le Rocker Québécois Martin DESCHAMPS « Dix ans de lutte pour l’inclusion »
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Né en 1970, La carrière musicale de Martin DESCHAMPS prend son envol en 1996, lorsqu'il décroche le titre de meilleur chanteur à l'Empire des futures stars. Une performance pas banale qui lui permet rapidement d'évoluer au sein de la formation rock offen bach, histoire de prendre la relève vocale de Gerry Boulet. Il part donc en tournée avec la formation pour une série de 50 spectacles... Un départ en lion, comme on dit ! Depuis cette date et plus 15 ans il n'a eu de cesse de voguer non seulement à travers le Québec, mais aussi à travers le monde. Un homme qui n'a eu de cesse de relever sans cesse de nouveau défi en plus de la semaine québécoise des personnes handicapées dont il est le porte-parole depuis 10 ans maintenant !!! |
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Vous avez accepté cette année encore le rôle de porte-parole de la Semaine québécoise des personnes handicapées, quelles sont vos motivations ? Martin DESCHAMPS --- La Semaine québécoise sert à sensibiliser les gens. Ma mission personnelle se résume en un mot : dédramatiser ! Il faut prendre les personnes handicapées comme elles sont, sans dramatiser leur situation. Je crois qu'il faut avoir une attitude positive face à la vie, que l'on soit handicapé ou pas. C'est dans ce sens-là que je pense pouvoir donner un coup de main. Quelle importance a, selon vous, une Semaine québécoise des personnes handicapées ? Martin DESCHAMPS --- C'est surtout une question de mémoire, de rappeler aux gens qu'on est là, les personnes handicapées. Parfois, on a besoin d'attentions un peu plus particulières que les autres dans certaines situations de la vie courante. Des fois, c'est juste des petits gestes qui peuvent faciliter la vie des personnes qui ne l'ont pas facile. Je pense que c'est juste bon, une fois par année, qu'on se le rappelle et qu'on sensibilise les gens. Je suis fier de m'associer à cet événement parce que je pense être une personne handicapée qui réussit et qui vit sa vie comme il l'entend et comme il en a envie. Qu'est-ce qui vous a amené à la chanson, quel a été votre cheminement ? Martin DESCHAMPS --- Tout jeune, j'adorais la musique, surtout celle qui contenait des percussions, la musique latine, africaine. C'est drôle parce que mes parents avaient une collection de disques où j'allais souvent piger et je choisissais toujours ces disques-là, même si je ne savais pas encore lire. Ensuite, à l'âge de 11 ans, j'ai reçu une batterie en cadeau, et c'est là que j'ai découvert mes talents musicaux. Par la suite, j'ai dû changer d'instrument parce que j'avais un chum qui jouait de la batterie. Avec la guitare (basse), j'ai commencé à composer des chansons tout en écoutant mes groupes préférés : les Rolling Stones, les Beatles, Deep Purple, Led Zeppelin. J'ai dévoré de la musique depuis que je suis tout petit et j'en dévore encore. Avez-vous suivi des cours de musique ? Martin DESCHAMPS --- J'ai suivi des cours de batterie durant environ trois ou quatre mois. Pour la guitare, j'ai appris seul parce qu'il n'y a que moi qui sais jouer de la basse avec deux doigts et un demi-bras. Quel impact a eu votre incapacité sur votre cheminement personnel et professionnel ? Martin DESCHAMPS --- Ce que ça a provoqué, c'est une dédramatisation, et c'est ce que je souhaitais qui arrive! Souvent, les personnes différentes se dépassent dans des situations qui sont hors de l'ordinaire, comme les athlètes olympiques handicapés. Puis, il y a aussi des chanteurs rock, mais ça, il y en a un peu moins ! (rires) il y a aussi des gens qui, dans la vie de tous les jours, ont des obstacles à surmonter parce qu'ils sont handicapés, et qui y arrivent très bien et mènent leur vie en allant de l'avant et en pensant positivement. On sait que l'image est importante dans le monde du spectacle, que le corps parfait est glorifié, comment
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Vivez-vous cette réalité ? Martin DESCHAMPS --- Je pense que j'ai un certain look qui n'est peut-être pas dans les normes, mais j'ai un look unique qui apporte une plus-value au produit Martin Deschamps. J'essaie de dédramatiser la situation en montrant aux gens que je fais ce métier parce que c'est ma passion, parce que j'adore la musique, parce que j'adore les gens. Ceux qui comprennent ma philosophie et ma façon de voir la vie en retirent quelque chose, je pense. Est-ce que vous vous considérez comme une personne handicapée ? Martin DESCHAMPS --- Ben oui ! Si en me levant le matin, je ne prenais pas mes béquilles, je tomberais la face par terre ! Mettons ça au clair, je suis une personne handicapée, mais je ne me mets pas de limites par exemple. J'essaie de faire en sorte que cette différence-là ne brime pas mes projets et mes rêves. Vivre dans une société idéale qui intègre les personnes handicapées, ce serait comment selon vous ? Martin DESCHAMPS --- Oh boy ! Premièrement, ce serait une société qui accepte la marginalité, ça veut dire que tout le monde pourrait se déplacer dans le véhicule de son choix et de la façon de son choix : la tête en bas, les pieds dans les airs, n'importe quoi ! Il n'y aurait plus de stéréotypes ou de modèle pour le bipède urbain normal. Il y aurait plutôt une espèce d'ouverture d'esprit et d'originalité. Il faut savoir que, souvent, les personnes différentes sont très originales dans leur tête et dans leur façon de vivre. Alors, c'est de laisser de la place à l'originalité ? Martin DESCHAMPS --- Oui ! Ça provoquerait automatiquement une ouverture d'esprit de la société et ça rendrait sûrement plus à l'aise les personnes différentes, parce que tout le monde pourrait être marginal et tout le monde pourrait être différent. Ce qui est lourd pour une personne handicapée, c'est le regard ? Martin DESCHAMPS --- Oui, c'est le regard des autres. S'il y avait moins de stéréotypes et moins de gens qui pensent que tout le monde doit être pareil, ça irait mieux. Moi, je ne rentre pas dans le moule, et il y en a plein de gens qui ne rentrent pas dans le moule. S'il n'y en avait pas de moule, ce serait déjà un bon pas de fait. Comment peut-on faire pour changer ces mentalités, y a-t-il une recette ? Martin DESCHAMPS --- Ben... moi, ma recette, c'est continuer de chanter fort, le plus longtemps possible, et qu'il y ait le plus de gens possible sur la terre qui me voient faire et qu'ils puissent changer leur regard sur les autres personnes handicapées. Moi, c'est ma mission. Mais ce n'est pas seulement pour les personnes handicapées. Si je veux continuer d'impressionner le plus de monde sur la terre, c'est aussi pour faire brasser le camarade, pour faire brasser l'intérieur des gens, les réveiller un peu et leur donner un peu de « pep » par la musique et par ce que je fais. La population québécoise a-t-elle, selon vous, relevé le défi de l'intégration des personnes handicapées dans toutes les sphères de la vie (sociale, scolaire, professionnelle) ? Martin DESCHAMPS --- D'après moi, elle est en train de le faire.
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Publication : 20/05/2012
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