17èmes Journées Nationales pour la Prévention du Suicide : Quel est le rôle de l’environnement ?
L'union Nationale pour la prévention du Suicide organise les 17èmes Journées Nationales de la Prévention du Suicide qui regroupe 35 associations et plus de 5000 acteurs associatifs en France et dans les DOM-TOM. Des Journées nationales placé sous le thème du rôle de l'entourage : proches, voisins, soignants, environnement...Une journée dont le lancement aura lieu le 5 Février et placé cette année sous le patronage du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.
Un acte qui reste encore un tabou
Souvent analysé comme un acte personnel, l'acte suicidaire, mûri pourtant dans le secret d'une psyché qui s'isole du monde environnant, ultime façon d'avoir prise sur son destin. Le suicide peut être interprété comme un acte social, conséquence d'une situation intenable, comme un appel, une revendication, un ultime message dans un dialogue de sourds. Vouloir mourir, même et surtout si la personne se sent exclue, n'est jamais un acte solitaire, il s'inscrit fondamentalement dans un rapport à l'autre, à la société.
Ainsi, dans une logique de responsabilité collective et de Santé Publique, la prévention du suicide est articulée entre les actions de soutien à la personne, les interventions menées avec l'entourage, et les réponses médicosociales des institutions sanitaires et associatives. Le thème proposé pour l'édition 2013 des Journées organisées par l'Union Nationale pour la Prévention du Suicide, porte sur le rôle de l'entourage pour la Prévention du Suicide, avec ses diversités individuelles et collectives, et ses dimensions plurielles de compétences psycho-sociales.
En décembre 2009, une Audition publique organisée par la Fédération Française de Psychiatrie : « Effets et conséquences du suicide sur l'entourage : modalités d'aide et de soutien » abordait l'entourage en se concentrant sur les conséquences du deuil après suicide. Le colloque de l'UNPS en 2013 propose d'élargir les débats sur l'ensemble des interactions entre le sujet et son entourage, en amont et tout au long de la crise suicidaire, à partir des regards croisés d'experts et des expériences des associations.
Les journées 2013 visent à actualiser les informations et connaissances existantes, scientifiques et cliniques, mais aussi à susciter les échanges entre acteurs engagés dans la prévention du suicide et à réfléchir aux expériences menées localement auprès de personnes vulnérables dans des contextes spécifiques. Des échanges surgiront ainsi de nouvelles pistes, chaque participant étant ainsi pleinement acteur du colloque.
Tout d'abord, qu'entendons-nous par « entourage » ? Il s'agit d'une pluralité d'entourages : proches, collègues, voisins, soignants, environnement. Plus ou moins distincts, ils constituent un réseau complexe, avec des interférences multiples et mouvantes. Comment prendre en compte l'ensemble des dimensions, des enjeux ?
En cas de crise suicidaire, s'agit-il d'un entourage « victime » qui peut culpabiliser car il « n'a rien vu venir » ou « n'a pas su quoi faire » ? Ou, d'un entourage « responsable », qui peut être accusé de n'avoir pas su prévenir l'évolution fatale, voire même d'avoir négligé le désespoir ? Le rôle des entourages vis-à-vis des personnes suicidaires, est donc un écheveau complexe à démêler entre leurs influences réciproques.
Le CESE rend un projet d'avis pour un problème de société
« Le suicide : plaidoyer pour une prévention active », tel sera le projet d'avis rapporté par Didier BERNUS et qui sera présenté le 12 février prochain. Véritable problème de santé publique avec presque 11 000 décès chaque année en France et environ 230 000 tentatives, le suicide n'est pas une fatalité. 20 ans après une première étude qui a consacré le suicide « grande cause de santé publique », le Conseil économique, social et environnemental plaide pour la poursuite et l'amplification de la prévention du suicide.
Tous acteurs et citoyens !
Un décès sur 50 est un suicide ! Le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15-24 ans après les accidents de la route et la première cause de mortalité chez les 25-34 ans. Le potentiel de risque suicidaire perdure sous l'effet des différentes « crises »: existentielle, familiale, économique et financière dans les relations sociales et/ou professionnelles,.
