4ème baromètre de l’APF Une accessibilité en évolutions, mais loin de respecté l’échéance du janvier 2015
Alors que se soir la bonne société, réunira à l'invitation du CNPH pour ses 3ème trophée de l'accessibilité et a quelques jours de la remise du rapport de la sénatrice Claire-Lise CAMPION qui doit être remis au Premier ministre ces prochains jours. Reste qu'à moins de deux ans de l'échéance du 1er janvier 2015 dont l'accessibilité reste un des piliers de la loi de 2005, l'APF publie aujourd'hui son 4ème baromètre de l'accessibilité
avec l'objectif d'évaluer le niveau d'accessibilité des communes de France pour les personnes en situation de handicap physique. Une analyse du terrain, qui si elle permet de mesurer l'avancement de la société Française au sein des chefs-lieux départementaux reste que très partiel puisque le handicap mental, auditif et visuel n'est lui pas pris en compte. Un baromètre 2013 aura principalement qui compte cette année deux nouveauté. La première la ville de l'actuelle premier ministre, Nantes « trois fois championne » laisse la tête du classement à Grenoble ! Autre constat la moyenne nationale prend 1 point supplémentaire, passant de 12/20 en 2011 à 13,2/20 en 2012 que l'APF juge comme positif. Reste que des grandes villes comme Marseille, Besançon, Dijon, Valence ou Bobigny, ou même Paris qui arrive en 44ème positions ne sauraient masquer le retard. Une situation que l'Association et son Président Jean-Marie BARBIER a fait part aussi dans le rapport de la Sénatrice concernant ses positions et ses souhaits pour une France accessible dès 2015(cf. page 18).
Des villes en progression...
Comme dans tout constat il serait totalement faux de dire que certain n'ont pas pris conscience de l'importance de la situation. Alors que Grenoble prend la tête du classement avec une moyenne de 18,4/20 Nantes et Belfort se partagent la seconde place avec 17,4/20 de moyenne. Des chiffres qui pour certains peuvent surprendre et ne sont bien sûr que le résultat d'un calcul et sont loin d'exprimer le reflet d'une situation de circulation exemplaire. Pour les villes en queue de peloton, le résultat reste encourageant : Chaumont ferme la marche avec 7,7 de moyenne contre Bar-le-Duc l'année dernière avec 7,1. Quatre villes seulement (Chaumont, Moulins, Évreux et Digne-les-Bains) n'ont pas la moyenne, contrairement à quinze villes l'année précédente. Exprimant là une évolution minimaliste. Des chiffres qui pour mieux les comprendre sont plus compressibles en regardant l'évolution en 2010, sur les 21 chefs-lieux départementaux étaient en-dessous de la moyenne ; ils étaient 15 en 2011, et plus que 4 pour cette quatrième édition. Toujours en 2010, ils étaient 14 chefs-lieux départementaux avaient une note égale ou supérieure à 14 ; ils étaient 17 en 2011, et désormais 28. Une moyenne qui cache cependant des réalités très contrastées malgré une dynamique de fond indéniable Reste que la notation des villes concernant la « politique locale volontariste » pour lequel plus de 35 villes obtienne la note de 21 chiffre qui atteint même 62 communes au total si ont ajouté les villes dont la note se situe entre 18 et 21, reste largement constable.
Une vie quotidienne toujours très aléatoire
Un baromètre qui selon lui note parmi les points positifs, l'accessibilité des centres commerciaux est toujours louée par les personnes en situation de handicap, puisque ce type d'établissement recueille 8,93/10 en moyenne. Rappelons que ce « taux de satisfaction » s'explique par le fait que ces types d'établissement sont spécialement conçus pour faciliter la circulation des caddies. Les bureaux de poste conservent une bonne notation même si leur moyenne chute de presqu'un point par rapport à l'année passée. Deux facteurs expliquent cette tendance, le programme de rénovation des agences engagé et le nouveau mobilier intérieur qui ne répond pas à tous les critères de confort d'usage.
Les cinémas conservent leur bonne place, notamment grâce à l'apparition récente d'1/5ème de nouvelles salles sur le parc français total. Comme l'an passé, il s'agit de renouveler des prudences d'interprétations quant aux chiffres. En effet, on ne peut écarter l'hypothèse que les personnes en situation de handicap interrogées aient répondu à la question en pensant aux cinémas qu'elles ont déjà identifiés comme accessible. Ainsi, les réponses en termes d'habitudes de vie ne doivent pas augurer d'une situation générale satisfaisante. Autre point positif celui des piscines considéré comme stable, même si pour les même raisons que les cinémas il convient de se montrer prudent.
