Le contrôleur des prisons Adeline HAZAN, s’inquiète de la situation des conditions des personnes handicapées et âgées
Publié au journal officiel ce 22 novembre, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline HAZAN, . Une situation dont la France avait fait l’objet de remarques l’union européenne, et dont l'ancien député (PS) de Loire-Atlantique, Dominique RAIMBOURG avait déjà remis resté sans suite. Adeline HAZAN, qui attend désormais la réponse de la ministre de la justice et de la ministre des solidarités et de la santé, a qui elle a transmis ces observations.
Prison : Des situations inquiétantes et dégradantes…
Un hémiplégique qui doit compter sur l'aide de son codétenu pour parvenir à son propre lit, un détenu en fauteuil roulant qui ne peut accéder au coin sanitaire de sa cellule à cause d'une marche, un homme âgé de plus quatre-vingts ans, sénile qui n'est en mesure de répondre aux questions. Autant de situations mises en avant dans cet avis publié par le contrôleur des prisons et réalisé dans le cadre d’une enquête au centre de détention de Bedenac. Une visite qui a donné lieu à la rédaction d’un rapport d’enquête mais aussi comme le montrent ces photos.
Si le handicap et l’âge ne constituent pas en soi des causes d’incompatibilité avec la détention, il revient à l’administration pénitentiaire de prendre en charge ces personnes en tenant compte de leur dépendance et de leurs besoins. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pour qui précise être « fréquemment alerté sur les conditions de détention de personnes en situation de dépendance due à l'âge ou à un handicap ». Une situation pour laquelle, souligne telle « il est indispensable de se poser la question de la poursuite de l’incarcération, au regard du sens de la peine et de la prévention des traitements inhumains ou dégradants » souligne Adeline HAZAN.
Accessibilité : « Une prise en charge adaptée » en milieu carcéral…
En 2014 le député Dominique RAIMBOURG avait alerté sur la situation la garde des Sceaux, Christiane TAUBIRA, sur la surpopulation carcérale, on ne peut s’inquiéter que du laxisme des divers gouvernements concernant les handicapés en établissement pénitentiaire. « On ne peut pas faire vivre des personnes handicapées trop longtemps dans de telles conditions surtout dans des cellules inadaptées. La prison n’est pas facile pour une personne valide, elle l’est encore plus pour un prisonnier en situation de handicap », indiqué le député Dominique RAIMBOURG.
Quatre ans plus tard la situation n’a guère évoluer. Pourtant comme le précise Adeline HAZAN « Une prise en charge adaptée suppose un repérage pertinent des situations et des besoins, à l’arrivée et pendant l’incarcération. Au-delà des aménagements matériels c’est toute l’organisation de la vie en détention qui se révèle souvent inadaptée aux besoins des personnes et qui doit faire l’objet de mesures particulières ».
Les mesures de sécurité sont une source d’anxiété particulière. Pour les fouilles intégrales, aucune instruction de la direction de l’administration pénitentiaire ne décrit les modalités techniques de leur réalisation sur des personnes détenues handicapées ou âgées. Des directives de l’administration pénitentiaire doivent venir préciser les gestes à réaliser lors des fouilles de personnes dépendantes et handicapées.
Des aménagements humains et techniques nécessaires….
Les établissements plus anciens n’étaient à l’origine pas conçus pour recevoir les personnes à mobilité réduite. Des aménagements ont été réalisés ici ou là pour adapter les conditions de détention. Les personnes restent néanmoins souvent démunies face à l’étroitesse des portes ou la présence d’escaliers par exemple. Le contrôleur prenant pour exemple des boutons d'appel, des postes téléphoniques ou des rangements inaccessibles pour des personnes à mobilité réduite. La CGLPL souvent également « saisie par des personnes ayant des difficultés à se procurer des protections urinaires ».
Des aménagements techniques dont la notion qui avait été pourtant prise en compte, en 2005 puis 2009 dans le cadre des restructurations des prisons, qui prévoyait que 3% des places pour personnes à mobilité réduite sont prévues. Une situation qui prouve que, plus que jamais il y a urgence car en l’état actuel des choses et pour des raisons techniques et de personnel, la sécurité des détenus handicapés ne peut être assurée efficacement. Tout reste encore à faire.
Dans son communiqué le contrôleur rappelle qu’un accompagnement humain peut être nécessaire pour certains gestes de la vie quotidienne. Les établissements pénitentiaires peuvent solliciter les dispositifs de droit commun, mais en pratique les personnes détenues concernées sont davantage aidées par un codétenu (45 %) que par un intervenant extérieur (32 %), et une part importante n’est pas prise en charge (23 %). Pourtant dès que la situation de dépendance est reconnue, « l’assistance par un organisme d’aide à domicile doit être mise en œuvre pour assurer une prise en charge sanitaire effective et des conditions de détention dignes. L’assistance d’un codétenu ne saurait être considérée comme satisfaisante » recommande Adeline HAZAN.
Un manque de statistique…
Le contrôleur qui s’inquiète également dans son rapport du manque de statistique sur le nombre de personnes handicapées de personnes en situation de handicap détenu au sein des prisons françaises les derniers chiffres datant de 2013 qui comptait 329 détenus en situation de handicap présents dans les établissements pénitentiaires selon l'Observatoire international des prisons. Seule indication en 2017 il y avait en prison 2 823 personnes âgées de plus de 60 ans, huit fois plus qu'en 1980, selon des chiffres donnés par la CGLPL.
