École Inclusive : Le gouvernement annonce la création de 10 900 AVS supplémentaire à la rentrée 2018
Des délais d’attribution d’un accompagnant trop longs, des enseignants démunis et une scolarité discontinue pour les élèves, sont les principaux défis auxquels le gouvernement doit faire face sur la scolarisation des enfants handicapés. Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel BLANQUER, à côté de Sophie CLUZEL ont présenté les grands axes de travail du projet « ensemble pour l'école inclusive », permettant à « tous les élèves de suivre une scolarité normale ». Parmi celles-ci la création de 10 900 postes AESH, désignés comme des emplois "robustes" et non d'emplois aidés a-t-il précisé pour atteindre environ 42 900 postes. Un plan pour lequel les associations comme l’APAJH exprime des doutent entre les annonces et la réalité !
De « nombreuse avancés depuis un an » …
Le ministre de l’Éducation nationale au côté de la Secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie CLUZEL qui dans un document aura vanté l’action du gouvernement pour une école inclusive saluant « les nombreuses avancées » depuis un an sous l'ère Macron. Citant à titre d’exemple une meilleure formation des enseignants et des personnels d’encadrement, la création de 40 ULIS, en 2017-2018, (Unités localisées pour l'inclusion), d’UEE (Unités d'enseignement externalisées) ou encore de postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap.
L’Éducation nationale qui annonce aller plus en avant et souhaite notamment « approfondir la collaboration avec le secteur médico-social, veiller à ce que les élèves soient mieux accompagnés pendant les temps scolaires et périscolaires et qu’ils sortent de l’école avec un diplôme ». Une augmentation des prescriptions des MDPH (+13% par an) pour lequel il est parfois difficile de faire face, de l'aveu du ministère, un « défi d'organisation non résolu depuis 2005 ». Des ministres pour qui « Après plusieurs années marquées par un effort quantitatif important, un saut qualitatif, est désormais nécessaire », et qui appelle, pour maintenir cet élan, à une « transformation profonde ».
Des élèves handicapés toujours plus nombreux…
De « 100 000 accueillis en 2006, on est passé, en France, à plus de 320 000 en 2017 » relevant du ministère de l’Éducation nationale (public et privé) selon le gouvernement. Ils étaient ainsi 172 145
dans le premier degré et 128 670 dans le second degré. Soit une augmentation de 7,5% d’élèves en situation de handicap scolarisé en milieu ordinaire par rapport à l’année scolaire 2015-2016. Une situation à laquelle le ministre oublie de faire référence à la non-scolarisation de plus de 20 000 élèves selon l’UNAPEI. Reste que la précarisation des postes d’accompagnant et leur non-titularisation auprès du ministère demeure une vraie difficulté.
« Davantage d'heures consacrées aux enfants » …
Le ministre qui a annoncé quatre axes de priorité de son équipe pour 2022, qui doivent achever, d'ici la fin du quinquennat, le projet d’une « école inclusive », permettant à « tous les élèves de suivre une scolarité normale ». Parmi ces priorités la création de 10 900 postes accompagnants supplémentaires dès la rentrée 2018. Une augmentation qui devrait selon compenser plus que largement la perte des emplois aidés. Soit une hausse d’un tiers environ pour atteindre près de 43 000 postes d'accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Une formation de soixante heures étant prévue pour chacun d’eux.
Il s'agira d'emplois "robustes" et non d'emplois aidés, promet Jean-Michel BLANQUER, ministre de l'Éducation nationale. Sachant que ces emplois travaillent 35 heures par semaine contre 20 h pour les emplois aidés. Des AESH qui seront « recrutés avec plus d'anticipation », a dit le ministre de l'Éducation, afin de mettre fin « lors d’un abandon de poste en cours d'année, à de la détresse de l'élève et sa famille », a-t-il ajouté.
Un métier qui reste difficile reconnaît le ministre et peu « attractif » et de faibles revenus, mais surtout de la précarité de l’emploi CDD successifs (6 à 8 ans) avant d’obtenir un CDI et des emplois aidés non pérennisés de manière systématique. Mais aussi celle d’un manque de formation initiale. Un emploi rendu difficile par un turn-over important, des difficultés de recrutement et l'impossibilité de couvrir certaines prescriptions des MDPH.
Une situation qu’indiquent des témoignages issus de la consultation "Mission Égalité Handicap" réalisée du 5 février au 9 mars 2018 « Notre fille ayant dû interrompre sa scolarisation à chaque demande de renouvellement d'AVS car les délais de 9 mois d'instruction des dossiers par la MDPH ne permettant pas un relais sans interruption », témoigne une famille. « Si l'AVS est malade, pas de remplacement immédiat. On s'adapte. », déplore une autre.
