de transition

Rédigé le 8 Juin 2012

A Gauche Grégory CUILLERON, nouveau visage de la Campagne 2011 de l’Agefiph en faveur de l’emploi des personnes handicapées, aux côtés à droite de Jean-Marie FAURE président de l’Agefiph ©Thierry Plessis/ABACAPRESS.COM Élu Président pour une durée de trois ans en septembre, dans le cadre de l'alternance qui prévaut dans les organismes paritaires. Âgé de 58 ans aujourd'hui, il siège depuis 2003 au sein de l'organisme, représentant les salariés du syndicat CFTC. Jean-Marie Faure, qui avait été après 17 années dans les métiers de la menuiserie, se reconvertit au métier d'éducateur technique spécialisé. Il accompagne alors des jeunes en difficultés vers l'emploi.

Christian GRAPIN Directeur de l’association Tremplin : Études, Handicap Entreprises

Rédigé le 5 Juin 2012

 

Christian GRAPIN, est Diplômé de l'ESSEC, de l'Institut de l'innovation et de l'entrepreneuriat social. Après un parcours de consultant en Relations Humaines, Il rejoint l'association TREMPLIN – Études, Handicap, Entreprises - et en devient le Directeur en 2003. Son objectif aujourd'hui étant de mobiliser les compétences et les expertises de tous pour favoriser l'inclusion des lycéens et étudiants handicapés dans les études et dans les entreprises. Il inscrit l'action de l'association dans de nombreux projets régionaux et nationaux, et s'ouvre aujourd'hui à l'Europe en contribuant à une initiative unique et innovante de l'OCDE.

 christian GRAPIN Directeur de l’association Tremplin : Études, Handicap Entreprises

FHI --- Il existe beaucoup de manifestations déjà en place pourquoi une supplémentaire ?

Christian GRAPPIN : Cette manifestation n'est pas, une manifestation spécifique, dédiée au handicap. C'est une manifestation généraliste tournée vers les étudiants issus de grandes écoles et d'universités qui s'ouvrent depuis l'année dernière aux étudiantes et étudiants en situation de handicap.

Elle reste, et restera généraliste, mais sous l'impulsion de TREMPLIN, elle opère cette année une plus grande ouverture axée sur « l'inclusion » dans toutes ses facettes du handicap. Facette entreprises, facette études supérieures, facette sport. À ce titre, je ne pense pas qu'il existe beaucoup de manifestations généralistes de ce genre destinées aux étudiantes, et mobilisées sur le handicap sans en faire une spécificités.

FHI --- Le Chômage a progressé en 2011, de + 15 % chez les travailleurs handicapés une situation qui se poursuivit dans le premier semestre 2012. Quel soutient nouveau pouvez-vous apporter à ces jeunes ?

Christian GRAPPIN : Effectivement, le taux de chômage des personnes handicapées n'est toujours deux fois plus élevé que celui des autres Français. Il serait suivant les sources entre 20 et 22 20 à 22%. Comme vous le savez, les personnes avec une reconnaissance ouvrant droit à l'OETH sont plus âgées et moins diplômées que l'ensemble de la population des 15-64 ans. Selon l'INSEE 48 % d'entre elles ont plus de 50 ans, et 83 % des personnes handicapées ont une qualification inférieure ou égale au BEP.

Notre mission est d'accompagner, avec notre réseau de près de 200 entreprises, les jeunes lycéens et étudiants handicapés pour d'une part qu'ils avancent dans les études supérieures, tout en, d'autre part, développant leur expérience professionnelle. Notre objectif est qu'il arrive sur le marché du travail avec un bon voire très bon niveau d'études, et avec une connaissance de leur capacité et qualités professionnelle. Et cela fonctionne.

Presque 18% des jeunes accompagnés par notre association qui sont aujourd'hui dans un parcours Bac+4/5 sont venus chez Tremplin avec seulement un Bac. Quant à ceux qui préparent un Bac+3, ce sont presque 25% qui sont venus avec un Bac. Donc aider les jeunes à passer du Bac aux études supérieures ; c'est possible. Et les aider à passer des études supérieures à l'emploi aussi. Parmi les jeunes qui trouvent un emploi après avoir été accompagnés par TREMPLIN, 52%% le trouvent en 3 mois maximum, 76%% en 6 mois maximum.