Mme Hazan qui souhaite que cet avis puisse attirer de la Garde des Seaux « sur les atteintes aux droits fondamentaux des personnes âgées ou atteintes de pathologies invalidantes et posé la question du sens de leur maintien dans les établissements pénitentiaires ». La CGLPL qui recommande notamment, s'agissant des personnes handicapées et des personnes âgées de plus de 70 ans « soit renforcé », et que l’incompatibilité avec la détention ne soit pas uniquement au regard de l’état de santé de la personne concernée, « mais aussi au regard de ses besoins et des réponses possibles en matière d’accompagnement, d’accessibilité et le cas échéant de sa capacité à percevoir le sens de la peine pendant son incarcération ».
L’État condamné a plusieurs reprises…
Preuve en est puisqu’une personne handicapée avait connu des conditions exécrables durant son incarcération, en 2009, à la maison d’arrêt d’Amiens. L’État avait alors été condamné à verser 10 000 € de dommages-intérêts pour des cellules de maison d’arrêt sur occupée et non accessible. On pouvait alors penser à une prise de conscience. Malheureusement, cela n’a pas été le cas.
Autre exemple plus récent avec la condamnation de l’État le 23 juillet 2014, condamné à verser 100 000 € à la famille d’Aliou THIAM. Ce dernier avait succombé à un arrêt cardiaque après trois crises d’épilepsie. Il faut encore regretter qu’au XXIe siècle, rien ne soit mis en place et cela malgré l’obligation pour les prisons de 2005 de disposer de, 3% des places pour personnes à mobilité réduite.
Stéphane LAGOUTIERE
Sources : CGLPL.
Publication : 22/11/2018
Adhérez à l'association
Articles en relation
Un élève en situation de handicap agresse au couteau son professeur de musique à Benfeld dans le Bas-Rhin
Une fois de plus les monde de l’Education national aura été frappé par une agression, après la mort des Professeurs Samuel PATY, et Dominique BERNARD. Ce matin dans le Bas-Rhin au collège Robert Schuman à Benfeld vers 8h. Une enseignante a été poignardée par l'un de ses élèves dans le couloir du collège. Un agresseur âgé de 14 ans, qui vivait désormais dans un foyer et était accompagné au collège en tant qu’élevé en situation de handicap et connu pour ces gouts « nettes au nazisme ».
Un homme de 46 ans paraplégique et en fauteuil mortellement blessé dans le 9e arrondissement à Lyon
Mais ou va ton ? Après nos enfants, les séniors, c’est à nouveau, car cela n’est pas une première, une personne handicapée qui est décédé à la suite de son agression. La victime née en Irak en 1979 âgé de 46 ans de confession Catholique, a été tué près de son immeuble connecté sur TikTok. L’homme paraplégique en fauteuil roulant a été frappé au à la gorge et décédés dans la nuit du 10 au 11 septembre dans le quartier Gorge de Loup de Lyon, une demi-heure, après l'arrivée des secours.
Une jeune fille âgée de 11 ans autiste perd la vie par noyade en Seine-et-Marne face à mauvais encadrement
Hier après-midi une petite fille en situation de handicap et souffrant de trouble autistique est décédé de noyade au sein du Base de loisirs Wam Park de Fontainebleau à la Grande-Paroisse, en Seine-et-Marne. Un drame qui intervient alors que celle-ci était encadré par éducateur. Il s’agit ainsi en une semaine du troisième décès par noyade en situation de handicap. Une enquête a été ouverte par le parquet. Accident, ou manque de vigilence, manque de réglementation ?
Incendie dans un EPADH à L’Isle-Jourdain dans le Gers provoque 17 blessés parmi ces résidents
Dans la nuit de dimanche à lundi au cœur de l’EPADH Saint Jacques situé sur la commune de L’Isle-Jourdain dans le département du Gers, près de Toulouse dans le Gers. Un incendie provoqué selon le commandant des pompiers qui serait partie d'un matelas. Un incendie qui aurait blessés dix-sept résidents dont trois en urgence absolue. Incendie qui aura mobilisé 70 pompiers et 25 véhicules du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS). L'établissement et son directeur Olivier GRANOWSKI, accueillant des personnes âgées dépendantes et des retraités âgés entre 70 et 90 ans.
Un mort et un blessé grave dans à Bévillers dans le nord : Un drame entre un père et les services de l’UDAF
Un drame est survenu le 30 juillet dernier soir dans le Nord à Bévillers une petite commune de 550 habitants située à quelques kilomètres de Cambrai. Deux intervenants de l’UDAF du Nord ont été pris pour cible alors qu’ils accomplissaient leur mission auprès d’une personne en situation de handicap. L’un d’eux a perdu la vie, l’autre est grièvement blessé. Le père qui avait pris la fuite avec son fils handicapé, été connu par son entourage avec un profil fort inquiétant.
Des Agents de l’Inspection du Travail et de l’URSSAF victime de violence à la Foire du Trône
Le 11 juin dernier, plusieurs inspecteurs du travail ainsi que des inspecteurs de l'Urssaf ont été victimes d'un incident grave dans le cadre d'une action coordonnée de contrôle des opérations de démontage des différentes attractions de la Foire du trône à Paris. Face à cette agression inadmissible, Catherine VAUTRIN et Astrid PANOSYAN-BOUVET ont souhaité les recevoir pour leur manifester leur soutien et leur témoigner de leur confiance renouvelée, aujourd’hui 8 juillet 2025.