Selon une étude BVA-Gallup (2010) réalisée sur 53 pays, les Français sont les plus pessimistes sur leur situation économique voire même sur leur situation personnelle. A la mesure de cette urgence, en février 2013, les 17emes Journées Nationales de la Prévention du Suicide vont permettre à tous les acteurs engagés dans ce combat de se retrouver pour faire un bilan et ouvrir de nouvelles pistes d'amélioration. Derrière la froideur des statistiques, il y a des drames humains que l'on aurait pu éviter. l'UNPS veut le décliner dans toutes ses actions en liaison avec les pouvoirs publics et tous les acteurs institutionnels. Travailler ensemble et toujours mieux pour prévenir davantage.
Personne n'est à l'abri. Tout le monde est concerné.
Le suicide est présent dans tous les milieux familiaux et socioprofessionnels, il touche tout le monde du haut en bas de l'échelle sociale. Une pensée que un récent sondage a permis de dévoiler que 37 % de personnes handicapées avait pensée au moins une fois a passé à l'acte. Qui n'a pas eu une pensée suicidaire à un moment de sa vie ? Aujourd'hui, le silence gêné laisse place à une série de questionnements et la personne suicidaire n'apparaît au fond pas si différent du reste de la population. Contrairement à une croyance répandue, le fait de parler du suicide n'encourage pas au passage à l'acte. Bien au contraire, son expression permet à une personne en souffrance de briser son isolement, d'être reconnue et d'être ainsi en position d'accepter une aide.
Une nouvelle approche
Autrefois, on distinguait suicide et tentative de suicide, cette dernière était souvent perçue comme un « appel au secours » sans réelle mise en place d'un suivi. Les « suicidaires » étaient généralement traités comme des cas individuels, déconnectés de leur environnement, des « pathologies mentales» qu'il suffisait de confier à un psychiatre sans l'intervention d'autres personnes. Le suicide suscitait une gêne, un certain malaise.
Le tournant a été pris il y a une quarantaine d'années : le suicide n'est plus enfermé dans la maladie mentale, il apparaît comme un phénomène complexe qui requiert une approche fine et globale. La prévention ne peut plus être seulement réservée au corps médical, elle concerne tous les acteurs autour de la personne suicidaire. La prévention du suicide nécessite une prise en charge pluridisciplinaire et citoyenne.
Le suicide n'est pas la résultante d'une cause unique, mais l'aboutissement d'un processus complexe. Par la prévention, ce processus peut être arrêté. Il est possible d'intervenir à tout moment et en tous lieux. L'idée de suicide évoque détresse, accidents de vie, mal-être et la prévention doit s'inscrire dans cette complexité humaine et sociétale.
Qu'est-ce que la prévention du suicide ?
Reconnu « priorité de santé publique » dans les années 90, le suicide est aujourd'hui un enjeu de société. Il fait désormais l'objet d'une politique publique spécifique de prévention. Après la Stratégie nationale d'actions face au suicide 2000-2005 - et à la suite d'une évaluation et de travaux (Commission Lebreton 2008)- le programme national lancé en 2011 se poursuit dans différents secteurs au-delà de la Santé.
Des chats sur Internet pour prévenir le suicide
"Trop longtemps, le suicide est resté dans l'escarcelle de la psychiatrie, puisque ce passage à l'acte devait forcément être conséquent à une maladie, constate Jean-Pierre Soubrier, professeur de psychiatrie et expert OMS. Or, le suicide, ça n'est pas juste un problème de santé mentale, c'est avant tout un problème de santé publique. Il nous faut aller vers une dé-psychiatrisation et une dé-stigmatisation du suicide."
Pour ce faire, le rôle de l'entourage au sens élargi du terme (proches, voisins, soignants, environnement) est primordial. A ce titre, les associations sont au cœur de l'action puisqu'elles sont souvent en première ligne pour faire face aux appels désespérées. Et pour s'adapter aux nouveaux modes de communication, de plus en plus d'associations proposent des chats, à l'instar de SOS amitié. "Ces chats sont très largement plébiscités par les jeunes qui préfèrent ce media plutôt que le téléphone, notamment parce que cela leur permet de nous contacter en toute discrétion, même dans l'appartement familial", confirme Jean-Pierre Igot, président de SOS Amitié.
Les chats sont accessibles de 19h à 23h, et 60 écoutants sont formés pour répondre à tout type de questions par ce biais. "Sur Internet, l'écoutant peut être plus franc : le mot suicide y est employé dans 18 % des conversations contre seulement 2 % au téléphone ! C'est très important de prononcer le mot", insiste Jean-Pierre Igot. Des association qui déplore aussi le manque de volonté politique et de moyens financiers pour mettre en place une stratégie de prévention efficace.
