La ministre de la Santé cède et annonce une nouvelle enquête pour les bébés nés sans bras notamment dans l’Ain
Agnès BUZYN aurait-elle plié aux demandes du Président de région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent WAUQUIEZ, qui se dit « Préoccupé par de multiples cas de malformations de nouveau-nés dans l’Ain », ou encore la députée écologiste Michèle RIVASI ? Peut probable…La ministre a déclaré "Grand jury" RTL-Le Figaro-LCI, que de nouvelles investigations ont été lancées pour déterminer l’origine des cas de malformations de bébés nés dans l’Ain. Désavouant ainsi François BOURDILLON , directeur général de l'agence sanitaire, qui affirmait il y a deux semaines « Il peut y avoir un débat scientifique, mais il y a eu une investigation et on ne peut pas considérer que Santé publique France nierait l'existence de signaux ».
Un mystère qui demeure…
Une situation qui selon la ministre ne peut pas rester sans réponse jugée « insupportable », pour les familles, un sentiment partagé son collègue François de RUGY, ministre de la Transition écologique.qui aura twitté « Bébés nés sans bras : s’en remettre à la fatalité n’est pas acceptable ». Des ministres qui auront, semble-t-il néanmoins en partie entendu les craintes de « possibles causes environnementales (…) raison pour laquelle nous avons décidé de relancer une enquête avec l'Anses et Santé publique France pour avoir des "regards croisés" de médecins et d'experts de l'environnement », a indiqué Agnès BUZYN et de permettre ainsi au monde scientifique « de trouver des réponses satisfaisantes à cette situation » aura insisté la ministre de la Santé.
Environ 150 cas par an en France…
À la suite de plusieurs alertes jugées anormales notamment par le registre des malformations en Rhône Alpes (REMERA) des 7 cas rapportés dans l'Ain né entre 2009 et 2014, et de celle réalisée sur deux signalements d’agénésie des membres supérieurs survenus en Loire-Atlantique entre 2007 et 2008 et les quatre nées Bretagne entre 2011 et 2013. L’Agence France sanitaire avait procédé pour ces cas à deux formes d’investigations, celles-ci ne trouvent rien à d’autres à affirmer que ce nombre de naissance était « conforme à la moyenne nationale » pour l’Ain. À l'inverse, il y a bien eu, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais sans cause identifiée. Selon Mme Agnès BUZYN, il y aurait « entre 80 et 100 naissances par an avec des malformations de membres » en France.
L’agriculture soupçonnée…
Des malformations qui peuvent il vrai avoir des causes diverses tant génétiques même si elles sont plutôt rares, les autorités sanitaires ne parviennent pas à définir des hypothèses qui permettraient d'expliquer le phénomène et dont les origines peuvent être liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques. Comme des médicaments comme la thalidomide, un anti-nauséeux destiné aux femmes enceintes, responsable entre 1955 et 1963 plusieurs centaines d’enfants sont naît notamment aux USA et en Europe. La France qui n’aura connu que très peu de cas le médicament n’étant pas commercialisée à l’époque. Un scandale qui sera à l’origine de la création du centre mondial de pharmacovigilance, aujourd'hui basé à Uppsala en Suède.
Pour certains élus écologistes comme la députée européenne Michèle RIVASI spécialisés dans les scandales sanitaires, la pharmacovigilance et la santé publique et environnementale qui a tenu une conférence de presse sur ce sujet le 18 octobre dernier pour qui « Une nouvelle fois, dans cette affaire, les autorités publiques sont dans le déni, Santé publique France estimant lors d'une réunion sur la question, en 2016, que ces anomalies sur ces enfants sur 3 territoires différents sont certainement le fait du hasard. Comme pour le sang contaminé, la Dépakine ou le scandale du Lévothyrox, on assiste toujours à un défaut d'information et de transparence sur les données de santé et l'usage qui en est fait. C'est cela qui explique la faillite de notre système de surveillance et les critiques répétées et légitimes sur la démocratie sanitaire ».
Les écologistes qui comme l’avaient demandé sur twitter Yannick Jadot se réjouissent de l’annonce de la ministre Agnès BUZYN qu'il était « hors de question d'arrêter la subvention des registres » y compris du Remera dirigé à Lyon par Emmanuelle Amar, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France, au centre d'une polémique scientifique. Alors que la région a elle décidé de mettre fin à ces subventions. Soutenues notamment par les ex-ministres Corinne LEPAGE et Delphine BATHO, l'annonce d'une nouvelle enquête est « une grande avancée », s'est félicitées Mme Amar auprès de l'AFP. Cependant, a-t-elle estimé, « on ne doit pas demander à Santé publique France de mener cette enquête. On a beaucoup de scientifiques indépendants de qualité en France. Il faut évidemment que l'on rassemble des gens qui n'ont pas été partie prenante de la polémique ». C’est pourtant vers quoi ce tourne les deux ministres !
La Rédaction
Publication : 22/10/2018
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