FHI --- Depuis quelque année des associations comme STARTING-BLOCK ont fait évoluer la donne comme dans les ESC où l'intégration a particulièrement été réussie. Quel bilan dressez-vous de cette évolution ?

Christian GRAPPIN : Le nombre d'étudiants en situation de handicap a évolué dans le supérieur 12 000 en 2011, dont 1000 dans les grandes écoles (ils étaient 8400 en 2005). Le nombre de jeunes en primaire aussi 126 300 en 2011 contre 105 000 en 2005, et la plus grande évolution est en secondaire : 75 000 en 2011 contre 47 000 en 2005.

En revanche, comme les chiffres ci-dessus le montrent, les transitions primaires/secondaires ou secondaires/supérieure sont toujours si difficiles.

 

Sans oublier pour autant dans la transition supérieure/Emploi. Car ce n'est pas parce qu'un étudiant handicapé rentre en supérieur que sa transition vers l'emploi est acquise. Et cela en France comme en Europe. C'est pourquoi, en France, nous accompagnons les étudiants jusqu'à leur 1er emploi, et qu'au niveau européen, nous sommes partenaires d'une expérimentation concernant le Danemark, l'Irlande, l'Italie et la France.

Sensibiliser les écoles, sensibiliser les étudiants valides comme le fait Starting-Block est une démarche très importante. Mais elle n'est pas suffisante. Il faut aussi sensibiliser les lycéens, les étudiants en situation de handicap et les accompagner. C'est ce que nous faisons. Et c'est face à leurs projets que nous pouvons proposer aux écoles et universités des actions concrètes d'accueil et de formation. Si elles sont déjà sensibilisées, la réactivité en sera meilleure.

FHI --- N'est-il pas un problème de penser université ou grande école alors que le parcours avant le bac reste aujourd'hui un parcours du combattant pour certains élèves ?

Christian GRAPIN : La réponse précédente confirme votre regard. Si l'évolution est marquante dans le primaire et le secondaire, il est important de se tourner vers les jeunes de lycées, pour rendre plus efficace la transition secondaire/supérieure.

FHI --- Pour conclure vous parler d'inclusion en affirmant « toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs », personne ne viendra vous contredire, comme l'AGEFIPH qui rendu son rapport c'est loin d'être le cas dans l'ensemble des entreprises. Comment fait-on ?

Christian GRAPIN : Justement, affirmer la nécessité des mélanges, des rencontres et parfois les chocs, c'est bien ; les mettre en œuvre c'est mieux. En 2011 TREMPLIN a permit à 300 jeunes qui nous accompagnent de réaliser plus de 760 actions dans les entreprises. Ce mélange est bénéfique et formateur tant pour les jeunes qui vont dans les entreprises que pour les collaborateurs et collaboratrices qui les accueillent, les forment, les intègrent.

Christian Grapin au fond entouré de jeune étudiant sur l'un des stands mise en oeuvre dans le cadre de son association Tremplin

Le dire, c'est bien, le faire, c'est mieux. La loi de 2005 porte en elle cette pensée inclusive. Tous les acteurs dont les écoles (et leurs professionnels) et les entreprises (et leurs professionnels) doivent la mettre en œuvre. Chacun sait qu'une loi ne change pas comme par enchantement les comportements, les représentations, les pratiques de ceux qui doivent la mettre en œuvre. Cela vaut pour celles et ceux qui entourent les personnes handicapées, comme les personnes handicapées elles-mêmes.

L'on constate malgré tous un progrès dans les entreprises. Entre janvier 2009 et janvier 2010, le taux d'emploi de personnes handicapées serait passé de 3,99 % à 4,21 %.

