Les services d’urgences crient leur colère contre la « destruction catastrophique des services des santé »
Contrainte de réagir après plus de deux mois de crise des urgences hospitalières et la manifestation du 6 juin. La ministre de la Santé Agnès BUZYN a promis jeudi une "stratégie d'ensemble". Une promesse, après les critiques sur les arrêts maladie de protestation pris par des soignants, qui ne semble pas convaincu ! Le ton ne cesse de se durcir dans le monde de urgences avec d’autres en arrêt maladie à Paris a l’Hôpital Saint-Antoine et un appel a manifesté demain 11 juin partout en France. Un appel lancé par la désormais association nationale des collectifs Inter-Urgences auxquels s’est joint l’intersyndicale CGT-FO-Sud santé CFE-CGT ainsi que l’Association médecins urgentistes Français.
Deux mois de colère….
Au départ, il y a eu l’agression de trop, puis le mouvement de grève dans les services d’urgence n’aura eu de cesse de s’étendre. Des services parisiens, il aura ainsi progressivement gagné de nombreuses villes comme Lyon, Limoges, Mulhouse, Nantes, Strasbourg, Angers, Saint-Nazaire, Toulouse, Rennes, Annecy, etc. essaimant des dizaines d’établissements partout en France pour atteindre aujourd’hui près de 84 établissements sur les 524 services d’urgence publics, selon l’une des membres du collectif Inter-Urgences Candice LAFARGE.
Collectif, qui regroupe des personnels paramédicaux (aides-soignants, infirmiers, accueil…) devenu depuis le 27 mai association nationale. Ces derniers réclament désormais une hausse salariale de 300 € net par mois et une augmentation des moyens humains et matériels, ainsi que la prise en compte des millions d’heure supplémentaires non payé. Situation qui fait penser a celle qui existe au sein des forces de l’ordre.
Un mouvement qui conteste ainsi les plans d’économie successifs depuis 2005, qui se sont vu imposer 8,6 Mds € d’économies provoquant de nombreux déficit pour près de 60 % des hôpitaux français, selon la Fédération hospitalière de France. Associés à des fermetures de lits et des services rendent les conditions de travail des personnels insupportables. « Nous n’avons plus aujourd’hui les moyens de prendre en charge nos patients dans des conditions dignes et en toute sécurité » dénonce Christophe PRUDHOMME de l’AMUF. Situation qui aura eu comme principal conséquence une surcharge de travail pour bon nombre de salariés du secteur hospitalier à l’origine les mouvements sociaux se multiplient dans de nombreux hôpitaux, parfois au-delà des services d’urgences. Une forme de grève fortement contesté par la ministre pour qui « C’est dévoyer un arrêt maladie. Je pense que ce n’est pas bien, ça entraîne une
surcharge de travail pour les autres », a-t-elle réagi
Des équipes épuisées, pour dont Patrick PELLOUX, l’emblématique président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), y voit « un tournant historique dans le conflit social » parce que « les personnels en ont tellement marre que, d’un coup, ils renoncent ».
Agnès BUZYN : de la théorie ?…
Si Christophe PRUDHOMME appel le gouvernement à « entendre notre cri d’alarme, à la veille de l’été, période toujours très difficile dans les hôpitaux » et « d’ouvrir immédiatement des négociations pour répondre aux revendications posées par les personnels ». Un appel auquel la ministre de la santé Agnès BUZYN ne semble vouloir entendre que ces propres arguments en défendant demain 10 juin devant le Sénat son projet de loi « Ma Santé 2022 » avant son vote en second lecture par les sénateurs.
« Toutes les lois santé qu’on a connues ont dégradé la situation », enchérit Christophe PRUDHOMME, de la CGT-Santé. « Il va falloir se demander si la santé est un service public ou un service marchand animé par les complémentaires santé », insiste-t-il. Si les patients ne sont pas plus en danger « aujourd’hui qu’hier ont essaie de faire le maximum » mais le danger « reste quotidien du fait des sous effectif » affirmant que le manque de lit « entraine une surmortalité tout patients confondus de 9 % et pour les patients les plus graves de 30 % » a-t-il insisté.
