Les victimes de la Dépakine portent plainte en justice pour connaître les responsables de ce scandale sanitaire
l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant (APESAC) a annoncé à travers la voix de sa présidente Marine MARTIN, dans un communiqué diffusé le 21 septembre avoir déposé une plainte par l’un de ses avocats Me Charles Joseph-Oudin, avec constitution de partie civile, afin d'obtenir l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge, afin d'établir les responsabilités dans ce dénonce comme « scandale sanitaire » après notamment l’affaire du médiator. Un scandale qui semble il a déjà commencé, à dépasser les frontières. Depuis 2014, de nombreux pays européens ont mis en garde contre les risques et certaines familles envisagent de recourir à la justice.
Des risques connus pour le fœtus...
S’il semble avéré que les risques étaient connus depuis les années 1980 il aura fallu attendre 1990 avec les risques neurologiques et d’autisme puis 2006 soit déconseillé aux femmes enceintes dans la notice. Une incompréhension pour l’association d’autant que ce médicament se relever pourtant parfois indispensable chez certains patients souffrants d’épilepsie. Il faudra attendre huit ans supplémentaires pour que l’Union européenne en novembre 2014 répertorie l’ensemble des risques encourus par ces femmes.
Commercialisé par le laboratoire Sanofi depuis 1967, mais également sous forme de générique, cette molécule, le valproate de sodium. L’association accuse l'état, les médecins et le français Sanofi d’avoir pris trop de temps pour informer les patients sur les risques et d’avoir exposé volontairement ces femmes enceintes entre 2007 et 2014. Une femme enceinte dont le risque serait de l'ordre de 10 % concernant des malformations congénitales, mais également un risque élevé d'autisme ou de retards intellectuels et/ou de la marche, pouvant atteindre jusqu'à 40 % des enfants exposés.
Des risques pour les fœtus que le Ministère de la Santé et Marisol TOURAINE à reconnu fin août que plus de 14 000 femmes enceintes avaient été « exposées » entre 2007 et 2014 et annoncé la mise en place d'un dispositif d'indemnisation des victimes. Le ministère qui a également promis dans les six mois un dispositif permettant de prendre en charge « en totalité » par l'Assurance maladie les soins des patients reconnus dans le cadre d'un « protocole de dépistage et de signalement ».
L’APESAC annonce plus de 50 000 enfants concernées
Si une première étude a été publiée par l’agence du médicament le 24 août 2016, celle-ci n’a précisé que le nombre d’enfants nés vivants avec le traitement, mais pas le nombre de victimes des chiffres qui devrait être connu fin 2016 selon Dominique Martin, le directeur général de l'ANSM. « Reste que le chiffre et les risques publiés par l’association semblent vouloir lui donner raison » souligne Me Charles Joseph-Oudin.
« Malgré des plaintes individuelles de plusieurs familles, déposées il y a seize mois pour certaines, à ce jour, aucune date n'a été communiquée concernant une quelconque information judiciaire ». Une plainte dont l’association annonce vouloir qu’elle vise à ce « qu'une information judiciaire soit ouverte et qu'un juge d'instruction soit nommé ». l'Apesac qui souligne qu’après 50 ans d’utilisation de ce médicament chez les femmes enceintes il est aujourd’hui « urgent qu'une enquête indépendante soit diligentée pour comprendre comment (...) la Dépakine et ses dérivés ont continué d'être majoritairement prescrits chez des femmes enceintes ».
Pour sa part Sanofi France fait valoir pour sa part « avoir toujours respecté la loi », et « qu'il a essayé depuis 2003 de modifier les instructions de la réparation et blâme l'agence du médicament pour les retards » et note également que, « même après 2010, les médecins ont continué de prescrire le Depakine ».
Sa présidente, Marine MARTIN qui souhaite que cette plainte puisse face « a l’ampleur de nouveau scandale sanitaire (...) impose qu’une information judiciaire soit ouverte dans les meilleurs délais afin de faire toute la lumière sur l’ensemble de ces faits et permettre aux victimes de comprendre comment il a été possible d’arriver a telle situation dramatique »
Stéphane LAGOUTIERE
Sources : APESAC
Publication : 22/09/2016
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