Un programme national 2011- 2014
Fondé sur une vision très large de la problématique du suicide, le programme national d'actions contre le suicide 2011-2014 s'appuie sur un engagement interministériel (Justice; Affaires Sociales et Santé ; Education nationale,; Agriculture; Enseignement supérieur et Recherche). Cette dynamique interministérielle reflète la diversité du fonctionnement humain et des actions collectives possibles au sein de la société.
Le rôle de l'UNPS
Une telle approche répond aux attentes de l'UNPS, force de proposition très active dans les groupes de travail et commissions qui ont présidé à ce programme. Interface entre acteurs associatifs et pouvoirs publics, l'UNPS participe activement à la mobilisation pour une démocratie associative (dans l'esprit de la loi de 2002 Droits des usagers) : faire entendre les besoins des usagers, adapter les actions de proximité.
Stéphane LAGOUTIERE
Les jeunes au cœur du combat de L’ADAPT en 2013, celui de l’avenir !
Initiée lors de la dernière Semaine pour l'emploi des personnes handicapées, la priorité de L'ADAPT appelant à « Préparer l'avenir des jeunes avec les jeunes » se poursuit en 2013. Une série de conférences et d'événements est organisée sur l'ensemble des territoires L'ADAPT d'ici à la fin du premier semestre 2013. Objectif : mobiliser les jeunes, leur entourage et les acteurs impliqués pour valoriser les expériences concluantes menées sur le terrain et déployer de nouvelles pistes d'actions facilitant les parcours de vie des jeunes.
Aujourd'hui, la scolarisation des enfants handicapés relève toujours du parcours du combattant, l'accès aux études supérieures est extrêmement limité (seulement 20% des bacheliers handicapés poursuivent leurs études après le bac), l'accès à des choix de professionnalisation diversifiés et porteurs d'emploi reste difficile, la possibilité de vivre une vie comme les autres est rendue complexe par le manque d'accessibilité aux transports, au logement, à la culture, au sport...
Comme l'affirme Emmanuel Constans, président de L'ADAPT : « Nous poursuivons le combat pour donner tous les moyens aux jeunes en situation de handicap de construire leur projet de vie et d'être maître de leur avenir. » L'ADAPT a initié une première conférence le 12 novembre dernier à la Cité des Sciences avec près de 300 acteurs du handicap qui ont émis plusieurs constats et propositions : ruptures entre les différents cycles école-collège-lycée-études, lourdeur administrative, manque de culture d'accueil dans les lycées, manque d'Ulis, nouvelles modalités d'accompagnements à inventer, partenariat entre le secteur médico-social et l'Education nationale à développer, nouvelles voies d'accès vers l'emploi à créer (Esat Hors-les-murs jeunes par exemple.)
Un premier semestre 2013 place sous le signe des conférences sur tout le territoire
Pour placer le débat au niveau national, L'ADAPT lance une tournée de dix conférences, qui auront lieu au cours du premier semestre 2013 sur l'ensemble de ses territoires, avec pour objectif de valoriser les actions et les démarches de terrain, d'initier de nouvelles pistes d'actions en matière d'intégration, de donner des éclairages aux décideurs en s'appuyant sur les expériences de scolarisation et de formation, de renforcer le partenariat avec l'Education nationale, les structures spécialisées, les associations de parents et d'étudiants...
Un message qui se veut disponible ouvert vers l'avenir !
Pour soutenir cette sensibilisation, le message « Une école, des formations et un emploi pour tous, handicapés ou non ! » est diffusé sous forme d'affiches et de cartes postales dans le réseau
L'ADAPT et partenaires. Un film « Vivre ensemble » retrace le parcours de six jeunes et leur donne la parole sur leurs envies et leurs projets de vie. A venir sur le site de ladapt.net, les dates des conférences dans les territoires L'ADAPT.
Stéphane LAGOUTIERE
Le Handicap ne serait pas le seul argument pour prétendre à un emplacement réservé ?
Selon un arrêt de la Cour de cassation celle-ci a dans un fait savoir qu'un automobiliste qui justifiait d'un handicap et de la détention de cette carte d'invalidité a été relaxé à tort, alors qu'il s'était garé sur une place pour handicapés. La Cour de Cassation estimant que ce encourt comme tout le monde une amende de 135 euros. La justice rappelant que le seul fait d'être handicapé, même si cet état est constaté par une carte d'invalidité, n'est pas a lui seul suffisant pour avoir droit aux places de stationnement réservées.