Parmi les cinq annonces faites ce jeudi dans un communiqué par Agnès BUZYN, figure celle d’une mission nationale confiée au député et au patron du Samu de Paris Thomas MESNIER et le Pr CARLI. Chargé de réfléchir à une « refondation d’ensemble d’évolution des services d’urgence » pour réduire la pression des urgences. Des crédits seront désormais directement fléchés pour faire face aux situations exceptionnelles telles qu’elles peuvent advenir dans ce genre de service. Ou encore une prime de coopération pour les personnels paramédicaux, dont le montant n’a pas été précisé.
Il en faudra plus pour calmer la colère, alors que les passages aux urgences -10 millions en 1996- ont plus que doublé en vingt ans. « Une mission ? Une énième ? Moi je peux la faire plus vite si cela peut aider : ça ne va pas ! » ironise Yann FLECHER, infirmier syndicaliste à Lariboisière.
De la colère aux suicide…
Au même moment, appelés par l’intersyndicale CGT, FO, Sud, CFE-CGC, les personnels des hôpitaux publics défileront devant son ministère et, en province, devant les Agences régionales de santé (ARS) pour réclamer des moyens. La Manifestations, auxquelles se joindront pour exprimer une nouvelle fois leur colère, les personnels des Urgences, en grève depuis trois mois. Beaucoup de personnels étant réquisitionnés ce jour-là, y compris des grévistes, il devrait y avoir peu d’incidence pour les patients. Les syndicats ayant promis néanmoins pour mardi « une très forte mobilisation » pour obtenir 100 000 postes pour les 1000 hôpitaux publics
Pour Christophe PRUDHOMME, la modalité d’action de Lariboisière a déjà été utilisée par les grévistes des urgences de Lons-le-Saunier et de Châlon-sur-Saône. « Quand on est dans des métiers où on est assigné pour assurer la continuité du service public, c’est parfois le seul moyen de se faire entendre », a-t-il souligné. « On n’a pas lancé de mot d’ordre, ce sont des modalités d’action qui sont à la disposition des personnels », a-t-il précisé, évoquant des soignants « épuisés ». Pour preuve aura-t-il citer en exemple le CHU de l’Hôpital saint Antoine a Paris qui manque de 400 infirmière alors que 200 aides soignante ont passé le concours alors que M. Martin HIRCH selon Christophe PRUDHOMME, aurait affirmé ne pas avoir d’argent pour payer ses promotions professionnelles.
Agnès BUZYN pour lequel son entourage rappelle que 715 M€ ont été débloqués depuis mars. Si Agnès BUZYN reconnaît à chaque intervention les difficultés du personnel, ses services rappellent aussi que les besoins ne sont pas homogènes « Par exemple, 63 % des services d’urgences accueillent moins de 6 patients par heure ». La ministre qui tente à coup sur d’oublier que l’AP-HP, aura connu neuf suicides depuis 2017 directement liés aux mauvaises conditions de travail,
« La ministre ne peut pas rester les bras croisés, elle a une responsabilité morale, il faut qu’elle accepte de négocier », a ajouté le syndicaliste. Agnès BUZYN a reconnu qu’il y avait « une très grosse fatigue des personnels aux urgences ».
« Je cherche des solutions, et je compte faire des points d’étapes avec les urgentistes (…), la ministre les verra encore les recevoir dans une quinzaine de jours pour préparer l’été », a assuré le Député Thomas MESNIER, disant comprendre « l’impatience » des soignants concernés. Après cette situation « ne ce n’est pas produite en deux mois ou deux ans, j’ai été moi médecin ». La belle affaire pas besoin d’être député pour comprendre une telle situation !!!
Stéphane LAGOUTIERE
Sources : Collectif Inter-Urgence /Intersyndicale / Ministère de la santé
Publication : 10/06/2019
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