Le prêtre lui refuse l’accès à l’église, le jour de Noël, parce qu’elle est accompagnée de son chien guide d'aveugle.
On pensait avoir touché le fond avec la mésaventure d’ Arthur Aumoite, expulsé de ce centre commercial marseillais à cause de la présence de son chien guide d’aveugle. Mais voici l'histoire de Güler Coka, confrontée au comble de la crétinerie, alors même qu'elle organise un repas pour les malheureux du quartier le jour de Noël. L'événement se déroule le 25 décembre dernier. Güler, une jeune-femme déficiente visuelle de 28 ans, se rend à l’église Saint-Bonaventure de Lyon. Avec quelques amis, elle y a organisé un dîner en faveur des sans-abris qui vivent dans les environs. Cependant, elle ne s’attend pas, à être durement rabrouée par un prêtre manquant cruellement de compréhension et peut-être aussi d'humanité. Oubliées la charité, la compassion et la miséricorde, celui-ci va alors prouver que ce n’est pas parce qu’on voue sa vie à Dieu, qu’on est forcément bienveillant.
Refus d'entrée avec son chien guide dans une église...
C’est en milieu d’après-midi, nous décrit Güler, qu’elle se rend sur les lieux accompagnée de son chien guide d’aveugle. Elle est bien décidée à mettre les petits plats dans les grands. Préparer ce genre d’événement nécessite du
temps, de l’énergie et du dévouement. Tout le monde n’est pas capable de s’investir pour les autres. Cependant, elle se heurte à un obstacle inattendu. Elle est stoppée, avant de mettre un pied dans l’enceinte de l’église, par l’âpreté du prêtre qui réside-là : “ Il m’a orgueilleusement refusé l’entrée avec mon chien guide”, explique-t-elle. Puis “Il m’a dit de le laisser dehors avec les autres chiens”.
Celui-ci veut l'obliger à l'attacher avec les compagnons de misère des invités de la soirée, alors que cet animal-ci a été dressé et éduqué pour rester à ses côtés et être ses yeux en toutes circonstances. Güler essaie bien de prendre la situation avec le sourire et tente d’expliquer à cet homme inflexible, que c’est un chien dont l’éducation a coûté 20 000 € et qu’elle ne peut pas le laisser comme-cela à l’extérieur. Ce dernier ne veut toujours rien savoir, même quand elle essaie de le raisonner en lui demandant s’il exigerait aussi d'une personne à mobilité réduite de déposer son fauteuil avant de pénétrer dans les lieux. Rien ne fonctionne, même lorsqu’elle l'informe du fait qu’elle est membre de l’équipe qui organise ce repas de charité. Non seulement il reste sourd à ses explications, mais en plus, déplore-t-elle peinée, “il était très narquois”, ce qui lui a fait perdre patience.
Les amis de Güler interviennent alors, soucieux de préserver le calme et que la fête se déroule sans encombre. Ils se posent-là en médiateurs, mais dit-elle “Je ne me suis pas vraiment sentie soutenue.”, car l’homme de Dieu avait forcément raison à leurs yeux. Et ce dernier, non content de n’accepter absolument aucun compromis, finit par utiliser le chantage : il cessera toute collaboration future avec leur organisation d’entraide, s’ils continuent d’insister pour faire entrer ce chien.
"Les chrétiens méritent d’être mieux représentés !”
Sous le coup de cette menace scandaleuse, les soutiens fragiles de la jeune-femme capitulent. Cependant, celle-ci n’entend pas en rester-là, car elle est juriste et n’a pas l’intention de laisser cet homme bafouer ses droits. “ Je sais que cette infraction est punissable d’une contravention de 150 et 450 € et que la loi protège mes droits.”(...) “J’ai donc appelé la police pour faire constater l’infraction.”
Malgré leur intervention rapide, le contrevenant, désormais hors la loi ne change absolument pas son fusil d'épaule. Il persiste et signe. La police nationale ne pouvant dresser de contravention, car ce serait le rôle de la municipale indisponible un jour férié, rien n’est fait sur le moment. C’est la raison pour laquelle la victime handicapée du prêtre déposera prochainement une plainte. Elle ne sait pas si sa démarche aboutira, mais pour elle, cet homme n'a pas sa place dans une église. Elle déclare dépitée, mais en colère : “Les chrétiens méritent d’être mieux représentés !”.
Par Sébastien JOACHIM
Publication : 28/12/2018
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