Ouverture du procès en appel du Docteur Nicolas BONNEMAISON accusé d’empoisonnement
Jugé à Angers devant la Cour d'assises du Maine-et-Loire, pour la deuxième fois a la suite de l'appel du parquet après son acquittement. Nicolas Bonnemaison, l'ex-urgentiste pour "empoisonnement" de patients âgés en phase terminale, a réaffirmé avec force aujourd'hui 13 octobre au deuxième jour de son procès qu'il n'avait "en aucun cas l'intention de provoquer le décès" lorsqu'il a administré des sédatifs pour soulager la souffrance des malades. L'accusé qui arrivé le visage fermé, vêtu de noir, avait été accueilli à son arrivée à la Cour d'appel au bras de son épouse Julie, par quelque 50 membres de son Comité de soutien venu du Pays basque.
Un procès qui s'était ouvert la veille, le 12 octobre par un appel émouvant de l'accusé aux familles des victimes, à "s'aider" et "se dire les choses", hors de la cour d'assises. Un avis que ne semble pas partagé l'un des fils des victimes qui souhaite que la condamnation du Docteur Nicolas BONNEMAISON et donc une reconnaissance de « l'erreur de jugement » de ce dernier.
L'accusée qui lors de ces deux premières journées d'audience aura également souligné qu'avec l'Hypnovel employé sur plusieurs de ces patients, un sédatif "de la famille du Valium ou Rivotril", on « ne sait pas si la vie va être abrégée du fait de l'Hypnovel ou de l'état » du patient. « Il peut être encore vivant quelques minutes, quelques heures », a-t-il insisté. Ce dernier ayant notamment reconnu avoir dans un cas, injecté à une patiente du Norcuron (famille du curare). Là encore, non pour provoquer la mort selon lui, « mais avec l'objectif de soulager (...). J'ai toujours été discret, mais je ne me suis pas caché. Je n'ai pas honte de ce que j'ai fait », a-t-il dit.
L'accusé laisse « la porte ouverte » aux familles des victimes
Rappelant ces pensées lors du premier procès a Pau, « allaient aux patients, aux familles, qui vivent des choses difficiles depuis quatre ans », a déclaré l'ex-urgentiste, radié en 2014 depuis par l'Ordre des Médecins, malgré l'acquittement. "Il est compliqué pour les familles de faire leur travail de deuil", a-t-il insisté, avant de rappeler: « Si des familles, des soignants... ceux qui me mettent en cause, s'ils sont demandeurs de me rencontrer, je suis disponible, ma porte reste ouverte ».
L'urgentiste qui avait été décrit au premier procès par les experts psychiatres comme "hypercompassionnel" au point d'être "pas assez lucide" -- n'avait informé ni soignants, ni familles, pour "protéger les proches" et leur éviter un choix "délicat".
Cette émotion était palpable chez son épouse, entendue peu avant la suspension d'audience à 21 h, dans un vibrant, mais factuel, plaidoyer. « Nicolas est un médecin. Il n'a pas enlevé la vie, il a raccourci des agonies (...) une période où les gens ne sont plus tout à fait vivants, mais pas encore morts. La mort fait aussi partie de notre métier », a asséné l'anesthésiste. Aucune des familles des patients n'avait porté plainte contre le Dr Bonnemaison. Mais deux se sont portées partie civile.
Prison ou non la justice devra trancher...
C'est l'appel interjeté par le parquet général de Pau qui vaut à l'ex-médecin de se retrouver devant une cour d'assises, jusqu'au 24. Il y encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Un risque refusé par nombre de ces soutiens sauf peut-être Yves GEFFROY « Je lui en veux, car il m'a privé de mes droits (...) Il m'a privé de mes adieux », a déclaré devant les journalistes le fils de l'une des victimes dont le père André est mort à 92 ans après des injections de l'ex-urgentiste.
Il souhaite que "justice se fasse" mais sent bien que Nicolas Bonnemaison "n'a rien à faire en prison", a-t-il expliqué à des journalistes. « J'attends une condamnation de principe (...) Une condamnation avec sursis ». Une situation justifiée son avocat Me Thierry CAZES, selon lequel « Le Dr Bonnemaison a commis un acte criminel, sinon il ne serait pas là », rappelant qu'« il n'y a pas de loi sur l'euthanasie active ».
Une soixantaine de témoins, comme à Pau, sont attendus, dont deux anciens ministres, Bernard Kouchner et Michèle Delaunay (mardi par visioconférence), ainsi que le député (LR) Jean LEONETTI, père d'une loi sur la fin de vie (2005), et d'une récente proposition de loi.
C'est le contexte nouveau, qui pourrait jeter une autre lumière sur ce procès en appel: une loi sur la fin de vie sur le point d'évoluer, avec l'adoption en deuxième lecture par l'Assemblée d'un texte instaurant un "droit à la sédation profonde et continue", un endormissement jusqu'au décès pour malades incurables au pronostic vital engagé à court terme.
Stéphane LAGOUTIÉRE / Avec l'AFP
Publication : 13/10/2015
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