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Le tribunal de Turin condamne les industriels de l’amiante à 16 ans de prison

Famille et victime amiante italienne resultat verdict

Avec près de 3000 morts en Italie et plusieurs milliers de malades, la justice italienne n'aura cette fois pas répondu aux pressions quelconques. Après trois ans d'instruction, plus 6000 parties civiles et 53 audiences, les deux accusés du procès du drame de l'amiante, l'ex-propriétaire du groupe suisse Eternit, Stephan
SCHMIDHEINY et le baron belge Jean-Louis de Cartier de MARCHIENNE âgé de 64 et 90 ans, ont été reconnus coupable. Une peine de 16 ans de prison, mais surtout l'indemnisation de l'ensemble des parties civiles : victimes, municipalités, région, associations et dont le montant total serait selon les calculs de la défense de 250 M€. Une condamnation qui met fin et reconnaît a l'un des plus grands scandales de santé similaire à celles du sang contaminé en France ou plus récemment a celle du médiator.

Un résultat qui justifie les paroles quelques jours plus tôt de Me Michel Ledoux avocat d'Andeva, « On se moque souvent de la justice italienne, que l'on accuse d'être fagotée à la mafia. Mais aujourd'hui, elle fait honte à notre propre système qui n'est pas capable de mener une instruction correcte ».

Une victoire comme l'affirme dans son communiqué la FNATH aussi pour « toutes les victimes de cette catastrophe industrielle et environnementale qui s'est perpétuée sur plus d'un siècle ». Faut-il croire pour autant que premier procès pénal de l'amiante puisse convaincre les pouvoirs publics et les politiques face à la pression et les lobbies des grandes entreprises ou industrie pour échapper à la Justice ? Cela reste peu probable, s'il est vrai que la criminalité industrielle et environnementale apparaît désormais comme un réel trouble à l'ordre public, sa reconnaissance et sa condamnation par les victimes restent encore un chemin très loin et difficiles et encore plus domaine de la santé.

Un procès à prendre en exemple pour les associations

En France 15 ans après le début d'une instruction toujours en cours, s'il vrai que la réunion de tous les éléments nécessaires peut prendre du temps, celui-ci commence à être long. Alors et t-il est impossible de savoir quand le procès aura lieu en France ?. Pour l'auteur de l'ouvrage Amiante, l'improbable scandale paru en 2007, Emmanuel HENRY et enseignant en sciences politiques, si l'enquête s'éternise, c'est aussi parce qu'il n'y a pas de moyens en France pour ce genre de procédure. Même si l'on reconnaît que l'amiante a fait des ravages, la justice pénale dispose de trop peu de moyens pour enquêter sur ces questions. Il faut donc espérer que ce procès crée un déclic au sein de l'opinion et parmi les décideurs politiques. Il pourrait notamment permettre aux victimes de réaliser que ces questions ne sont pas sans issue.

Manifestation de l'association nationale de defense des victimes de l'amiante (Andeva) d'octobre 2008©FHI / SIPA Ce que la Fédération nationale des accidentés de la vie (fnath) attend de ce procès pour la France, précise son porte-parole, « c'est la démonstration que l'État, le ministre de la Justice et le Parquet s'inspirent de cet exemple italien pour que les victimes de l'amiante et leurs familles ne soient pas toutes décédées ou trop âgées pour que leurs plaintes, déposées, il y ait plus de 15 ans, aboutissent, enfin, à un procès pénal de l'Amiante en France avec des accusés encore en vie ».

Pour Jean-Paul TEISSONNIERE, interrogé sur la situation des victimes de l'amiante en France et l'Italie, craint une inégalité de traitement des victimes entre la France et l'Italie. « Parce que contrairement à ce qui se passe en France, les parquets italiens sont indépendants du pouvoir politique et donc très efficaces », précise l'avocat français. L'Association française des victimes de l'amiante espère ainsi que cette condamnation lourde en sonne « comme un avertissement pour tous ceux qui ont fait passer le profit avant la santé des ouvriers ».

Affaire à suivre...

L'exemple sera-t-il pris au sérieux par la France, cela reste possible surtout pour la France ou des pays de l'Union européenne, s'agissant en effet de l'Italie troisièmes puissances économiques européennes. Le second point concerne les industrielles et les responsables politiques des pays du Sud qui utilisent encore massivement l'amiante à tirer rapidement les conséquences d'une telle décision.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Catégorie : ITALIE
Publication : 13/02/2012

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La Rédaction

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