 

Interview réalisé à Paris le 1er juin 2012
Par Stéphane Lagoutiére

 

 

 

 

 

le Rocker Québécois Martin DESCHAMPS « Dix ans de lutte pour l’inclusion »

Rédigé le 20 Mai 2012

Né en 1970, La carrière musicale de Martin DESCHAMPS prend son envol en 1996, lorsqu'il décroche le titre de meilleur chanteur à l'Empire des futures stars. Une performance pas banale qui lui permet rapidement d'évoluer au sein de la formation rock offen bach, histoire de prendre la relève vocale de Gerry Boulet. Il part donc en tournée avec la formation pour une série de 50 spectacles... Un départ en lion, comme on dit ! Depuis cette date et plus 15 ans il n'a eu de cesse de voguer non seulement à travers le Québec, mais aussi à travers le monde. Un homme qui n'a eu de cesse de relever sans cesse de nouveau défi en plus de la semaine québécoise des personnes handicapées dont il est le porte-parole depuis 10 ans maintenant !!!

2012.05.21.Martin DESCHAMPS
Martin DESCHAMPS un chanteur de rock au coeur tendre

Vous avez accepté cette année encore le rôle de porte-parole de la Semaine québécoise des personnes handicapées, quelles sont vos motivations ?

Martin DESCHAMPS --- La Semaine québécoise sert à sensibiliser les gens. Ma mission personnelle se résume en un mot : dédramatiser ! Il faut prendre les personnes handicapées comme elles sont, sans dramatiser leur situation. Je crois qu'il faut avoir une attitude positive face à la vie, que l'on soit handicapé ou pas. C'est dans ce sens-là que je pense pouvoir donner un coup de main.

Quelle importance a, selon vous, une Semaine québécoise des personnes handicapées ?

Martin DESCHAMPS --- C'est surtout une question de mémoire, de rappeler aux gens qu'on est là, les personnes handicapées. Parfois, on a besoin d'attentions un peu plus particulières que les autres dans certaines situations de la vie courante. Des fois, c'est juste des petits gestes qui peuvent faciliter la vie des personnes qui ne l'ont pas facile. Je pense que c'est juste bon, une fois par année, qu'on se le rappelle et qu'on sensibilise les gens. Je suis fier de m'associer à cet événement parce que je pense être une personne handicapée qui réussit et qui vit sa vie comme il l'entend et comme il en a envie.

Qu'est-ce qui vous a amené à la chanson, quel a été votre cheminement ?

Martin DESCHAMPS --- Tout jeune, j'adorais la musique, surtout celle qui contenait des percussions, la musique latine, africaine. C'est drôle parce que mes parents avaient une collection de disques où j'allais souvent piger et je choisissais toujours ces disques-là, même si je ne savais pas encore lire. Ensuite, à l'âge de 11 ans, j'ai reçu une batterie en cadeau, et c'est là que j'ai découvert mes talents musicaux. Par la suite, j'ai dû changer d'instrument parce que j'avais un chum qui jouait de la batterie. Avec la guitare (basse), j'ai commencé à composer des chansons tout en écou­tant mes groupes préférés : les Rolling Stones, les Beatles, Deep Purple, Led Zeppelin. J'ai dévoré de la musique depuis que je suis tout petit et j'en dévore encore.

Avez-vous suivi des cours de musique ?

Martin DESCHAMPS --- J'ai suivi des cours de batterie durant environ trois ou quatre mois. Pour la guitare, j'ai appris seul parce qu'il n'y a que moi qui sais jouer de la basse avec deux doigts et un demi-bras.

Quel impact a eu votre incapacité sur votre cheminement personnel et professionnel ?

Martin DESCHAMPS --- Ce que ça a provoqué, c'est une dédramatisation, et c'est ce que je souhaitais qui arrive! Souvent, les personnes différentes se dépassent dans des situations qui sont hors de l'ordinaire, comme les athlètes olympiques handicapés. Puis, il y a aussi des chanteurs rock, mais ça, il y en a un peu moins ! (rires) il y a aussi des gens qui, dans la vie de tous les jours, ont des obstacles à surmonter parce qu'ils sont handicapés, et qui y arrivent très bien et mènent leur vie en allant de l'avant et en pensant positivement. On sait que l'image est importante dans le monde du spectacle, que le corps parfait est glorifié, comment

 

 


Vivez-vous cette réalité ?

