Rapport Badinter: CDI, salaire minimum et durée légale, des "principes essentiels" : le handicap oublié !
Alors que les chiffres du chômage ne sont pas bon, confirmant l'échec des promesses présidentielle depuis 2012. L'ancien garde des Seaux Robert BADINTER à rendu officiellement son , qui constitueront, comme l'a annoncé Manuel VALLS, le "préambule" du futur Code du travail. Un document ou les salariés handicapés ne sont pas présents.Hormis peut-être entre les lignes de quelques notions des droits fondamentaux.
Un rapport qui à peine publié provoque des réactions pour le moins mitigées. Alors que pourtant cette reforme avait était vantée une "véritable révolution" par Manuel VALLS, la réforme est dénoncée à droite comme une "réformette" ne se risquant pas à toucher aux questions les plus sensibles. Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, y a vu "une très mauvaise nouvelle pour les salariés", laissés "le plus nus possible face aux exigences patronales".
Certains manifestent leur déception (MEDEF), d'autres saluent l'énoncé de « grands principes » (UPA, UAE) tandis que, sur le fond, certains des 61 articles (laïcité, temps de travail et hiérarchie des normes) font déjà polémiques (FO) et pour preuve...
L'absence du rappel des lois sur le handicap...
« A l'heure des transformations profondes qu'engendrent dans la société contemporaine la révolution numérique et l'irrésistible mondialisation des échanges, il s'agit pour le législateur
français d'encadrer, sans le contraindre, le droit du travail en le fondant sur des principes indiscutables », a prévenu en préambule Robert BADINTER.
Une surprise tout de même pour les plus de 24 % de chômeurs en situation de handicap inscrit a Cap-Emploi et dont les chiffres n'ont eu de cesse de progresser ces cinq dernières années. Ainsi si l'ancien garde des sceaux fixe ainsi quelques grands rappels à la loi et des droits fondamentaux comme l'égalité professionnelle entre hommes et femmes, le droit de grève, l'interdiction de discrimination ou de harcèlement.
La meilleure preuve en reste l'article pour ne prendre que cet exemple, car ils sont nombreux. Article 5 : « Les discriminations sont interdites dans toute relation de travail ». Mais lesquelles ? Les principes fondamentaux Badinter/Lyon-Caen de juin 2015 les détaillaient, conformément à la loi actuelle « à raison de l'origine, des opinions, de la religion, de l'âge, du sexe, de l'orientation sexuelle, de l'état de santé ou du handicap physique ». Les libertés fondamentales ne méritaient-elles pas ce rappel ?
Enfin ou son passé celle de l'existence et la protection du travailleur handicapé, mais aussi de l'accessibilité du lieu de travail, du taux d'obligation d'embauche de 6 % pour les entreprises de plus 20 salariés et lui totalement oubliés !
Des travailleurs handicapés totalement absents dans les neufs grands chapitres ou seule dans celui « Santé et sécurité au travail » ou il indiquer notamment l'Obligation pour l'employeur "d'assurer la sécurité" des salariés, "protéger leur santé" et "prévenir les risques" ou encore le droit aux "Garanties spécifiques" en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
La commission BADINTER qui aura même réussi l'exploit, dans ce dernier chapitre intitulé « Contrôle administratif et règlement des litiges de n'évoquer aucune sanction pénale à l'égard des employeurs la formulation « contrôle administratif » est d'ailleurs en adéquation avec la volonté affichée de supprimer les sanctions pénales pour les remplacer par d'éventuelles amendes administratives négociées dans le bureau de la D.I.R.E.C.C.T.E. Veut-on ainsi supprimer les sactions pour les entreprises qui ne respecte pas le taux de 6% de travailleurs handicapées.
La commission qui n'aura pas contre pas oublié de prévoir de sanctionner les salariés s'ils abusent de leur droit à saisir la justice ou à témoigner. Elle ne pouvait mieux clore son rapport qu'en dévoilant ainsi son but réel : désarmer un peu plus les salariés.
Handicap le droit doit lutter contre les stéréotypes
Pourtant, seulement 3,1% des salariés des entreprises françaises sont en situation de handicap et cela fait plusieurs années que ce taux n'évolue pas.
Certains stéréotypes ont la vie dure: 68% des entreprises françaises estiment que seules certaines fonctions peuvent être assumées par des personnes handicapées et 7% considèrent qu'aucune fonction ne leur est accessible, relève cette enquête menée par OpinionWay du 19 mars au 10 avril 2015 auprès de 653 entreprises. Quand elles sont intégrées dans l'entreprise, les personnes handicapées représentent 9% des cadres et 2% des membres de direction.
Une réforme en manque de confiance...
Dans quel état d'esprit les chefs d'entreprise et salariés appréhendent-ils les préconisations de cette réforme du code du travail ? En réformant estiment-ils, qu'il y a plus à perdre qu'à gagner, plus à gagner qu'à perdre ? A quel niveau souhaitent-ils que soient menées les négociations sur la réglementation du travail ? Et quelle confiance accordent-ils à l'état pour la mener à bien ?
Réalisé en partenariat avec IPSOS et Le Figaro, l'Observatoire Social de l'Entreprise du CESI dans le cadre d'une enquête celle-ci à Interrogés sur l'opportunité de réformer les règles du code du travail, les chefs d'entreprise et les salariés se montrent unanimes : 97% des premiers souhaitent qu'on change ces règles (dont 63% en profondeur, en mettant à plat tous les sujets), tout comme 89% des salariés, qui se montrent légèrement plus prudents quant à une réforme « en profondeur » (43%).
