Philippe PONCET : « Seul le chef de l'État a le pouvoir de faire quelque chose pour les maladies respiratoires »
Il y a urgence. Alors que les maladies respiratoires provoquent 20 000 morts pour la BPCO, les pouvoirs publics ne mettrait pas de politique pour répondre à leurs besoins annonce Philippe PONCET. Rappelons que ces maladies respiratoires touchent 3,5 millions de personnes en France dont 2,5 millions ne sont pas au courant du mal qui les guette. Mais un homme qui tente d'alerter le monde politique sur ce fléau en interpellant le Président de République. Une situation pour lequel Philippe PONCET, qui a réalisé des records du monde sur piste ainsi qu'une ascension du col du Lautaret culminant à plus de 2000 mètres, venu à Paris souhaite incité François HOLLANDE, a lancé un plan national sur les maladies de la BPCO. Car aujourd'hui, il faudra attendre 2030 pour obtenir quelque chose pour ces malades. Philippe PONCET, lui-même atteint d'une maladie respiratoire, est bien décidé à faire bouger les choses...
F.H.I --- Comment expliquez-vous que l'on ne parle pas assez de ces maladies de la BPCO ?
Philippe PONCET : J'ai peut-être une explication là-dessus. La première génération qui a été diagnostiqué est aujourd'hui à la retraite. On ne les voit pas sortir ou prendre l'avion ou encore partir en vacances. Ce n'est donc pas très glamour. Il y a quarante ans le professeur Christian BRAMBILLA et le professeur Bernard PARAMELLE descendaient dans le sous-sol de l'hôpital pour piquer des bouteilles d'oxygènes afin de les remonter dans les étages pour les donner aux patients.
F.H.I --- Alors qu'on en parle peu, quel message voulez-vous transmettre aux pouvoirs publics ?
Philippe PONCET : Au stade où l'on en est, seul le chef de l'État a le pouvoir de faire quelque chose pour les maladies respiratoires. C'est lui qui a le pouvoir de lancer une grande opération et des moyens à la hauteur du fléau qui va exploser dans cinq à six ans à venir.
F.H.I --- Cela veut dire que les ministères de la Santé et celui du handicap ne répondent pas à vos attentes ?
Philippe PONCET : Lorsque vous avez un conseiller de la ministre de la Santé qui vous explique qu'il ne faudra rien attendre de leur part, c'est tout simplement scandaleux pour tous les patients qui souffrent de ces maladies respiratoires. De l'autre côté, si la secrétaire d'État en charge du handicap sait que l'on existe, ce sera déjà pas mal. Après est-ce quelqu'un a déjà entendu parler de handicap respiratoire qui reste la deuxième cause de handicap ? Personne... Je serai donc ravi si Madame NEUVILLE m'appelle pour que l'on discute ensemble sur cette thématique.
« Lorsqu'il y a zéro prévention, il y a zéro stratégie en amont et zéro moyen en aval »
F.H.I --- Avec près de 20 000 morts, pourquoi le ministère de la Santé fait la sourde oreille face à ce fléau ?
Philippe PONCET : Si on compare la BPCO à la publicité que l'on fait sur la sécurité routière, c'est dérisoire. Pourtant, il y a davantage de morts que dans les autres pathologies. Néanmoins, on n'en parle pas. On ne comprend pas pourquoi on ne dit rien sur cette maladie. On gêne peut-être... Si c'est le cas, on va les gêner encore plus dans les mois à venir.
F.H.I --- Que faut-il faire pour les sensibiliser alors ?
Philippe PONCET : Il faut que la décision parte du président de la République. Il faut un stratège pour mettre en place un plan et des moyens pour ces pathologies. Loesqu'ils ont le feu vert, les ministères adéquates peuvent ainsi mettre une synergie en œuvre avec les professionnels du secteur car en France, on a des gens très compétents.
F.H.I --- Et personnellement, comment avez-vous géré votre maladie ?
Philippe PONCET : C'était très violent comme maladie. Par exemple, un mois avant mon record du monde, je m'étais cassé l'épaule. Je préférais la douleur de m on épaule cassée plutôt que celle de l'entraînement.
On ne peut pas exiger à un patient ui souffre de BPCO de faire ce que je réalise. Maintenant, ce sont les directeurs d'organisations qui viennent me voir. Vous vous rendez compte que le président de la Fédération de la pneumologie ne sait plus quoi faire.
F.H.I --- Il n'y a donc aucune prévention ou accompagnement sur ces pathologies ?
Philippe PONCET : Il y a zéro prévention. Lorsqu'il y a zéro prévention, il y a zéro stratégie en amont et zéro moyen en aval. Cela veut dire que vous allez encore m'avoir durant quelques années au micro ou devant les caméras de télévision. J'ai trouvé un nouveau messie mais il est dans l'Hémisphère sud. Il habite en Australie.
« Il y a 2,5 millions de personnes qui se promènent dans le grand public sans savoir qu'ils sont atteints de cette maladie »
F.H.I --- Quel message avez-vous envie de faire passer ?
Philippe PONCET : Je voulais tout d'abord qu'il y a 2,5 millions de personnes qui se promènent dans le grand public sans savoir qu'ils sont atteints de cette maladie. Pour eux, je leur dis vite de s'adresser à un médecin lorsque les premiers symptômes apparaissent. Après j'ai souvent des patients qui sont en attente de greffes au téléphone et cela me remue beaucoup. Il faut donc pouvoir faire quelque chose pour ces patients.
F.H.I --- Quels sont vos prochains projets ?
Philippe PONCET : Il y a l'objectif de créer un centre pour ces malades, deux records du monde en indoor et sur le Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. J'ai de nombreux anciens champions qui me soutiennent. Grâce à leur soutien, cela me motive à avancer et ne pas baisser les bras.
Propos recueillis par
Romain Beauvais
Publication : 09/11/2015
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