Accompagnement sexuel : Marcel NUSS président de l’APPAS démissionne avec regret en espérant pour l’avenir
Sujet toujours aussi tabou comme celle des violences faites aux femmes handicapées, la sexualité chez les personnes handicapées reste difficile à comprendre et parfois accepter. Marcel NUSS grand militant de cette cause et président de l’APPAS depuis plusieurs années à annoncé le 4 septembre dans un édito renoncé a la présidence de l’association déplorant le « manque d’adhérents et de volonté et courage politique » mais aussi « la lâcheté de certaines associations profondément hypocrites et lâches et estimant que tout leurs est dû ». L’homme souhaitant céder sa place « à une nouvelle équipe et une nouvelle dynamique ». Même s'il en tire un bilan « positif ».
Sexualité et Handicap un tabou français…
Alors que la loi bioéthique sera étudiée dans quelques jours à l’assemblée nationale en première lecture, afin de permettre notamment la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Une loi concernant la sexualité dont le sujet reste encore un tabou notamment lorsqu’il touche le handicap. Un accès pourtant indispensable et facteur indispensable d'épanouissement et d'équilibre. Un droit pourtant reconnu mais qui se heurte parfois à des résistances, dans les institutions par exemple où elle et souvent été mise de côté.
Un droit dont l’un de ces ferveurs défenseur Marcel NUSS, président fondateur de l'Appas, affirme avoir « tout donné pendant des années pour que soit un jour reconnu l'accompagnement sexuel ». Un droit sur lequel il aura écrit à plusieurs reprises présenter dans un livre paru au édition DUNOD « la présence de l’autre ». Un sujet abordé aussi au édition ERES, « Handicap, identité sexuelle et vie sexuelle ». Un travail dont Marcel NUSS aura l’un des pionniers permettant son émergence dans les médias, mais pour lequel les politiques auront été malheureusement plus craintif. Un accompagnement sexuelle dénoncé y compris dans le secteur associatif notamment des anti-prostitution, des « associations profondément hypocrites et lâches ».
Un combat parfois face a la justice…
« Ça fait six ans que nous bravons la justice, confrontés à des politiques qui se voilent courageusement la face ». Une association qui est l’unique association à oser être en infraction avec la loi sur le proxénétisme, « en mettant en relation, en toute transparence des accompagnants sexuels et des personnes en situation de handicap » insiste t-il. Une bataille judiciaire dont l’association obtient parfois gain de cause comme en Mars 2015 ou celle-ci gagne lors d’un référé le droit officiel de sa formation, ce dont d’autres ont aussitôt su tirer profit. Plus de soixante personnes ont ainsi été formées à l'accompagnement sexuel pour répondre aux 1 800 demandes reçues de personnes handicapées, débouchant sur 500 mises en relation.
De nombreux regret…
Pour le fondateur de l’association c’est donc une page qui se tourne mais pas celle d’un combat. Un homme qui démissionne affirmant avoir travaillé bénévolement à temps plein, parce que l’APPAS se trouvait prise face a des moyens trop faibles. L’homme qui constate n’avoir jamais obtenu « aucun soutien financier, aucune subvention et trouvé aucun sponsor ». Situation qui selon lui aura l’un des freins aux actions et à l’expansion de l’association. « Ainsi, nous n’avons jamais pu mettre sur pied des week-ends de sensibilisation et de découverte de la sexualité ». Des moyens qui auront empêché selon lui « de réunir une fois par an toutes les accompagnantes et tous les accompagnants pour leur permettre de se retrouver et d’échanger leurs expériences ».
Cependant, la plus grande déception de l’ancien président aura été le « manque d’adhérents, alors même que c’est le nerf de la guerre pour une association qui ne vit et ne peut se développer sans eux. Cette carence est indéniablement préjudiciable à notre cause. Mais d’abord, et avant tout, aux personnes en situation de handicap elles-mêmes », déplore Marcel NUSS.