La Cours rappelle à cette occasion que ces places de stationnement réservées qui sont matérialisées par un panneau et par la peinture bleue, sont réservées aux seuls titulaires de la "carte de stationnement du modèle communautaire", délivrée par le préfet, ou aux titulaires des macarons GIG ou GIC. La carte communautaire, c'est-à-dire européenne, est délivrée sur avis médical aux personnes "atteintes d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements". Elle remplace progressivement les macarons GIG ou GIC (grand invalide de guerre ou grand invalide civil).
Il ne faut pas confondre cette carte de stationnement avec la "carte d'invalidité" délivrée aux personnes invalides à 80% ou classées "en 3ème catégorie de la pension d'invalidité de la sécurité sociale", selon la loi. Il ne faut pas non plus confondre la carte de stationnement avec la carte délivrée aux personnes d'une incapacité inférieure à 80%, qui porte la mention "priorité pour personne handicapée". Ces deux cartes ne permettent que d'obtenir une priorité d'accès aux places assises dans les transports et les salles d'attente, et de ne pas faire la queue dans les files d'attente.
Stéphane LAGOUTIERE
La prestation liée aux personnes handicapées en progression de 9% entre de 2006 à 2012
De décembre 2006 à juin 2012, le nombre de bénéficiaires d'une prestation ou d'une allocation de compensation du handicap est passé de 139 000 à 223 000 personnes, soit une augmentation de 9 % par an, indique la Drees dans une étude dirigée Maude ESPAGNACQ. Pour rappel en 2011, le coût de la compensation du handicap s'est monté à 1,8 Md€.
Une augmentation qui résulte de la mise en place, en janvier 2006, de la prestation de compensation du handicap (PCH), dont bénéficient 143 000 personnes en juin 2012. La PCH coexiste depuis sa création avec l'allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP). L'ACTP doit, à terme, être remplacée par la PCH. Cependant, la baisse du nombre de bénéficiaires de l'ACTP a été relativement lente puisque ce nombre est passé de 136 000 en 2006 à 80 000 à la mi-2012.
Les dépenses liées aux deux prestations augmentent également chaque année, mais moins fortement que le nombre de bénéficiaires. On constate donc une baisse du montant moyen de la PCH (775 euros en juin 2012). L'aide humaine représente l'essentiel du recours à la PCH : 93 % des personnes relevant de cette prestation ont reçu un financement à ce titre. Le montant moyen de la PCH enfant est supérieur à celui des adultes (1 075 euros), mais on ne compte que 11 500 bénéficiaires.
La Rédaction.
L’œil et la main explore le lien entre la pensée et les actes…Faut pas s’endormir !
Comment la connaissance de l'Histoire peut nous inciter à agir au présent ? Quelle est l'activité du corps lorsque le cerveau ne le dirige plus de façon consciente, comme lorsque nous dormons ? Et enfin, comment passe-t-on d'une volonté inscrite dans une loi à son application concrète, surtout lorsque cette loi est controversée ? Des questions auquel propose de répondre trois reportages présentés sur France Télévisions au mois de février.
Un des premiers reportages, Fabrice porté par les idées de Laurent VALO, sera lui présenté le 11 à 8.25 et 16 février à 23.00. Il s'agit d'un sourd, écrivain et historien, Fabrice BERTIN atteint d'une maladie dégénérative l'oblige à se déplacer en fauteuil et réduit la vitesse de ses mouvements. Pourtant, c'est un de ceux qui, dans la communauté sourde, enjoint le plus fermement aux sourds de prendre leur place dans la société. D'où lui viennent cette force intérieure et cette volonté à toute épreuve ? Un documentaire d'un peu moins d'une heure du portrait d'un homme tout aussi discret que hors du commun.
Deuxième reportage a suivre le 18 février à 8.25 et le 23 février à 23.00 de Claire CHOGNOT avec Jean-Marie HALLEGOT. Un documentaire intitulé à Mille et une nuits présente et met en avant l'importance du sommeil dans la vie d'un être humain. En effet a soixante ans, on a passé vingt ans à dormir dont cinq ans à rêver. Chaque nuit, alors qu'on est endormi, le cerveau forme des pensées, des images, des sons, des sensations... Pourtant, cette part de vie reste mal connue. A quoi servent les rêves ? Quelle signification leur prêter ? Les sourds, rêvent-ils en langue des signes ? Enquête au pays des songes...