Il n'y a en revanche pas de réticence majeure de la part des salariés, y compris de la part des salariés des TPE. Ce sont même eux qui appellent le plus de leurs voeux une réforme en
profondeur du code du travail (54%).
La possibilité de permettre à chaque entreprise de négocier des accords d'entreprise qui se substitueraient à la réglementation du travail et aux conventions est sans surprise bien accueillie par les chefs d'entreprise (83%) y sont favorables, mais aussi par une majorité de salariés (56%).
Interrogés sur le niveau idéal de "négociations entre les partenaires sociaux sur la réglementation du travail pour qu'elles soient les plus avantageuses pour leur entreprise, 40 % des chefs d'entreprise répondent l'entreprise et 29 % la branche, alors que les salariés favorisent la branche (40 %, contre 33 % pour l'entreprise). Le niveau de l'État étant minoritaire pour les employeurs et les employés (respectivement 21 % et 25 %).
Stéphane LAGOUTIERE
Publication : 27/01/2016
Adhérez à l'association
Articles en relation
Remise publique du rapport sur la santé des professionnels de santé : au bord du Burn out…
Le Dr Philippe DENORMANDIE, Dr Marine CREST GUILLY et Alexis BATAILLE-HEMBERT, ont remis ce lundi 9 octobre à Agnès FIRMIN Le BODO, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, leur . Le fruit de ces travaux à vocation à être décliné dans une feuille de route spécifique qui sera rendue publique d’ici la fin de l’année. Le ministre de la Santé et de la prévention, Aurélien ROUSSEAU, qui trois jours auparavant, le 6 octobre avait assisté au 29èmes universités de la confédération des Syndicats Médicaux Français CSMF l'occasion pour le ministre d'échanger avec les médecins sur la condition de leur exercice quotidien et leurs attentes. Juste après il aura inauguré un nouveau centre de Formation des ARM du CHU de Bordeaux qui s'ajoute à la création des 19 centres prévus sur le territoires.
État Généraux des maltraitances Aurore BERGE : améliorer le circuit de signalement des cas de maltraitances
Après un peu moins de sept mois de travaux, lancé le 6 mars 2023, par l’ancien ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Jean-Christophe COMBE. La ministre ministre des Solidarités et de la Famille Aurore BERGE et Mme Fadila KHATTABI, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, ont reçu le lundi 2 octobre dernier. Aurore BERGE qui à annoncé le dévoilement complet de la « stratégie nationale » en novembre prochain tenant à rappeler que « signaler une situation de maltraitance, ce n'est pas et ce ne sera jamais de la délation ».
Agnès BUZYN reçoit le rapport de Dominique LIBAULT, sur le grand âge et la dépendance en vue d’une prochaine loi
La ministre des affaires sociale et de la santé Agnès BUZYN a reçu aujourd’hui Dominique LIBAULT, président du Haut conseil du financement de la protection sociale, qui a lui à présenter le rapport issu de la concertation sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes. , contenant près de 175 propositions provenant d’une concertation nationale s’appuyant sur des propositions élaborées avec les personnes et les acteurs concernés. Un rapport dont la FEHAP salue l’ambition des propositions contenues dans ce rapport, même si les syndicats ou les associations restent vigilants sur les mesures qui seront choisies par le gouvernement.
Renforcement des contrôles des arrêts de courte durée, jour de carence obligatoire : l’arbre qui cache la forêt !
Le 19 février dernier Jean-Luc BERARD, Stephane OUSTRIC et Stéphane SEILLER, missionnés par le Premier Ministre Édouard PHILIPPE dans le cadre de l’analyse des dépenses d’indemnités journalières, ont remis leur rapport relatif à . Au-delà d'un diagnostic et de solutions pour "améliorer la régulation du dispositif et faire évoluer le cadre d’indemnisation et de contrôle si nécessaire", Édouard Philippe attend des propositions "afin d’agir sur l’ensemble des causes des arrêts de travail". Un rapport qui développe neuf constats et vingt propositions visant à mobiliser l’ensemble des acteurs sur la problématique des arrêts de travail dont le CISS estime que celle-ci « constituent un recul en matière de protection sociale et de santé publique ».
« Ensemble pour une école inclusive » oui mais laquelle ? au-delà de nouvelle promesse !
Comme ils l’avaient annoncée lors du rejet de la proposition de loi du député Alain PRADIE (LR) le 11 octobre dernier, Sophie CLUZEL et Jean-Michel BLANQUER ont ouvert, lundi 22 octobre, la concertation nationale pour l’accueil des enfants souffrant de handicap à l’école. Le gouvernement qui après sa présentation en juillet dernier de son plan n’aura même pas été capable de réduire les dégâts pour des milliers d’élèves toujours sans solution. Des parents contraignent à attendre la rentrée 2019 voire 2020 pour une prétendue, reforment complète du système d’éducation a destination des élèves handicapés. Les associations elles restent très prudentes face à de telles promesses !
Un rapport recommande la création de davantage de place aux enfants handicapés dans les crèches et maternelles
Le 29 août dernier, dans le cadre de la rentrée des petites sections, Agnès BUZYN ministre des Solidarités et de la santé, et Sophie CLUZEL et la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, se sont déplacées au multi-accueil « Le Sourire du Chat ». Une structure gérée par l’association APATE, accueille 30 % d’enfants en situation de handicap. Les ministres qui ont reçu à cette occasion un rapport recommandant la création de davantage dans les crèches et les écoles maternelles aux enfants handicapés de moins de 6 ans. Il serait ainsi de 30 000 à 40 000 selon ce rapport a nécessité une prise en charge plus précoce.
