Les Comédiens de la Compagnie Catalyse présent dans la pièce : L'Empereur de Chine
|
Comédiens professionnelles a part entière ces artistes nous montrent une fois de plus que le monde de l'art doit et peut être accessible a tous ! Leurs réponse nous font comprendre leur amour de l'art et la façon parfois extraordinaire qu'il ont de transcrire les volonté et de respecter sans préjuger aucun le travail de l'auteur comme pour cette pièce de Georges Ribemont-Dessaignes a consacré toute sa vie au mouvement Dada... |
|
F.H.I / Jessica Roumeur --- Pourriez-vous me parler de vous, de votre métier ? C'est quoi, pour vous, être acteur ? Qu'est-ce qui vous plaît dans le théâtre ? Claudine --- Etre acteur c'est répéter les textes, jouer devant les gens. Christian - On joue. On joue bien, devant les gens. On dit des textes, on les apprend. Jean-Claude --- Etre acteur c'est jouer son rôle, dire son texte, être sur scène. Il faut aussi être en forme pour pouvoir bien jouer. Yvon --- Quand on fait du théâtre, on a un outil de travail, c'est le corps. C'est très important le travail du corps, ça assouplit. Quand je suis arrivé à Catalyse j'étais beaucoup moins souple que maintenant. Claudine --- Quand nous sommes entrés à Catalyse, nous n'étions pas souples du tout ! C'était dur dur ! F.H.I / Jessica Roumeur --- Que préférez-vous dans ce métier ? à l'unisson : Jouer ! Anne - Moi ce que j'aime c'est jouer ! J'aime rencontrer le public, discuter avec les gens. On rencontre beaucoup de gens. J'aime les tournées, voyager, prendre le train, changer de coin. Tous ces voyages nous permettent de ne pas rester enfermés au pavillon. Ça change les habitudes. On bouge beaucoup. J'aime être applaudie, avoir des souvenirs. Ça arrive qu'on nous offre des cadeaux, des tee-shirt par exemple. Christelle --- J'aime l'apprentissage des textes, mais surtout, être sur scène : c'est le meilleur moment. J'aime beaucoup jouer devant le public, porter des costumes, dire les textes. J'aime être applaudie. Voyager. Voir des paysages. Jean-Claude --- J'aime jouer et aller voir d'autres pièces, ça m'apprend à bien jouer, à m'améliorer. Jouer devant le public c'est bien. J'aime bien parler de nos spectacles, lorsqu'il y a des rencontres avec le public. F.H.I / Jessica Roumeur --- Y a-t-il des choses que vous n'aimez pas dans le théâtre ? Anne - La seule chose que je n'aime pas c'est lorsque je me trompe dans le texte. Mais en général, j'aime tout dans le travail, du début jusqu'à la fin. Christelle --- Les bruits ont tendance à être plus forts au théâtre. Il y a beaucoup de travaux lors des créations et donc beaucoup de bruits (perceuses...). Mais j'aime tout dans le théâtre ! J'adore jouer ! Jean-Claude --- C'est dur quand on a mal joué. Yvon --- Je n'aime pas les rendez-vous avec le public. J'ai horreur de ça ! Je me dis qu'on nous voit sur scène et que ça devrait suffire... Alors pendant ce genre de rencontres, je vais tranquillement fumer ma pipe. F.H.I / Jessica Roumeur --- Qu'est-ce qui te dérange dans ces rendez-vous avec le public ? Yvon – Je me dis que j'ai la grosse tête... J'ai peur d'avoir la grosse tête. C'est pour ça qu'après avoir joué, je n'aime pas me montrer à nouveau... F.H.I / Jessica Roumeur --- Pourriez-vous me parler de Madeleine Louarn ? Comment cela se passe entre vous ? Jean-Claude --- Madeleine c'est la metteur en scène. Avec elle on répète des scènes, on fait des raccords, des filages... Avec Madeleine il faut que ça marche, il faut être concentré. Christian - J'aime bien travailler avec elle. C'est une bonne metteur en scène. Des fois elle râle. C'est la chef ! Anne --- On s'entend bien, sauf quand il y a des « coups de gueule ». Ça arrive parfois. On aime faire la fête avec elle. Une fois avant de jouer, à Tarbes, on a fait la danse des canards. C'était rigolo ! Christelle --- On s'entend très bien avec Madeleine, sauf quand je ne suis pas