Le troisième documentaire du mois de février présenté le 25 février à 8.25 et le 2 mars à 23.00 avec un sujet important celui du dépistage de la surdité. Un documentaire qui aura lieu quelques jours avant le journée national de l'audition. Présenté par Jean-Pierre COURBATZE avec Ronit LEVEN « Le dépistage précoce de la surdité » revient à juillet 2010, au moment ou trois députés proposent un projet de loi pour un dépistage précoce de la surdité sur l'ensemble du territoire français. En avril 2012, après un avis favorable de l'Assemblée nationale, deux amendements censurés par le Conseil Constitutionnel, un avis défavorable du Comité national d'éthique, une levée de boucliers des associations sourdes, le gouvernement de l'époque contourne le débat parlementaire en publiant un arrêté ministériel entre les deux tours de la campagne présidentielle. Pourquoi fallait-il adopter cette loi controversée ? Quel bilan peut-on tirer, six mois après l'entrée en vigueur de ce dépistage ?
La Rédaction
Théodora, une association en France dont les clowns interviennent auprès des enfants autistes
Chaque semaine depuis plus de 12 ans, les clowns professionnels de l'association Théodora, les "docteurs Rêves", rendent des visites joyeuses et colorées aux enfants hospitalisés. Depuis 3 ans, ils arborent également leur nez rouge dans des institutions spécialisées accueillant des enfants autistes. Ainsi, tous les 15 jours, des "M. et Mme Rêves" rendent visite aux enfants de trois Instituts Médico Educatifs (IME). Le succès rencontré par ces visites conduit aujourd'hui l'association Théodora à étendre son savoir-faire à d'autres IME, pour répondre à de nombreuses sollicitations.
L'intervention de clowns auprès d'enfants autistes en IME
Depuis sa création en 2000, l'association Théodora en France a pour mission d'offrir des visites de clowns professionnels -les docteurs Rêves- aux enfants hospitalisés. Ainsi, chaque année, ils rendent visite à plus de 20.000 enfants.
Dans le cadre de leur mission à l'hôpital, les docteurs Rêves ont eu l'occasion de rencontrer des enfants autistes. L'association Théodora a alors réalisé l'intérêt manifesté par ces enfants pour les clowns, ainsi que le manque d'animations extérieures qui leur étaient proposées au sein des institutions spécialisées les accueillant : les Instituts Médico Educatifs (IME).
Grâce à ces rencontres et à leurs bienfaits auprès des enfants autistes, ainsi qu'aux 15 années d'expérience de la Fondation Théodora en Suisse dans ce domaine, l'association Théodora et les différents établissements ont considéré que le clown avait toute sa place dans les IME.
Dès 2009, l'association Théodora fut la première association à développer un programme de clowns en IME -M. & Mme Rêves- au sein de l'IME Notre Ecole à Paris auprès d'enfants autistes âgés de 3 à 12 ans. La réussite de ce projet et les bienfaits avérés de celui-ci auprès des enfants ont motivé l'ouverture, fin 2012, de deux nouveaux programmes "M. & Mme Rêves" : IME Cap Autisme à Paris, et IME Notre Ecole à Carrières sous Poissy (78).
L'objectif : par l'intermédiaire de "M. & Mme Rêves", il s'agit de permettre à ces enfants d'accéder au rire, à l'amusement, à l'inattendu. Le programme est construit en étroite collaboration avec les éducateurs pour appuyer ceux-ci dans leur travail, explorer de nouvelles approches, et être au plus juste avec chaque enfant.
Les IME demandeurs avec un développement prévu pour 2013
De par son expérience, et grâce aux compétences acquises au fil des années par ses "M. & Mme Rêves", l'association Théodora a développé un savoir-faire reconnu ; forte du succès des programmes "M. & Mme Rêves" auprès des enfants autistes, l'association souhaite répondre aux nombreuses sollicitations d'autres IME en France.
Le rythme de croissance envisagé est un rythme prudent qui devrait lui permettre d'une part de trouver des partenaires financiers pour soutenir cette croissance et d'autre part de continuer à mettre en place des programmes de qualité. La qualité du programme implique une forte concertation avec les institutions ainsi que le suivi et la formation continue des clowns intervenant auprès des enfants autistes. Offertes aux enfants, les visites des docteurs Rêves et M. & Mme Rêves le sont aussi aux établissements qui ne sont jamais mis à contribution financièrement.