Martin DESCHAMPS --- Je pense que j'ai un certain look qui n'est peut-être pas dans les normes, mais j'ai un look unique qui apporte une plus-value au produit Martin Deschamps. J'essaie de dédramatiser la situation en montrant aux gens que je fais ce métier parce que c'est ma passion, parce que j'adore la musique, parce que j'adore les gens. Ceux qui comprennent ma philosophie et ma façon de voir la vie en retirent quelque chose, je pense.

Est-ce que vous vous considérez comme une personne handicapée ?

Martin DESCHAMPS --- Ben oui ! Si en me levant le matin, je ne prenais pas mes béquilles, je tomberais la face par terre ! Mettons ça au clair, je suis une personne handicapée, mais je ne me mets pas de limites par exemple. J'essaie de faire en sorte que cette différence-là ne brime pas mes projets et mes rêves.

Vivre dans une société idéale qui intègre les personnes handicapées, ce serait comment selon vous ?

Martin DESCHAMPS --- Oh boy ! Premièrement, ce serait une société qui accepte la marginalité, ça veut dire que tout le monde pourrait se déplacer dans le véhicule de son choix et de la façon de son choix : la tête en bas, les pieds dans les airs, n'importe quoi ! Il n'y aurait plus de stéréotypes ou de modèle pour le bipède urbain normal. Il y aurait plutôt une espèce d'ouverture d'esprit et d'originalité. Il faut savoir que, souvent, les personnes différentes sont très originales dans leur tête et dans leur façon de vivre.

Alors, c'est de laisser de la place à l'originalité ?

Martin DESCHAMPS --- Oui ! Ça provoquerait automatiquement une ouverture d'esprit de la société et ça rendrait sûrement plus à l'aise les personnes différentes, parce que tout le monde pourrait être marginal et tout le monde pourrait être différent.

Ce qui est lourd pour une personne handicapée, c'est le regard ?

Martin DESCHAMPS --- Oui, c'est le regard des autres. S'il y avait moins de stéréotypes et moins de gens qui pensent que tout le monde doit être pareil, ça irait mieux. Moi, je ne rentre pas dans le moule, et il y en a plein de gens qui ne rentrent pas dans le moule. S'il n'y en avait pas de moule, ce serait déjà un bon pas de fait.

Comment peut-on faire pour changer ces mentalités, y a-t-il une recette ?

Martin DESCHAMPS --- Ben... moi, ma recette, c'est continuer de chanter fort, le plus longtemps possible, et qu'il y ait le plus de gens possible sur la terre qui me voient faire et qu'ils puissent changer leur regard sur les autres personnes handicapées. Moi, c'est ma mission. Mais ce n'est pas seulement pour les personnes handicapées. Si je veux continuer d'impressionner le plus de monde sur la terre, c'est aussi pour faire brasser le camarade, pour faire brasser l'intérieur des gens, les réveiller un peu et leur donner un peu de « pep » par la musique et par ce que je fais.

La population québécoise a-t-elle, selon vous, relevé le défi de l'intégration des personnes handicapées dans toutes les sphères de la vie (sociale, scolaire, professionnelle) ?

Martin DESCHAMPS --- D'après moi, elle est en train de le faire.

 

 

 

 

 

 

M'Hammed SAJIDI est le président de l'association "Vaincre l'autisme"

Rédigé le 2 Avril 2012

Portrait de M'Hammed Sajidi Président de l'association Vaincre l'autismeM'Hammed SAJIDI est le président de l'association "Vaincre l'autisme" et fondateur du centre Futuroschool de Paris a répondu a l'occasion de la journée mondiale de l'autisme aux questions posées sur l'évolution et la situation de l'autisme et aux dynamise de son potentiel de développement en France. Mais un homme d'expérience, qui confirme que si l'évolution a commencé tout comme la prise de conscience, beaucoup restent à faire tant en matière de prise en charge dans le domaine de l'hébergement que celui scientifique.