concentrée par exemple. Moi aussi j'aime bien rigoler avec Madeleine. Claudine --- Madeleine on ne la voit pas tout le temps. Elle vient au gymnase de temps en temps pour travailler avant de partir en tournée, avant un spectacle. On travaille plus avec elle quand on est ailleurs, en répétition. J'aime beaucoup travailler avec elle. On se connaît depuis longtemps. Yvon ---Quand on travaille avec Madeleine, j'ai plus peur de me tromper. J'ai un peu plus la pétoche ! Quand on travaille ensemble, je voudrais que tout soit bien, ne pas me tromper dans le texte. Il faut rester concentrés tout le temps, c'est pas toujours facile mais c'est important, et après avoir beaucoup travaillé, on est contents de nous ! Madeleine parle beaucoup aussi ! F.H.I / Jessica Roumeur --- Elle est bavarde ? Yvon - Non, quand même pas ! Mais elle nous demande souvent de recommencer. Claudine --- « Non c'est pas ça, recommencez. Non c'est pas ça, écoutez... » Et quand c'est bien elle nous dit : « Oui, ça c'est bien recommence », ou « Bravo il faut continuer comme ça » ! F.H.I / Jessica Roumeur --- Comment vivez-vous les représentations ? Anne – Avant de monter sur scène j'ai le trac, j'ai peur de me tromper dans le texte, la peur de mal faire. Mais après ça passe ; à chaque fois c'est une grande joie de jouer. Christelle - J'ai aussi le trac mais une fois sur scène ça va mieux. Ça procure beaucoup de plaisir. J'aime être applaudie. Yvon --- Je sais quand je joue bien et quand je joue mal. Quand j'ai mal joué... Je file et on ne me voit plus ! Je me cache ! Je ne reste pas auprès de Madeleine ni des autres, je suis trop écoeuré de moi-même. Quand j'ai bien joué, j'aime bien être avec les autres et avec Madeleine pour profiter ensemble de notre bonne humeur. J'espère que L'Empereur de Chine va tourner beaucoup... c'est mon dernier spectacle alors je voudrais le jouer le plus longtemps possible !
|
F.H.I / Jessica Roumeur --- Pourriez-vous me raconter l'histoire de L'Empereur de Chine ? Yvon - L'Empereur de Chine ça parle de la guerre. Claudine --- Et beaucoup de la mort. Yvon --- Trop ! C'est une pièce assez dure. Il y a des cadavres, des têtes coupées. Il faut s'accrocher. La mort, la mort... au bout du compte on va tous mourir ! F.H.I / Jessica Roumeur --- Pourtant vous jouez tous les deux des personnages assez drôles...? Claudine – Je suis Equinoxe et Yvon joue Ironique. Ce sont deux rigolos, ils font beaucoup de blagues. Ils sont un peu clown ! Yvon – Ce sont des extraterrestres. F.H.I / Jessica Roumeur --- Pourriez-vous chacun, me parler de vos personnages ? Jean-Claude - Je joue plusieurs rôles : Espher, Le Dieu de la Guerre (le Ministre de la Guerre), la Sage-femme et le mourant. Espher devient Empereur et se suicide. C'est un justicier, quelqu'un de calme. Je le vois comme un dieu, comme Arès, le dieu de la guerre. C'est aussi le père d'Onane. Christian --- Je joue le Chef des écritures, et je dis : « 25 douzaines de B ». Il distribue les lettres. Il lance « la matière première ». Je joue aussi le serviteur de la chambre de l'Empereur. C'est le gardien. Anne --- Verdict est un personnage qui tue tout le monde. Il est embauché par les vieillards pour tuer les gens. Au début il ne connaît pas Onane, et lorsqu'il la rencontre, il tombe amoureux d'elle. Christelle --- Onane est la fille d'Espher. Elle devient Princesse de Chine lorsque son père devient Empereur. Au début de la pièce elle s'ennuie. Elle voudrait avoir un singe en cadeau, un singe qui l'aimerait. Elle veut faire des expériences ; par exemple, elle essaie de manipuler la « machine à désirs » ; mais ce qu'elle demande n'arrive jamais. Elle veut retrouver son père pour lui annoncer qu'elle est enceinte de lui. Parfois elle est en colère ou joyeuse... elle change d'humeur à chaque fois. F.H.I / Jessica Roumeur --- Comment vous les imaginez ? Anne --- Verdict, je le vois jeune, habillé en