Stéphane LAGOUTIERE
Médiator : Les médecins aux bancs des accusées aux cours des prochains mois ?
Deux ans après l'affaire du médiator est loin encore d'avoir avoir apporté toutes ses questions et les réponses sont loin d'avoir semble-t-il trouver des réponses. Bien des victimes de l'affaire du Médiator® révélée en novembre 2010, s'étaient vues prescrire ce médicament ou un de ses génériques comme coupe-faim. Or l'autorisation de mise sur le marché (AMM) de ce médicament était parfaitement claire, et ne prenait en compte que le traitement du diabète et de l'hypertriglycéridémie. Pour autant, les médecins prescripteurs peuvent-ils être mis à contribution pour dédommager les victimes ? Si ces dernières ont choisi de demander réparation au laboratoire SERVIER, elles sont peu nombreuses à impliquer les professionnels de santé. De son côté, la Caisse primaire d'Assurance maladie (CPAM) tout comme certaines associations de patients, ne semblent pas vouloir entamer de procédures à leur encontre.
Selon l'article L. 1142-24-2 du code de la santé publique « toute personne s'estimant victime d'un déficit fonctionnel imputable au benfluorex (...) peut saisir l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) en vue d'obtenir la réparation des préjudices en résultant ». Depuis le 11 septembre 2011 et jusqu'à ce jour, 7 589 victimes présumées ont ainsi saisi l'ONIAM. Dès la mise en place du collège indépendant d'experts chargés de rendre un avis sur l'imputabilité des préjudices cardiaques, « les victimes présumées ont systématiquement mis en cause le laboratoire Servier » fait savoir Erik Rance, directeur de l'ONIAM. « Seulement 10% d'entre elles ont choisi de faire une demande d'indemnisation commune au fabricant et à un professionnel de santé. Il est donc envisageable qu'un médecin prescripteur ou un pharmacien se voit un jour réclamer une indemnisation, dans le cadre de la même procédure que le laboratoire Servier. »
Les actions en justice
« Le versement de cette indemnisation n'empêche pas la victime d'intenter une action en justice si elle le souhaite. Mais dans ce cas, le délai risque de s'avérer bien plus long » souligne Erik Rance. Or la procédure auprès de l'ONIAM se révèle bien plus longue que prévue, et bien des victimes ayant déposé un dossier auprès de l'ONIAM commencent à s'impatienter. « L'existence même du collège d'experts avait pour but de réduire les délais. Or le retard ne cesse de s'aggraver », souligne le Dr Dominique Courtois, président de l'Association d'aide aux victimes de l'isoméride et du Médiator® (AVIM).
En août 2011 déjà, l'avocat des victimes du Médiator® Jean-Michel Scharr, faisait valoir sur son site Internet que « des procédures juridictionnelles (civiles, pénales et/ou administratives) sont en cours ». Pour autant, les médecins ne sont pas souvent accusés par leurs patients. Mais, précise Dominique Courtois : « le laboratoire Servier, lui, met systématiquement les professionnels de santé en cause ». Un point que les laboratoires Servier réfutent totalement, comme ils nous l'ont fait savoir.
Le 11 décembre 2012, Jacques Servier était mis en examen pour « homicides et blessures involontaires » dans le cadre de l'enquête conduite par le Pôle Santé publique du Tribunal de grande instance de Paris. C'est donc une évolution du cours de l'enquête, puisque le fondateur du laboratoire était déjà mis en examen pour « tromperie et escroquerie » dans un autre volet de cette dernière.
L'Assurance-maladie se concentre sur le fabricant
La prescription hors-AMM du Médiator® et de ses génériques a eu pour conséquence, des dépenses importantes supportées par l'Assurance-maladie. Pourtant, « la Caisse nationale d'Assurance-maladie (CNAM) n'a jamais eu l'intention de se retourner contre les médecins pour exiger une indemnisation pour avoir prescrit ce médicament », précise la CNAM à l'agence de presse Destination Santé. « Néanmoins, les soins pris en charge à cette période n'ont pas à être financés par la collectivité. De ce fait, une plainte globale a été déposée contre le laboratoire Servier pour escroquerie et tromperie aggravée ». Lequel en toute logique, aura beau jeu de faire valoir que s'il a bien fabriqué la molécule mise en cause, ce sont bien les médecins qui l'ont prescrite, à bon ou mauvais escient...
La Rédaction
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