Les points noirs : les commerces de proximité et les cabinets médicaux et paramédicaux Parmi les points négatifs, ce sont toujours et encore les commerces de proximité, les cabinets médicaux et paramédicaux qui continuent d'être des préoccupations plus que prégnantes à moins de deux ans de l'échéance de 2015. La vie quotidienne ordinaire continue d'être impossible pour une immense majorité des personnes en situation de handicap : comment en toute autonomie se rendre chez un boucher, un boulanger ou un coiffeur ? Souligne l'APF dans son nouveau baromètre.
Des écoles primaires difficilement accessibles
Pour les écoles primaires, les chiffres communiqués par les municipalités demeurent stables ce qui est plus qu'inquiétant. En effet, la moyenne nationale de 52% (contre 49 % en 2011) d'écoles primaires accessibles témoigne d'une dynamique au point mort, ce qui est fortement dommageable par rapport aux enjeux fondamentaux de la scolarisation et pour réussir une pleine et entière inclusion des élèves en situation de handicap. Pour être complet, il s'agit ici de noter un léger progrès puisque seulement 1 % des municipalités interrogées n'ont pas renseigné la question, contre 8% l'année passée.
Les transports en commun reste encore le point noir
Alors que les transports reste un moyen essentiel de déplacement et d'inclusion dans la société dans lequel il vive, la personnes handicapées et bien sur leurs familles continue a percevoir de nombreuses difficultés et surtout une très grandes disparités entre les villes. Le résultat du baromètre met en exergue des réalités très contrastées suivant le dynamisme plus ou moins affirmé des collectivités. Pour preuve a deux ans de l'échéance seule 33 % des lignes de bus seraient accessibles.
Commissions Communales pour l'Accessibilité
Si toutes les Commissions Communales pour l'Accessibilité (CCA) ont été déclarées actives, 11% d'entre elles ne se réunissent que très peu, voire pas du tout. La vitalité d'une réelle politique de concertation devrait requérir une fréquence régulière de réunions avec les associations d'usagers du cadre de vie municipal (habitants au sens large, cyclistes, rollers, personnes âgées, parents avec poussettes et personnes en situation de handicap).
Logements accessibles
Pour le logement, le défaut d'implication est également récurrent pour 36 % des municipalités interrogées, 8 ans après la publication de la loi. Si le taux d'organisation d'un système de recensement des logements accessibilité, a augmenté de 54 à 64% ; 36 % de collectivités demeurent apathiques sur le sujet et ne sont guère excusables. Avec l'obligation du nouveau quota de 25% de logements sociaux, la loi DALO sur le droit au logement opposable, le caractère prioritaire reconnu aux personnes en situation de handicap dans l'attribution de logements sociaux. Reste que dans la réalité peu sont encore réellement accessible aux personnes handicapées un difficultés qui ne cesse de grandir de jour en jour.
Une association vigilante pour l'avenir...
Une situation qui pour l'APF reste mobilisée afin que l'objectif d'une France accessible soit respecté au 1er janvier 2015. Reste que si rien ne permet de connaitre les recommandations du rapport CAMPION, le précédent rapport, réalisé en octobre 2011, et rendu public par le gouvernement, en septembre dernier, proposait d'introduire des « objectifs intermédiaires d'accessibilité » pour 2015. Une situation que toutes les associations ont rappelée avec force leurs oppositions et que l'accessibilité ne pouvait être négociable. Une situation qui si elle était appliqué remettrait en cause l'inclusion dans la société auquel les dix millions de personnes handicapées et leur famille ont le droit de prétendre et serait une remise en cause du droit circuler librement, comme tout un chacun. Au final avec plus d'un point gagné entre 2012 et 2011, la moyenne nationale du baromètre témoigne d'une réelle dynamique, dorénavant ancrée dans la majorité des municipalités. Mais la question lancinante demeure la même : cela-sera-t-il suffisant pour respecter, dans les faits, l'échéance de 2015, notamment pour certains types d'établissement tels que les commerces de proximité ou les cabinets médicaux et paramédicaux ?
Stéphane LAGOUTIERE
Publication : 11/02/2013
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