militaire ; il porte un pistolet et une corde. Claudine --- Ironique et Equinoxe, je les imagine avec un costume de clown ! Yvon --- Moi je les imagine avec un tablier noir, un chapeau noir qui s'ouvre par le haut et dans lequel il y aurait des coloquintes. On aura des poches partout, je crois... F.H.I / Jessica Roumeur --- Qu'y a-t-il de plus difficile à jouer dans ces rôles ? Claudine - Le plus difficile c'est les textes ; s'en rappeler et jouer avec. Yvon - S'il n'y avait que le texte à se rappeler, ça serait plus facile. Mais il y a toujours quelque chose à faire, à se rappeler : des gestes, des déplacements... F.H.I / Jessica Roumeur --- Mais s'il n'y avait que le texte on s'ennuierait, non ? Yvon - Peut-être pas ! F.H.I / Jessica Roumeur --- Si vous n'aviez pas joué le rôle que vous avez, quel(s) personnage(s) auriez-vous aimé interpréter ? Anne – J'aurais aimé être Onane. Christelle --- Je n'en ai aucune idée. J'aime bien Onane. Christian – Moi j'aime bien Equinoxe et Ironique. Ils sont marrants ; ils se cachent, ils font des blagues ! Claudine --- Je suis contente de jouer Equinoxe... Yvon --- Je ne sais pas non plus. Par contre, lorsque les autres répètent leurs textes, je me rends compte que je les sait aussi. J'ai l'impression que je connaît le texte des autres... Claudine --- C'est la même chose pour moi... ça fait travailler la mémoire, le théâtre ! F.H.I / Jessica Roumeur --- Quelle est votre réplique ou votre scène préférée ? Anne - « Tuer, tuer. / Vous qui avez la force de donner la mort, / Je vous embrasse. Allez. / Destruction de ce qui est beau et bon et pur. / Car le beau, le bon et le pur sont pourris. Christelle --- « Bel or. / Je voudrais avoir les os en or, / Et la chair en or, / Et les cheveux en or. / Extase des amants et tentation mauvaise.» Claudine --- J'aime bien la scène des têtes coupées, quand Ironique me dit : « J'ai sept têtes dans ma brouette » et que je lui réponds : « J'en ai huit dans la mienne ». Yvon --- D'ailleurs parfois au lieu de dire « brouette » je dis bourrette ! Jean-Claude --- J'aime quand Espher dit aux vieillards : « Je me connais moi-même. [...] / Je me connais du dehors et du dedans. / Je me connais parce que je me suis moulé, sculpté et ciselé suivant ma volonté / Ou si je ne me connais pas, du moins je sais ce que j'ai fait de moi. / Une tour de Babel construite en chiffres, en lettres et en signes». F.H.I / Jessica Roumeur --- Que pensez-vous des décors ? Yvon --- Au début j'ai cru qu'on allait jouer des militaires, avec des motos, des tanks, et tout ça ! Claudine --- Moi aussi j'ai pensé à ça au début. F.H.I / Jessica Roumeur --- Et Dada ? C'est quoi pour vous ? Christian --- Dada c'est une histoire. Une histoire qui parle de la mort. Jean-Claude – Dada c'est un personnage, je crois... C'est un anglais, non ? Yvon --- C'est un cheval aussi... J'ai un livre sur Dada, avec des dessins, des tableaux. Sur l'un des tableau on voit marqué « il a froid au cul ». F.H.I / Jessica Roumeur --- « L.H.O.O.Q. », le tableau de Marcel Duchamp ? Yvon --- pris d'un fou rire – Oui c'est ça ! Mais je crois que Marcel Duchamp a aussi peint un cabinet... Interview réalisé à Paris le 2.12.2009 |
Publication : 02/12/2009
Adhérez à l'association
Articles en relation
Jihane SAYADI-HERBIERE : Prévention et information pour « une maladie invisible et encore mal connue »
Dans le cadre de la journée européenne nous avons interrogé Jihane SAYADI-HERBIERE vivant dans le Val d’Oise en Ile de France et mère d’une petite fille de quatre ans. Atteinte d’une Myasthénie Auto-Immune elle apprend sa maladie trois mois après son accouchement en pleine pandémie du Covid 19. Jihane qui attend de cette journée européenne qu'elle puisse avoir un effet bénéfique, non seulement pour les malades et leurs proches généraliste encore trop souvent méconnue. Une maladie qui concerne en France plus de 5000 personnes.
