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Un sans-abri gravement handicapé meurt à Paris faute d’un manque de places d’hébergement d’urgence

Le refuge qui de 29 places pour acceuillir les personnes a mobilite reduite Association les Oeuvres de la Mie de Pain

Notre société aurait telle perdu les valeurs d'humanité et de solidarité ? Nous aurions pu croire que les événements de ces dernières semaines nous avaient fait croire que non ! Pourtant hier un homme âgé de 66 ans a été retrouvé mort dans un parking à Paris, en pleine vague de froid dans la capitale. Originaire d'Europe de l'Est pour étudier à Paris, qui parlait français « avec un fort accent » était tombé dans la précarité « très probablement à la suite d'un non-renouvellement de titre de séjour ». Raconte Cédric LAUTARD, de l'association Les Enfants du Canal, qui lui venait en aide. Un homme souffrant d'une exclusion sociale, mais aussi par son handicap !

Chaque soir des dizaines de sans-abri échouent à trouver un lit

Cet homme malade et même lourdement handicapé souffrant entre autres, de problèmes rénaux, avait de longues années de solitude et d'isolement, ayant refusé pendant longtemps une place d'hébergement, « ayant changé d'avis récemment », explique Cédric LAUTARD, sa santé lui avait fait « acceptait le fait qu'il fatiguait, et attendait cette place ». Mais les semaines ont passé et aucune réponse positive ne lui est parvenue, jusqu'à son décès dans un parking souterrain situé rue de Matignon dans le très cossu VIIIe arrondissement. Un homme qui représente le 14e décès à la rue en Ile-de-France depuis le 1er novembre, selon la préfecture dont sept dans la capitale.

Un cas qui n'est pas unique déjà en 2013 le cas d'un homme Dominique B. en fauteuil résidant a Melun est SDF depuis au moins cinq ans avait fait la une des journaux locaux. Résidant à l'adresse du CCAS (centre communal d'action sociale) de Melun, passage Lebarbier, il espère un logement. En attendant, il affirme ne pas pouvoir aller à la Croix-Rouge, ni au Sentier, deux associations qui proposent pourtant des centres d'hébergement. « Quand on est en fauteuil, on ne peut pas. Alors je mange froid, je dors dans le froid... », soupire-t-il.

« L'urgence de place supplémentaire »

« On essaie de mettre à l'abri les personnes les plus vulnérables », explique Éric Pliez, directeur du Samu-social de Paris. Il y a environ, chaque soir, 320 demandes non pourvues, dont 75 la nuit au 115 en Île-de-France, selon les chiffres de la préfecture de Paris et d'Ile-de-France.

Au niveau national, « faute de moyens », le 115 « ne répond qu'à une demande sur deux », déplore la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) qui regroupe 870 structures. Cette fédération qui avait alerté le gouvernement dès octobre, lui demandant de ne pas attendre la période hivernale pour ouvrir des centres d'accueil créee avec financement participatif et l'association la Mie de Pain.

Pour le directeur du Samu-social, le cas de ce sans-abri, qui se déplaçait difficilement, reflète aussi la situation des « personnes handicapées qui ont encore plus de mal à être hébergées. Il faut créer des places et adapter des places à ces publics ».

Une prise en charge pour ces personnes vulnérables pourtant indispensable. Les sans-abri étant souvent confrontés a plus au moins long terme par les maladies ou l'invalidité causé souvent par l'excès d'alcool ou de drogue. Une urgence que les gouvernements doivent prendre en compte et qui reflète parfaitement le fait que le vieillissement des populations en situation de handicap et aujourd'hui partiellement délaissé dans la politique sociale. « On s'habitue à ce qu'ils vivent et meurent sous nos yeux », dit Cécile ROCCA de l'association les morts de la rue, « C'est juste un peu plus dur l'hiver ».

Les lieux commence a voir le jour comme ceux, le Refuge dispose depuis 2014, parmi 360 pour acceuillir les personnes en grandes précarité, 29 chambres ont été réservées à des personnes à mobilité réduite grace à l'association La Mie de Pain. Des personnes sans domicile fixe, souffrant également de handicaps divers : sensoriels (non-voyants ou sourds-muets) ou moteurs (en fauteuil roulant ou se déplaçant avec une canne). Mais encore largement insufisante.

7 % des sans domicile fixe touche l'AAH

Pour rappel selon une étude de l'Insee publié en avril 2014, seul 7 % des sans domicile fixe (SDF) perçoivent cette prestation. Ils seraient ainsi 66 300 SDF adultes francophones, ayant recours à des services d'hébergement et de distribution de repas, dans les agglomérations de 20 000 habitants et plus. Parmi eux, plus de 4 600 touchent l'AAH.

Vivent-ils dans la rue parce qu'ils sont en situation de handicap et que leurs ressources ne leur permettent pas de payer un loyer ? Où sont-ils devenus handicapés parce qu'ils vivent dehors, dans des conditions très difficiles ? L'étude ne permet pas de le savoir. Une certitude les allocataires de l'AAH (près d'1 million au total) sont proportionnellement trois fois plus nombreux chez les SDF (7 %) que dans la population française âgée de 18 ans et plus (2,4 %).

Stéphane LAGOUTIERE/Avec l'AFP

 

Catégorie : SOCIÉTÉ & FAITS-DIVERS
Publication : 21/01/2016

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