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Fonction publique les travailleurs en situation de handicap progresse de + 0.22 % : un bilan en hausse oui mais !

Présentation du bilan 2018 et perspectives de l'emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique 48e56Avec 5.61 % de taux d’emploi en 2018 en moyenne contre 5.39 % en 2017 certains vous dirons que le résultat peut être jugée comme satisfaisant. Reste que la fonction publique censé être un exemple pour le secteur n’atteint toujours pas le taux de 6 %. Telle est le constat dressé dans le nouveau rapport annuel 2018, par la nouvelle présidente Françoise DESCAMPS-CROSNIER du FIPHFP, en présence de ces vice-présidents et de son Directeur directeur du Fonds pour l’insertion professionnelle Marc DESJARDINS, qui a affirmé avoir été « rassurés sur la possibilité de conserver l’essentiel de nos missions ». Un bilan qui reste néanmoins porteur de contradiction et de nombreuse interrogation.

Un taux d’emploi en progression…oui mais !

Représentant au total 250 760 agents en situation de handicap. Une progression qui certes se poursuit pour la quatrième année consécutive mais ne représentant à peine 10 069 que l'an passé.aux profits des trois collectivités Cartographie de l'emploi dans la fonction publique par région 4af4cterritoriale, hospitalière et d’État. C’est le message présenté par la nouvelle présidente du Comité national, Françoise DESCAMPS-CROSNIER, et des vice-présidents, Christophe ROTH et Jacques ZEITOUN et du Directeur Général Marc DESJARDINS.

Si dans l ensemble la mission pourrait semblait avoir réussie ces objectifs la disparité entre les trois fonctions publiques reste importante à l’origine de certaines interrogations. Le meilleurs élèves restant sans nul doute la collectivité territoriale 6,76 % (106 102) dans la fonction publique territoriale contre 5,67 % (53 327) dans la fonction publique hospitalière et la fonction publique d'État qui atteint péniblement 4,65 %. (91 331). A noter que l’emploi direct correspondant à 6,42 %, 5,40 % et 4.47 % pour chacun d’entre elles. Un classement qui au niveau régional progresse également puisque trois régions de plus que 2017 11 atteignent ou dépassent le taux imposé par la loi. Parmi les trois première Haut-de-France, Occitanie, et la Bretagne. Certains employeurs sortent du lot, à l'image du groupement hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (6,12 %) et de la ville de Suresnes (8 %).

L’État qui ne cesse donc d’être les mauvais élèves comme le ministère de l’Éducation nationale ou le principe d’une école inclusive ne fait pas encore partie de sa conception lorsqu’il s’agit de son personnel avec 3,62%, pire les services du Premier ministre bat tous les records avec 3,38%. Marc DESJARDINS, directeur du FIPHFP, se veut tout de même ambitieux : « 6 %, c'est un plancher, l'objectif c'est d'aller plus loin ». A noter 83 % des BOE ont plus de 40 ans. Parmi eux, plus d’un tiers sont âgés de 56 ans et plus.

« Après une année 2018 marquée par une intense période de concertation, le FIPHFP a aujourd'hui le sentiment d'avoir été entendu et compris par les pouvoirs publics sur la pertinence et la spécificité de sa mission aux côtés des employeurs publics, mais surtout sur la nécessité de pérenniser son action. Le Fonds entre aujourd'hui dans un cycle nouveau » a tenu a précisé Françoise DESCAMPS-CROSNIER, lors de la présentation des résultats.

Formation, numérique et apprentissage…

Le FIPHFP qui annonce dans son bilan annonce avoir doublé en un an le montant de ses financements pour l'accessibilité numérique (1,17 M€) dans le cadre notamment à l'aménagement des postes de travail adaptés au handicap. Essentiel « et notamment celles qui ont une déficience visuelle », comme le souligne Marc DESJARDINS. Le rapport qui précise que 4,6 % d’apprentis en situation de handicap ont été recensés en 2018 dans la fonction publique. Un tiers d’entre eux sont recrutés à l’issue de leur contrat d’apprentissage au poste occupé et « 60 % trouvent un emploi dans les deux ans », toujours selon le rapport. Investissement qui sur la formation et l’apprentissage a représenté en 2018 près de 6,67 M€ et représente le premier poste de dépense de l’organisme.

Graphisme sur le montant des contributions en recette et contribution en dépense a5c76Un partenariat avec Sciences Po Paris…

A l’instar du milieu professionnel, le monde de l’enseignement est confronté à un afflux croissant d’apprenants en situation de handicap dits “invisibles”. Certains de ces handicaps (autisme, troubles Dys, troubles psychiques) nécessitent une prise en charge particulière. Face au manque de solutions proposées, le FIPHFP et l’Agefiph ont signé avec Sciences Po, en décembre 2017, une convention de deux ans pour mieux comprendre et assurer une meilleure prise en compte de ces handicaps.

En 2018, ce partenariat a donné lieu à la publication d’un guide d’accompagnement et de pédagogie innovante sur les handicaps cognitifs et psychiques. Ce dernier promeut les bonnes pratiques auprès de l’ensemble du monde éducatif et de la formation continue. Parallèlement, dix vidéos de sensibilisation diffusées sous la forme d’une websérie ont été réalisées. Elles mettent en scène la relation entre enseignants et étudiants porteurs de handicaps et proposent un éventail de solutions faciles à mettre en place à l’intérieur ou à l’extérieur des salles de cours.

Les motifs d’inquiétudes restent nombreux…

Une inquiétude bien réelle comme le démontre notamment la réforme de l’obligation d’emploi. Une situation auquel le FIPHFP doit aussi affronter dans le cadre de la réforme en cours de la fonction publique. Et notamment la possibilité qu’elle fasse une part belle aux contractuels. Ce qui pourrait compliquer le maintien dans l’emploi des agents tout au long de leur carrière. Une situation mise en avant dans un récent rapport de la commission des lois du Sénat qui exprimait d’autres pistes de réflexion pour l’avenir. Comme une cotisation assise sur la masse salariale pour financer le maintien dans l’emploi. La mesure pourrait faire consensus. Davantage en tout cas que la proposition de créer des bonus malus pour les employeurs.

Même si la présidente Françoise DESCAMPS-CROSNIER c’est dit rassurer sur « la pérennité de l’avenir du FIPHFP ». Le buget 2019 risque d’être toujours plus contraint. En effet si l'évolution positive de l’emploi souligne l'efficacité de l'action du FIPHFP, elle place néanmoins l’organisme un contexte budgétaire toujours plus contraint. Ainsi en 2018 le montant des contributions des employeurs publics passant de 121 M€ en 2017 a 113 M€ en 2018. Alors que les dépenses d’interventions auront elle représenté 125 M€ des « contributions inférieures aux dépenses d’intervention pour la 6e année consécutive ». Obligeant une nouvelle fois l’organisme à prendre des financements sur fond de réserve dont le crédit s’élèverait à 70 M€ en 2019.

Stéphane LAGOUTIÉRE  

Sources :  FIPHFP 2019

Catégorie : FIPHFP & FONCTION PUBLIQUE
Publication : 21/06/2019

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