Damien SEGUIN, le skipper handisport s’apprête dans l’intimité au départ de la course maritime Vendée Globe 2020
Alors que la France entière est quasiment confiné pour la deuxième cette année, le skipper handisport Damien SEGUIN du monocoque 60' Groupe APICIL, se prépare au départ de la course dont le top départ aura lieu dimanche prochain a 13h02. Un départ plus intime mais ou « les grandes émotions seront là ». En attendant, le jour J, le triple médaillé paralympique s'est confiné en compagnie de sa femme, de son préparateur mental et physique et d'un ami. A deux jours du départ, Damien confie commencer à ressentir la pression, mais poursuit sa préparation sereinement.
Henri LANIRAY, président de la section Handisport & Sport Adapté : un homme au service du sport !
Henri LANIRAY est asémiste depuis ses 12 ans. Aujourd'hui à la retraite, il est président de la section Handisport & Sport Adapté. Au sein du club jaune et bleu, il œuvre pour que tous aient accès à la pratique sportive. Il souhaite avant tout transmettre et participer au décloisonnement de l’handisport sur le territoire auvergnat. S'il aime s'investir dans l'organisation d'événements sportifs ce qu'il préfère ce sont ces fabuleux moments de vie partagés avec les athlètes, en particulier, et les asémistes en général !
Jean-Dominique JOURNET, à l’occasion de la création du premier diplôme universitaire pour accompagnants des Aphasies
Rencontre aujourd’hui avec Jean-Dominique JOURNET, Président de la Fédération Nationale des Aphasiques de France (FNAF). Une association gérée par aphasiques eux-mêmes.et fondée en 1985. Son président Jean-Dominique JOURNET revient lors de cette interview sur les raisons de l’Asphasie souvent confondue avec un trouble psychique ni un handicap mental. Son président qui revient aussi sur l’objectif de cette formation, véritable combat de l’association et dont l'initiative soutenue par la Fédération française des télécoms avec une inscription possible dès maintenant pour septembre 2019 ! l’aphasie dont le prochain grand rendez-vous aura lieu 5 au dimanche 8 septembre 2019 à CHORGES a l’occasion du 23eme congrès National de la FNAF mais aussi en octobre avec la semaine nationale de l’Aphasies.
Le Professeur Jean PELLETIER, Chef du Service Neurologie et Unité NeuroVasculaire à l'AP HM
A l’occasion Journée mondiale de la sclérose en plaques (SEP) et des différentes manifestations prévues en France notamment à Paris, Strasbourg : le 22 mai ou à Toulouse : le 25 mai 2019. Le Professeur Jean Pelletier, Chef du Service Neurologie et Unité NeuroVasculaire à l'AP HM revient avec nous sur les principales avancées du programme DHUNE concernant la maladie. Une maladie qui touche en France près du jeune adulte, la SEP est souvent diagnostiquée entre 25 et 35 ans et une prépondérance féminine (3/4 de femme). La SEP touche aujourd’hui 100 000 personnes en France, dont 700 enfants. Deux mille cinq cents nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La SEP représente la première cause de handicap sévère non traumatique du jeune adulte. Elle affecte donc des adultes jeunes en pleine période de projet d’existence et bouleverse la vie personnelle, familiale et professionnelle.
Cloé MISLIN quand l’équitation m’aide a lutter contre la maladie de Parkinson
Quand elle commence l’équitation à 8 ans, à 18 ans elle découvre l’équitation Western, une révélation pour cette jeune femme. Une discipline qui lui ouvrira les portes de la compétition où la cavalière, douée, remportera deux titres de Championne de France. Passionnée, Cloé MISLIN, cherchera même à en faire son métier. Pour cela, elle part au Canada à 20 ans passer son diplôme d’instructeur et monte, à son retour, une structure orientée loisirs avec ses parents. En 2005, les premiers symptômes apparaissent, en 2009 le diagnostic est posé, Cloé est atteinte d’un parkinson juvénile. Une maladie qui ne lui permet plus de pratiquer le Western comme elle l’entend avec ses objectifs de haut niveau. Elle découvre alors le para-dressage, une discipline adaptée à son handicap et ses désirs de compétition. Elle est membre du Groupe 1 de la FFE et vise une nouvelle sélection en équipe de France pour les championnats d’Europe de Rotterdam en Août prochain.