La formation des enseignants…
Parmi les quatre autres axes de travail celui de la formation, une question abordée a plusieurs reprises ou beaucoup de choses ont parfois été mises en place sans véritablement aboutir. Le ministre qui annonce plusieurs mesures comme notamment la création d'une plateforme numérique nationale permettant d'accéder facilement aux adaptations scolaires mais également un pôle d'enseignants maillés sur le territoire, mobilisables depuis la plateforme. Mais aussi notamment la mise en place d’un outil d'auto-évaluation Qualinclus qui permet, dans le premier comme dans le second degré, de planifier et d'améliorer la qualité de leur démarche inclusive, en intégrant la relation aux parents et la coopération avec les partenaires. Ou encore des accompagnants formés, mieux reconnus, aux conditions de travail rendues attractives, intégrés aux pôles inclusifs d’accompagnement localisés. Ainsi que la mise en place de pôle des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) qui seront expérimentés dans chaque académie à partir de la rentrée 2018. L’objectif étant d’expérimenter est d’améliorer l’accompagnement des élèves en situation de handicap en impliquant toute la communauté éducative dans un projet d'inclusion collectif.
De l’école a l’emploi…
Le ministre qui a fait savoir de l’importance et de la responsabilité du système éducatif de garantir la continuité des parcours des élèves en situation de handicap jusqu’à la formation professionnelle initiale, l’enseignement supérieur ou le premier emploi. En permettant à l’élève de disposer notamment, des outils numériques accessibles, mais aussi des aménagements garantis lors d'examens ou la mise en place d'attestations de compétences acquises pour certains élèves en situation de handicap qui ne peuvent accéder au diplôme. Sans oublier en bout de cursus l’accompagnement multi-partenariaux des élèves en situation de handicap dans leurs premières démarches d'insertion professionnelle. À noter qu' noter qu’à ce jour seul moins 3.5 % des élèves en situation de handicap arrivent aujourd’hui à pouvoir faire des études supérieures dans les universités.
Les autres objectifs…
Le ministre qui s’est également engagé à la création de 38 Unités locales d’inclusion scolaire (ULIS) à la rentrée, en plus des quarante déjà mis en place au cours de l’année scolaire 2017-2018. Le gouvernement qui s’engage à la création d’unités d'enseignement externalisées (UEE) et doublait leur nombre d’ici 2020, pour scolariser les élèves des établissements et des services médico-sociaux dans l'école. Mais aussi de la Création d’une attestation de "compétences acquises" au regard des référentiels du diplôme préparé, pour certains élèves en situation de handicap qui ne peut accéder au diplôme. Enfin d’un accompagnement multi-partenarial des élèves en situation de handicap dans leurs premières démarches d'insertion professionnelle (sur le modèle académie de Toulouse et des conventions Atouts pour tous). Le gouvernement qui rappelle que concernant l’autisme, ce sont 180 unités d’enseignement en maternelle autisme qui sont prévues sur la durée du 4e plan autisme (2018-2022) auquel s’ajoutent 45 Unités d’enseignement élémentaire troubles du spectre autistique (TSA) prévu dans la continuité des UEMA avec des premières expérimentations à compter de la rentrée 2018.
Les associations restent prudentes…
Interrogée sur le risque que certaines familles restent malgré tout sans solution à la rentrée situation dénoncée depuis plusieurs années par l’UNAPEI et l’APAJH ou l’APF France Handicap notamment, Sophie CLUZEL, la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées, a reconnu le risque de « l’existence permanente de problèmes d'ajustement, l’Éducation nationale est une grosse machine ». Jean-Michel BLANQUER estime lui qu'on « ne peut atteindre la situation parfaite du jour au lendemain ». Interrogé par l'AFP, le président de l'Association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH), Jean-Louis Garcia, a fait part de ses « doutes » face à cette annonce gouvernementale. « Entre le dire et le faire, il y a malheureusement très souvent un écart considérable. Nous sommes habitués aux rideaux de fumée », a dit M. Garcia. Les ministres qui veulent rester prudent et gardent donc de tout engagement qu’ils ne pourront pas tenir !
Les rendez-vous à venir…
Les ministres qui ont annoncé le lancement à la rentrée à partir du 10 septembre prochain d'une concertation auprès du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), des parents d'enfants en situation de handicap, des organisations syndicales et des accompagnants, pour rénover le dispositif d'accompagnement des élèves en situation de handicap dès la rentrée 2019. À noter que le Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH), avait été saisi par les ministres, le 15 janvier 2018, et avait remis 46 recommandations pour rendre l’École de la République pleinement inclusive, appelant notamment à une consultation complémentaire sur la question des accompagnants et de leur intervention en dehors temps scolaire.
Stéphane LAGOUTIERE
Sources : Education nationale
Publication : 18/07/2018
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