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1939-45 : Un historien propose un mémorial pour toutes les victimes civiles, dont les déficients intellectuels

Handicapes mentaux au sein de l hopital psychiatrique de Clermont_de_l_oise

L'historien Jean-Pierre AZÉMA propose d'ériger un monument dédié à la mémoire de toutes les victimes civiles en France pendant la seconde guerre mondiale, dont les 45 000 malades mentaux morts de faim, dans un . Un rapport loin de satisfaire les associations ou encore l'historien Charles GARDOU qui avait d'ailleurs lancé une petition en 2013 a l'origine de ce rapport. Une polémique qui a réssurgit en 1987, après le livre de M. Lafont puis les accusations lancées dans Le Monde provoquent de vives réactions.Depuis, la polémique n'a pas cessé. Y a-t-il eu volonté délibérée des autorités d'éliminer les malades mentaux ?

Doit-on parler de "génocide", même s'il n'y a pas eu de décrets exterminatoires, ou de "simple" passivité des responsables, aux prises avec d'autres priorités dans la France occupée ? Sur les très rares clichés, insoutenables, parvenus jusqu'à nous, on voit des files d'êtres dénudés, décharnés. Comment ne pas penser, même à tort, au génocide, à l'irrémédiable ?

Chargé de dresser un état des connaissances sur le sort des personnes souffrant d'une déficience intellectuelle pendant cette période, le président du comité scientifique de la mission du 70e anniversaire de la seconde guerre mondialeJean-Pierre AZÉMA, voulait proposer des gestes mémoriels.

Il est préférable de « ne pas s'en tenir au drame vécu par les seuls malades mentaux » et de dédier un monument, qui pourrait s'élever sur le parvis des droits de l'Homme à Paris, à toutes les victimes civiles, « mortes de faim et de froid dans l'indifférence, durant l'occupation ».

« A l'entrée des hôpitaux psychiatriques qui furent en service durant la guerre serait également apposée une plaque rappelant que 45.000 malades mentaux sont morts de faim en France entre 1940 et 1945 », ajoute Jean-Pierre AZÉMA. Enfin, une commémoration officielle de l'hécatombe pourrait se faire lors de la journée nationale des personnes en situation de handicap ».

Une pétition signée par 94 000 personnes

Une pétition lancée en octobre 2013 par l'anthropologue Charles GARDOU réclamait pour sa part la création d'un mémorial dédié aux personnes handicapées « victimes du régime nazi et de Vichy ».  Adressée au président de la République, François HOLLANDE en mai 2014, cette pétition a reçu le soutien d'une centaine de personnalités et 94 000 signatures, rappelle le rapport remis le 13 octobre aux secrétaires d'Etat Jean-Marc TODESCHINI (anciens combattants et Mémoire) et Ségolène NEUVILLE (Personnes handicapées et lutte contre l'exclusion).

« Ses propositions doivent maintenant être partagées et discutées (...) afin de proposer au président de la République les gestes qui permettront d'inscrire dans la mémoire nationale le souvenir de ces victimes trop longtemps oubliées », ont indiqué les deux ministres dans un communiqué.

Le drame vécu par les handicapés mentaux a longtemps été passé sous silence, avant d'être médiatisé à la fin des années 80, rappelle M. AZÉMA. « Il s'en suivit deux décennies de débats concernant les responsabilités de l'hécatombe ».

Jean-Pierre AZÉMA : « Aucune directive qui prouverait que le régime de Vichy a bien eu l'intention d'éliminer les malades mentaux »

« L'ouvrage de référence », à ses yeux, reste celui de l'historienne Isabelle VON BUELTZINGSLOEWEN, publié en 2007. « Elle a raison de soutenir qu'il n'existe aucune directive qui prouverait que le régime de Vichy a bien eu l'intention d'éliminer les malades mentaux », écrit l'historien. Pour lui, « c'est bien la politique systématique de prélèvements considérables pratiqués par l'occupant qui rend la situation alimentaire dramatique » à cette époque.

M. AZÉMA souligne par ailleurs que le Reich « n'eut jamais l'intention de mener une opération socio-idéologique identique à T4 en France ». Aktion T4, le meurtre de masse des handicapés mentaux et physiques par le nazisme en Allemagne et dans certains pays annexés, fit entre 200 000 et 250.000 victimes et dont 71 000 furent gazé.Une thése d'absence de responsabilité loin d'être le sentiements des associations et qui va maintenant faire l'objet de discussion selon la Secretaire d'Etat au personnes handicapées, avec les divers partenaires de l'association « Mouvement pour une société inclusive », afin de proposer au Président de la République les gestes qui permettront d'inscrire dans la mémoire nationale le souvenir de ces victimes trop longtemps oubliées.

La Rédaction / Avec AFP

 

 

 

Catégorie : SOCIÉTÉ & FAITS-DIVERS
Publication : 20/10/2015

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