Le Professeur SICARD présente trois nouvelles pistes pour la fin de vie des Français
Une fois de plus le débat ne fut pas simple, tout comme le rapport du Pr. SICARD qu'il vient de présenté au président de la république François Hollande dans un document de 197 pages sur la fin de vie, après cinq mois de réflexion et une dizaine de "débats citoyens".
Un sujet qui reste douloureux et/ou les Français ont tendance a vouloir oublier après les affaires tragiques de Vincent HUMBERT, Rémy SALVAT ou Anne-Marie DEBAINE... pour lequel tous lourdement handicapés avaient choisit d'en finir avec la vie ou ont demandé à un proche, de faire le geste fatal.
La question se pose donc à nouveau, La France doit-elle passer d'une euthanasie passive à celle autorisée ou encore du suicide assisté comme c'est le cas en Suisse ?
Vivre et mourir dans la dignité
Si le professeur et son équipe ont aujourd'hui effectué la mission qui leur avait été confiée en juillet 2012 par le président de la République. Ce dernier répondant ainsi partiellement à la promesse 21 du candidat « Toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée pourra demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer son existence dans la dignité ». Une promesse qui se gardait d'employer le mot euthanasie.
Si le Pr SICARD pense qu'une meilleure application de la Loi LEONNETTI serait plus judicieuse, celui-ci entrouvre néanmoins la porte au suicide assisté. Tout en restant extrêmement prudent concernant l'aide active à mourir Didier SICARD, considère néanmoins que "l'assistance au suicide peut être envisagée dans certains cas de maladie incurable et évolutive". Un document qui s'appuie également sur le témoignage de nombreux de patients et de famille, qui relève une « grande insatisfaction des citoyens face au traitement réservé à la fin de vie ».
Ce document devrait pourtant ne pas suffire à couvrir ce vaste débat qui peine à s'amorcer dans notre pays. Hors pourtant ce débat et lui au-delà de toute appartenance politique, philosophique et même religieuse ou celle-ci doit être pris en compte y compris dans une société laïque comme la France. Pourtant nombreux sont ceux qui réclame un débat y chez les personnes handicapées ou encore comme les deux mères de Vincent et Remy, Marie IMBERT et Régine SALVAT.
Et contrairement a certain qui affirme que Euthanasie, suicide assisté, droit de mourir dans la dignité... Peu importe le nom ! Le principe doit être adopté, car il s'agit d'enjeu de société. Oui il s'agit d'enjeu de société, mais tout comme d'autres questions celle-ci doit étudier avec intérêt et le respect de chacun ne rendra cette loi que plus importante aux yeux de français.
La France en retard ?
La réponse est non, même si la société française a encore beaucoup de mal à aborder le sujet qui ne vienne qu'au-devant de l'actualité par des faits divers tragiques. Celle-ci pratique comme d'autres pays européens une euthanasie dite passive. Le nœud de la question est de savoir si la France en reste à cette euthanasie passive ou bien si elle fait un pas vers l'euthanasie active pour se rapprocher de la situation néerlandaise, belge ou luxembourgeoise, pays où cet acte est autorisé, mais strictement encadré. François Hollande a, lui, toujours soigneusement évité le mot "euthanasie" tout en se déclarant favorable à une évolution de la loi LEONETTI. Cette dernière votée en 2005 avait interdit l'acharnement thérapeutique et instauré le droit de "laisser mourir" : les médecins peuvent administrer des traitements antidouleur pour soulager la souffrance au point d'avoir comme "effet secondaire d'abréger la vie".
Reste que l'absence de formation spécifique des médecins, et le manque développement encore insuffisant des soins palliatifs pour les malades en fin de vie, y compris à domicile la séparation excessive des approches curatives et palliatives dans les parcours de soins, constituent autant de pistes de progrès indispensables. Des mesures qui devraient être proposées par la ministre de la Santé et la ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur avant la fin du mois de mai 2013. Des sujets dont a pris acte le Président François HOLLANDE lors de la remise du rapport et pour lequel il souhaite que le gouvernement puisse apporter des solutions dans les prochains mois.
Trois nouvelles pistes à étudier
Si la loi LEONETTI de 2005 a certainement été une avancée celle-ci présente aujourd'hui de nombreuses comme le reconnaît le Pr SICARD l'impossibilité de répondre a l'attente à l'ensemble des Français atteints d'une maladie grave ou incurable pouvoir prendre une décision sur une fin de vie qu'il souhaiterait pouvoir disposer en toute dignité. Un constat dont François HOLLANDE a dit prendre acte également lors de la remise du rapport. Le Président de la République a donc décidé
de saisir comme la loi le prévoit le Comité consultatif national d'Éthique, afin que celui-ci puisse se prononcer sur les trois pistes d'évolution de la législation ouvertes par le rapport :
Trois pistes qui seront donc proposées et qui sont :
1. Comment et dans quelles conditions recueillir et appliquer des directives anticipées émises par une personne en pleine santé ou à l'annonce d'une maladie grave, concernant la fin de sa vie ?
2. Selon quelles modalités et conditions strictes, permettre à un malade conscient et autonome, atteint d'une maladie grave et incurable, d'être accompagné et assisté dans sa volonté de mettre lui-même un terme à sa vie ?
3. Comment rendre plus dignes les derniers moments d'un patient dont les traitements ont été interrompus à la suite d'une décision prise à la demande de la personne ou de sa famille ou par les soignants ?
Une réponse que le comité devrait donner pour la fin du premier trimestre 2013, afin comme l'avait le promit le chef de l'État en juillet dernier qu'un projet de loi puisse être étudié devant le parlement
Stéphane LAGOUTIÉRE
Publication : 18/12/2012
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