Un manque de mobilisation et de soutien difficile a comprendre alors que l’association que celle aura accompagnée près de 2000 personnes en situation de handicap qui ont fait une demande d’accompagnement sexuel depuis 2015, Seules environ 15 % d’entre elles ont adhéré, quand bien même l’adhésion n’est que de 10 € par an pour elles ! « Pas davantage de remerciements » ! Est-ce surprenant ? poursuit-il « Non. Pas dans ce milieu où règne l’assistanat et où, donc, pour beaucoup tout est dû, d’autant qu’il y avait prétexte facile du manque de moyens pécuniaires ». C'est oublier que, sans ce soutien, l'Appas risque de péricliter, entraînant, de fait, la question de l'accompagnement sexuel en France dans l'oubli et réduisant à néant les chances de le voir un jour reconnu légalement.
Avant de tirer sa révérence en tant que président -il a annoncé vouloir rester malgré tout dans le conseil d'administration et poursuivra les formations, la sensibilisation et les conférences. Face à ce risque réel, Marcel NUSS, invitent « les personnes handicapées, même si elles ne bénéficient pas pour le moment d’un accompagnement sexuel, par manque d’accompagnant dans leur secteur et, les accompagnants sexuel et bien d’autres à rejoindre l’APPAS ».
Quelques victoires…
Marcel NUSS qui se dit malgré tout satisfait de quelques avancées. En six ans que, « progressivement, nous avons réussi à faire reconnaître, socialement et publiquement, notre cause, à nous faire entendre ». Ainsi « de plus en plus d’associations et de foyers de vie, nous sollicitent, pour des formations mais aussi des mises en relation avec l’intérieur de l’établissement, chose impensable auparavant » précise t-il. Pour aller plus loin dans cette démarche, des négociations son actuellement en cours avec « une grande école de formation en vue d’un partenariat qui devrait voir le jour à la rentrée 2020, offrant ainsi encore plus de poids à la formation à l’accompagnement sexuel ».
Être autonome, « ai-je appris dans ma vie, ça a un prix, entre autres celui de faire des choix, d’avoir des priorités. Car, handicapé ou non, personne ne peut avoir tout ce qu’il veut dans la vie ; croire le contraire, c’est une illusion dévastatrice. Et rien n’est pire à mes yeux que de se complaire dans son handicap ». L’homme qui conclut en affirmant que l’existence « n’est pas une question de chance ou de malchance, ni une fatalité comme je l’entends souvent, hélas, mais qu’elle est ce qu’on en fait, avec les moyens qu’on se donne. Brandir son handicap, son AAH, la faute à pas de chance ou que sais-je d’autres, est une erreur fatale ». La deuxième formation 2019 à l'accompagnement sexuel, réunissant 11 stagiaires, aura lieu du 18 au 21 septembre, à Castelnau-le-Lez (Hérault).
La sexualité en institution de nombreuses problématiques...
Le respect de l'intimité des personnes concernées et leur protection face à d'éventuels abus. la nécessaire évolution des mentalités : certains professionnels ou la hiérarchie ne sont pas toujours favorables à aborder ce sujet encore tabou et y travailler. la formation des professionnels : même s'ils sont motivés, une formation spécifique est nécessaire face à ce sujet délicat qui soulève de nombreuses questions : quel est le rôle du professionnel dans l'accompagnement de la personne désirant vivre son projet de vie affective et sexuelle ? Comment informer en tenant compte des spécificités de ce public ? Par ailleurs, la mise en place d'un programme d'éducation à la vie affective et sexuelle dans une institution nécessite de travailler en accord avec sa hiérarchie et en équipe pour un travail pluridisciplinaire. Il est important qu'il y ait un véritable projet d'établissement afin de créer une dynamique cohérente. La recherche de partenaires extérieurs est également une étape indispensable (intervenants compétents pour mener des actions de prévention, formateurs).
La Rédaction
Sources : APPAS
Publication : 10/09/2019
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